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 Pursuit of Happiness + Milo & Ike

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MessageSujet: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Mer 25 Sep - 0:46

Pursuit of happiness.


People told me slow my roll I'm screaming out fuck that. Imma do just what I want lookin ahead no turnin back, if I fall if I die know I lived it to the fullest, if I fall if I die know I lived it missing bullets.
Ike avait cette sensation qu'il aurait dû reculer. Qu'il aurait dû ne jamais revenir en Angleterre. Sa patrie d'origine, mais loin d'être sa patrie de coeur. Ici, il n'avait vécu que la peur. Cette peur trop prenante d'un être battu jusqu'au sang. Un sang qui s'était déjà bien trop répandu et ce, avant même sa majorité. Isaac avait souffert sur ce sol et il avait l'impression que son retour lui ramenait une certaine douleur. Invisible au premier abord mais qui créait en lui un fossé de terreur et de suspicion. Il n'aimait pas se sentir piégé et pourtant, Isaac l'était ici, aujourd'hui. Il avait perdu son indépendance le jour où il avait quitté son New York adoré. Le jour où tout son monde s'était écroulé et qu'il n'avait rien fait pour sauver les quelques pièces maîtresses du puzzle. Au fond de lui, Keynes avait toujours su qu'Eoghan les trahirait. Il avait eu tellement foi en lui qu'il s'était mis en tête qu'il se faisait simplement des illusions. Mais, la vérité était là, sous ses yeux et la souffrance qui en était ressorti était bien trop palpable. Ike l'avait en lui, au quotidien, depuis le jour où il avait vu Milo s'écrouler par amour pour celui qui constituait le seul ami qu'Isaac avait probablement jamais eu. Et aujourd'hui, que faire pour faire face à tout cela? Sourire? Pleurer? Ecrire, probablement. C'était ce qu'il avait toujours fait; C'était sa seule voie d'expression, la seule où il ne se sentait pas ridicule. Juste lui même. Et au fond, son carnet avait toujours été là lorsqu'il en avait eu besoin, aussi idiot cela pouvait il paraître pour le reste de l'humanité. Rien ne tournait rond chez Ike depuis qu'il avait croisé un Eoghan en pleine résurrection. Pour la simple et bonne raison que son instinct protecteur reprenait le dessus, toujours. Il pensait à Milo. Tout ce qu'il faisait, c'était penser à elle. A sa réaction lorsque le Callaigh viendrait frapper à sa porte. Il en crevait, intérieurement. Sans comprendre pourquoi sa réaction était si excessive. Mais Eoghan les avait trompés, tous, et aucun d'eux n'était resté le même depuis cette trahison, cette fameuse trahison. Et Ike avait du mal à imaginer comment la femme qu'il avait sauvé de la débandade pourrait bien prendre la nouvelle. Il avait peur pour elle. Mal pour elle. Comme toujours. Comme la fois où il l'avait soigné. En silence. Et l'avait regardé dormir après cela. Dessinant ses traits et écrivant sur elle. Milo avait été la pureté pendant si longtemps qu'Ike avait bien peu qu'Eoghan lui ait retiré tout cela. Sa source d'inspiration. Une muse.

D'un pas alourdi, il ferma la banque. Dix neuf heures. Rue déserte. Isaac détacha le noeud de sa cravate d'un geste précis, son regard transperçant concentré sur la lune qui commençait à grimper dans le ciel. Il aimait cela, le crépuscule. La pénombre. C'était son élément. Il finit par se concentrer sur son objectif. Milo. Avoir de ses nouvelles. La sauver. Encore. A l'infini. Lorsqu'enfin, Isaac arriva à destination, ses pensées étaient bien en place, la peur ayant tout de même creusé une petite place au creux de son estomac. Il frappa. Lentement. Avec douceur. Comme toujours. Il ne fit même pas semblant de se recoiffer ou de remettre en place ses vêtements, il restait immobile, mystérieux. Avec juste un léger sourire au coin des lèvres. Rien de plus. Ike finit par entendre des pas derrière la porte et enfin, le loquet bougea. Au terme de cette infime seconde, il put finalement apercevoir le doux visage de O'Malley.

"Je suis désolé de passer à l'improviste mais... Je voulais savoir comment t'allais. J'ai besoin de savoir."

Voix calme. Posé. Et silence. Caractéristique du comportement d'Ike. Il ne demanda pas à entrer, il restait immobile sur le palier, son regard assombri par la faible lueur du jour ancré dans celui bleuté de sa compatriote. Il n'avait plus rien à ajouter. Juste espérer.


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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Mer 25 Sep - 19:17



on the window, faces staring right past me, they’re on a date feeling happy
Les ombres couraient sur les murs sombres de l'appartement, chassées par ces quelques lumières qu'elle allumait ici au gré de ses envies. Vulgaires félins tournant en rond, insatiable, ayant soif d'une distraction quelconque, de réponses, de vie. De lui, surtout. Encore. S'abandonner, juste un peu. Se retrouver. Mieux encore. Pire encore. Elle entendait encore résonner dans son esprit ses quelques mots, elle pouvait encore sentir ses doigts agiles et fins se glisser dans ses cheveux épais. Les ombres couraient sur les murs, mais elle n'en avait que faire. Celles du passé l'occupaient bien davantage.
Ainsi vêtue d'une chemise de nuit de soie glissant sur sa peau de velours, quelques bruits de vêtements froissés se retrouvant et s'échouant à chaque nouveau pas. Elle ne faisait que cela. Tourner en rond, marcher, reculer. Se remettre en chemin. Au rythme de la musique qu'elle avait allumée, ultime relique du peu de raison qui lui demeurait. Un rythme, oui. Métronome dictant ses gestes et son avancement. Parfois se retrouvait-elle à danser, pour s'échapper ne serait-ce qu'un peu. Quelques rires cristallins s'échappant d'entre ses lèvres, bien vite rattrapés par d'autres plus anciens encore. Ceux qui lui avaient été offerts. Ceux qu'il avait oubliés. Déchirants aux lumières tamisées ils la ramenaient. À cette odeur de renfermée, cette promiscuité qu'elle désirait, qu'elle aimait, qu'elle avait possédée, qui lui avaient échappée. Comme tout le reste, filet d'eau lui glissant entre les doigts irrémédiablement. Seule demeurait la moiteur des nuits blanches murmurées au clair de lune. Quelques perles salées se glissant sur les corps emmêlés, irradiés. Quelques sensations effacées, oubliées. Pourtant déjà muées. Sous le vent frais d'aujourd'hui elle laissait place aux frissons, bouleversants et intimes.
Lasse Emily acheva sa réflexion assise en tailleur sur le canapé blanc, le regard perdu dans le vide. Celui qui l'habitait, là, ici, jusque tout contre son cœur, juste au centre de son corps. De ce qu'il lui restait. Quelques causes à effets. L'effet papillon. Comme ceux de nuits, attirés par la lumière irrémédiablement. L'effet papillon. Un rien qui devenait tout. Un sourire précurseur du crépuscule. Le soleil qui derrière les bâtiments s'écroulait, éternel dessein qu'était sa chute. Perpétuelle. Tracée du contour de quelques doigts hésitants et brûlés. Hurlante à la nuit. Hurlante à la peur. 
Une faible lumière encore alors, s'infiltrait dans l'appartement avec les fenêtres. Infime. Quelques rayons emplis d'espoirs, blancs gelés qui parcouraient la peau d'O'Malley d'une avarice sans limite. Elle n'en fit rien pourtant. Elle n'en avait que faire. Plongée dans ses pensées. Etudiant minutieusement celles qu'aurait pu avoir Eoghan. Tentant de les comprendre, de le comprendre, inlassablement tandis que son visage sans cesse lui revenait à l'esprit tel une réminiscence doucereuse-amère. Encore la moiteur. Puis soudainement la peur. Zola se mit à trembloter alors, ébranlée soudainement par ses souvenirs les plus anciens qu'elle avait de ce qu'ils avaient été. Un bourreau. Un sauveur. Tantôt l'un tantôt l'autre. Tantôt l'amour tantôt une amitié fusionnelle et lancinante. Tantôt fantôme tantôt en vie. Parfois Eoghan, plus souvent Ike. Ce n'était plus le regard de son amour, vide et vitreux qui lui revenait de ce chaos là. C'était le désespoir et la douleur dans celui de son ami. Ces quelques mots qu'elle entendait encore résonner dans son esprit. Il n'avait jamais perdu son sang-froid. Pas un seul instant, si ce n'était à celui-là. Tout est fini, avait-il dit alors que rien ne l'était. Rien ne se terminerait jamais entre eux trois, puisque toujours les uns et les autres se retrouvaient. Une collision supplémentaire. Une blessure qui s'ajoutait au tableau déjà interminable des cicatrices. Au nom de la mort. Surtout à celui de la vie.
Quelques bruits étouffés. Milo sortit de sa torpeur au goût nostalgique. Elle n'avait pas envie de voir qui que ce soit. Emmurée dans une solitude qui lui seyait si bien jusqu'ici. La peau argentée, papier glacé, brillante sous les rayons lunaires. La peau enveloppée. Le cœur, aussi.
Ainsi elle se redressa tout de même, enfilant un gilet de laine et attachant ses cheveux négligemment. Pour une raison qui lui échappait. Comme tout le reste. Quelques pieds nus qui foulèrent le parquet sans un bruit, quelques pas de velours inaudibles et elle parvenait à l'entrée, entrouvrant la porte en premier lieu. Un cœur qui s'emballait, un peu, infime secousse dont elle fut la victime. Un sourire se dessina pourtant sur son visage poupin tandis qu'ouvrant la porte entièrement elle faisait face à Isaac, croisant ses bras sur sa poitrine. Il possédait toujours cette expression, éternelle impartialité. Éternelle bienveillance.
Elle s'apprêtait à entrouvrir les lèvres quand lui pourtant ne l'attendit pas. Quelques mots qui la firent sourire tant pas leur simplicité que par leur signification. Il s'inquiétait pour elle. Il était bien le seul. Cependant comme intriguée elle fronça quelque peu les sourcils. Il n'avait aucune raison de s'inquiéter. O'Malley était une grande fille, maintenant. Presque. Oui ça va Ike. Enfin... Elle marqua une pause, s'interrogeant sur sa venue. Il n'était pas loup blanc. Pas maintenant. Pourtant, hésitante quelques secondes elle rétablit son sourire initial, quelque peu plus froid cette fois cependant. Entre. Elle s'écarta alors, attendit qu'il soit passé et ferma la porte derrière elle, toujours curieuse. Une infime seconde. Un instant, rien d'autre. Une étincelle. Et une idée naquit dans son esprit. Il savait. Bien sûr qu'il le savait, Keynes savait toujours tout. Il ne lui avait rien dit. S'adossant contre la porte, Milo détourna le regard et le laissa se figer sur le mur du couloir. Quelques douleurs lancinantes et brûlantes. Un feu ardent qu'elle attisait chaque jour un peu plus et sur lequel Isaac venait de souffler innocemment. Un brasier haineux et désireux de vengeance. Elle ne réfléchit pas plus. Elle n'en avait pas le temps, déjà les mots s'échappaient d'entre ses lèvres irrémédiablement, retentissant entre les deux murs étroits de l'entrée. Tu savais, pas vrai ? Tu savais qu'il était là ? Qu'il était revenu d'entre les morts ? Quelques tremblements encore. Elle ne tenait que difficilement sur ses jambes. Elle s'écroulerait bientôt. La trahison, toujours la trahison. Et ces larmes qu'elle laissait couler. Une unique perla au coin de son œil. La trahison. Elle ne la quittait jamais. Jamais jusque dans ses sentiments les plus sains. Jamais jusque dans ses relations les plus bienveillantes. Pourquoi t'as rien dit Ike ? Blessée, le ton empli de reproches. Elle ne laisserait pas passer ça. Pas cela en plus.
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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Mar 1 Oct - 1:52

Pursuit of happiness.


People told me slow my roll I'm screaming out fuck that. Imma do just what I want lookin ahead no turnin back, if I fall if I die know I lived it to the fullest, if I fall if I die know I lived it missing bullets.
Attendre. Toujours attendre. La joie d'un moment. Le début d'une vie. La fin d'une autre. La patience était une qualité exemplaire et attendre le bon moment était devenu une vertu. Mais pourquoi attendre, toujours attendre? Quel gain pouvait-on retirer dans cette crise perpétuelle de tout remettre au lendemain, même la vie? Même le pardon? Ne disait-on pas que la vie se vivait au jour le jour, à cent à l'heure, sans limite? C'était bien les bribes de conversations qu'Ike avait l'habitude d'entendre depuis son plus jeune âge. Pas tellement à l'orphelinat, il fallait l'avouer, mais ce lieu était hors du temps et de l'espace et la vie s'y déroulait avec une vitesse bien plus lente que la normale. Isaac en avait infiniment souffert de cet espace temps trop acharné, trop ancré dans un passé fulgurant et figuré. La vie se vivait au quotidien, dans ses peines, ses joies, ses peurs surtout. Il l'avait appris dès qu'il avait voyagé à l'autre bout du monde, vivant dans la rue, créant de nouveaux moments dans un environnement chaotique. Il avait aimé cela, il n'attendait rien là bas. Surtout pas le lendemain et c'était le plus beau cadeau que la vie lui avait faite. Oui, mais voilà, le temps changeait, le monde aussi, les gens surtout. Rien ne restait figé, que ce soit le temps ou les âmes. Les épreuves forgeaient les plus aguerris à vivre sous de nouvelles lueurs, de nouvelles bannières et les relations se transformaient au milieu de ce fatras d'émotions non calculées. Ike l'avait appris lorsqu'Eoghan avait laissé derrière lui des âmes déchirées, des esprits blessés et des coeurs en miettes. Milo avait dû souffrir à en crever de l'absence de l'irlandais, Isaac ne pouvait simplement que l'imaginer. Parce qu'il ne connaissait rien à l'amour, rien à la peur, rien à la vie. Juste ce qu'il voyait de ses propres yeux, à travers son regard vert d'eau et son crayon glissant sur une page vierge. Le reste ne lui était pas familier. Ni la haine, ni la culpabilité. Encore moins le regret. Ike avait toujours choisi son destin, il avait toujours décidé de son propre chemin et c'était bien la première fois qu'il tentait de suivre les états d'âme d'une autre personne. Une qui comptait vraiment pour lui. Milo, la belle. Milo, la muse. Milo, la colère et le chagrin. Ike savait déjà qu'il allait souffrir en osant frapper à cette porte. Il savait. Il la connaissait suffisamment pour imaginer sa réaction lorsqu'il prononcerait le célèbre "J'ai besoin de savoir." Et il ne s'était pas tellement trompé. La jeune danseuse l'avait toutefois laisser entrer dans l'appartement pour cracher un peu de venin dès que la porte se fut fermée derrière lui. Ike ne réagit pas, il était dos au mur aussi bien au sens littéral que figuré. Il laissa la jeune femme poser toutes ses questions à la suite, certaines rhétoriques, d'autres demandant de véritables explications lourdes de sens. Il aperçut la larme au coin de l'oeil bleuté de son amie. Il aurait voulu la protéger, la prendre dans ses bras comme après le braquage. Mais il ne bougea pas. Ses yeux verts brillants d'une tristesse insoupçonnée par son propre inconscient. Il pouvait tout supporter, tout sauf le chagrin de O'Malley. Il l'avait appris au cours de ces derniers mois, de cette traversée de désert lorsqu'ils avaient tous deux perdu une raison de vivre, un objectif majeur. Eoghan. Il les liait pas delà la mort, par delà leur propre vie mais il était également le sujet de discorde le plus important pour eux. Et ce silence. Ce maudit silence alors qu'Ike voyait bien que le mal était fait, que les tremblements de Milo perdureraient malgré son mutisme. Rien ne lui faisait plus mal. Plus rien ne lui ferait mal après cela.

"Il est venu, alors. Il t'a trouvé. Non, je ne savais pas. Je m'en doutais seulement. Je l'ai vu dans ses yeux. La couleur de la trahison, je l'ai senti. Et je l'ai laissé agir. Parce que tu aurais sombré sinon. Il était question uniquement de toi, de te protéger. Juste ça."

Et Ike était sincère bien entendu. Le mensonge, il ne connaissait pas. Il ne vivait que pour les autres. Que pour la protéger. Envers et contre tout. Sans se l'expliquer. Et il la perdait elle aussi. Comme il avait laissé Eoghan s'échapper ce jour là. Il allait se retrouver seul, sans âme, meurtri. Ne pouvant plus fuir les dures lois de la vie sur cette Terre. Isaac, prince de la pénombre, en proie à la peur la plus atroce. Celle du rejet, de l'abandon. Et il ne pouvait supporter la colère sourde de Milo, celle qu'il lisait dans son joli regard. Parce qu'elle pensait qu'il était un traître lui aussi. Parce qu'elle pensait qu'il était pire que Callaigh. Le pire de tous.


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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Lun 7 Oct - 18:52



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Quelques poignées de sel s'étalant sur ces plaies millénaires et éternelles. Ainsi elles gisaient répandant feu et sang, perpétuellement. Glissant le long de son épiderme de nacre, quelques goûtes ferreuses s'évanouissant à même le sol pour que jamais plus on ne les voit. Pour que jamais plus on n'en prenne soin. Ils n'en avaient jamais eu que faire de ce sang qui n'avait de cesse de couler, vulgaires larmes salées figurant pourtant bien plus. Quelques blessures inavouées et cachées au nom de la fierté et du présent. Ils ne possédaient que cela. Qu'une hémorragie éternelle de présent qui coulait le long de lors dos et les noyait dans leurs peurs passées. Des fantômes qui erraient en ces lieux, âmes blessées et en peine qui jamais ne retrouvaient la paix. Ils ne l'avaient jamais fait, ne s'étaient jamais pardonné. Absolution fictive figée sur des sourires fendants leurs visages brisés, reflets d'émotions qu'ils taisaient en levant les yeux au ciel, priant au pardon de leurs pêchés les plus inavouables. Tant qu'ils étaient ensemble tout irait bien. Tant qu'ils s'appartenaient ils survivraient. Isaac et Milo possédaient cette relation particulière et étrange, que peu de personne pouvaient comprendre. Il était la nuit et le silence. La patience et l'amour. Elle n'était que jour, éternelle lumière tamisée aujourd'hui. L'impatience et la haine, aussi. Ce désir de toujours tout posséder maintenant. Mais si elle l'avait lui elle l'avait tout. Tout ce qui lui manquait. Comme deux ombres se complétant parfaitement. Ils l'avait toujours su, silencieusement, muant leur complicité en quelques regards dénués d'une quelconque haine. Keynes était celui qui l'avait aidée. Il resterait celui qui l'avait sauvée. Comme une lumière brillante et aveuglante qu'il diffusait sans même l'imaginer, sans même le vouloir. Un soleil dans la nuit. Un amour dans la peine. Demeurant le seul, pourtant, à la lui ramener cette même peine jusqu'ici. Celle de quelques corps s'abandonnant au sol. Celles de d'autres s'entremêlant dans l'humidité de la nuit. Elle pouvait lire en lui tout ce qu'elle avait perdu tant ils s'étaient aimés avec Eoghan. Qu'une fraternité qu'elle n'avait jamais réellement comprise en s'en délectant tout de même. Elle le retrouvait en lui. S'imaginant son visage en le taisant. Encore d'autres secrets inavoués. Zola en possédait toujours puisqu'elle n'était que façade et artifice. Même avec Isaac parfois. Souvent. Jamais elle ne s'était allée par la suite au désir irrépressible de l'abandon de soi. Jamais elle ne s'était abandonnée à la peine ici. Puisqu'elle était des forts, de ceux qui combattaient jusque dans la haine, jusque dans la mort. Le sourire aux lèvres et les genoux tremblants, menaçant de lâcher chaque instant un peu plus. O'Malley n'en avait jamais rien fait. La tête haute et le regard lointain, sur cet horizon qui n'avait de cesse de lui filer entre les doigts, de s'échapper à chaque approche. Comme un destin qui ne voulait pas lui appartenir, comme un futur qui toujours un peu plus s'échappait. Quelques rêves qui incessamment s'échappaient de son emprise. Irrémédiablement. Corbeau de ses ailes déployées s'envolait aux mille couleurs argentés. Corbeau noyé dans le plomb au loin s'échouait sous le poids du monde.
Ainsi elle le regardait, suppliante suppliée d'un regard qui lui hurlait de se tromper, d'être innocent. Encore une fois, par pitié lui criait-elle à la figure muette muée en quelques traits tiraillés et nerveux. Marqués aux couteaux bruts et non aiguisés. De larges plaies, oui, témoignages d'une incompréhension certaine pour laquelle elle n'était qu'une vulgaire proie. Vulnérable et tremblotante au rythme du vent, au rythme du temps qui filait au loin, train ébranlant tout sur son passage. Train qu'elle avait raté. Elle appartenait au passé. Elle l'avait toujours fait. Qu'une ombre de ces souvenirs dont elle se délectait parfois, qui la brisaient souvent. Qu'un fantôme errant dans un corps trop grand pour elle tant elle s'était affaiblie. Qu'une petitesse. Qu'une vulgaire chose infime et invisible. Les seuls instants durant lesquels parfois elle avait pu se retrouver étaient ceux qu'elle avait partagés avec Isaac. À travers son regard. Ces même yeux qui s'échouaient souvent sur son visage, le parcourant sans que jamais elle n'eut compris pourquoi. Ils n'avaient pas grand chose à comprendre jusqu'ici. Ils n'avaient rien à comprendre. Qu'un lien étrange duquel ils n'étaient que deux vulgaires marionnettes. Toujours des marionnettes. Toujours des pantins pour le monde.
Comme ce même monde entier qui un instant avait cessé de tourner, comme les horloges silencieuses, les lumières éteintes et le bourdonnement incessant de la ville muet. Comme le soleil s'évanouissant, comme la lune cachée derrière les nuages, comme les sourires au goût salé, comme la folie et la fin. Elle le regardait la vue brouillée tandis qu'en son for intérieur une bien triste entreprise se mettait en place, rouages soudainement rouillés qui ne tournaient plus rond, plus rond, plus du tout. Plus rien n'allait. Plus rien chez elle. Il y avait ce coeur qui n'injectait plus rien, ne recevait plus rien non plus, ces yeux aveuglés et ces mains en proie à quelques tremblements tels de vulgaires vibrations machinales, machinales. Que quelques relations de cause à effet. La trahison menait à la peine alors, pas vrai ? La trahison venait à la haine. Elle le regardait à travers son voile de tulle salé, la vue embuée d'une rage qu'elle n'avait jamais nourrie jusqu'ici. Elle pouvait sentir encore quelques caresses se glisser dans son cou de cygne, sur sa peau moite, sur ses joues rougies. Elle pouvait entendre encore. Tout est fini.
Milo ne réfléchit pas. Elle ne le pouvait. De ce sol qui tanguait sous ses pieds, de ses larmes qui s'échouaient à ce même endroit. Elle n'attendit pas plus, fondit sur Isaac munie d'une haine non-dissimulée. Elle le poussa de ses maigres forces, enfonça ses poings fébriles dans son abdomen, laissa sa main droite claquer contre sa joue, le poussa encore avant de le frapper de nouveau, toujours faiblement, toujours colérique. Petite poupée brisée. Petite poupée fêlée. Elle frappait contre ce monde, elle frappait contre son monde, le leur. Celui après lequel ils avaient tous deux courus en vain. Elle n'imaginait pas encore ce que cela impliquerait, peut-être ne désirait elle pas le savoir. Elle se contenter de haïr sans relâche en hurlant quelques sanglots étouffés, quelques souffles saccadés. Me protéger ?! Me protéger ? Protéger de quoi Ike ?! De la mort ? DE QUELLE MORT ? De la mienne, c'est ça ?! De celle que t'as fait que retarder, celle que t'as fait attendre ! La voilà la mort, elle s'appelle Eoghan cette putain de mort et tu le savais ! Tu le savais, tu savais tout, tu sais toujours tout !
Il n'y avait que cela. Qu'une rancœur lancinante. Épuisante. Épuisée. Emily se laissa tomber telle cette vulgaire poupée qu'elle était, usée et souillée, se recroquevillant sur elle-même comme une enfant l'aurait fait. Elle n'avait plus pleuré depuis. Elle ne pleurait pas, jamais. Jusqu'à maintenant. Jusqu'à ce que ce monde soudainement vacillant ne s'écroule.
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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Mar 15 Oct - 17:29

Pursuit of happiness.


People told me slow my roll I'm screaming out fuck that. Imma do just what I want lookin ahead no turnin back, if I fall if I die know I lived it to the fullest, if I fall if I die know I lived it missing bullets.
Ike n'avait jamais su agir comme le reste de l'humanité. Il n'avait jamais pu trahir et on ne pouvait pas dire qu'il était un excellent menteur non plus. Il subissait ce que les autres voulaient de lui, plus ou moins. Si Eoghan voulait qu'il garde le secret sur sa vie, il le faisait sans piper mot. Il était ainsi, Isaac même si peu de monde n'arrivait à le comprendre. Il ne cherchait d'ailleurs pas à se faire comprendre, il restait lui même. Peu importe les circonstances. Peu importe les conséquences de ces actions. Et il s'était attendu, plus ou moins, à une réaction d'une telle virulence de la part de Milo. Elle était dans la retenue depuis si longtemps qu'il avait fallu qu'elle relâche un peu de lest maintenant que le mensonge était exposé au grand jour. Elle souffrait, Ike arrivait à le lire dans ses yeux. Ceux ci laissaient transparaître de la haine, de la colère, des émotions extrêmement négatives à l'égard de Keynes mais il ne cilla pas pour autant. Ike ne connaissait pas la colère, il ne vivait pas dans la haine. Il était toujours patient et généreux, parce qu'il savait pertinemment que ce n'était pas en faisant sortir sa lâcheté à la face du monde qu'on obtenait de l'amour ou du pardon. Il ne cherchait pas forcément à obtenir l'appui d'autrui, il se savait seul dans son monde de rêve et cela ne changerait probablement jamais d'ailleurs. Mais tant pis. Il connaissait la souffrance, il l'avait expérimenté alors qu'il marchait à peine. Les coups ne lui faisaient pas peur, il avait encore les cicatrices pour lui prouver qu'il pouvait survivre à n'importe quelle peine, n'importe quelle douleur. Milo pouvait le frapper, il ne l'en empêcherait pas. Il laissait ses bras ballants parler pour lui, ses yeux étaient les seuls qui communiquaient la peine au fond de son âme. Le vert d'eau, le bleu azur lançait un appel au secours alors que Milo déversait sa colère sur lui. Ike ne ressentait rien. Pas la douleur de ses petits poings sur son torse ou la force de sa haine à son encontre. Il sentait simplement la douleur de la jeune femme et voulait juste la faire disparaître comme toujours, comme à chaque fois. Comme le jour où Eoghan les avait laissés derrière lui, dans cette fichue banque et qu'Isaac avait fait demi tour pour aider la danseuse à se relever. Il voulait simplement rester son appui, lui offrir tout l'amour qu'il pouvait pour qu'elle continue de vivre, pour que son sourire illumine l'ensemble de l'humanité. Isaac ne demandait pas grand chose au fond, il demandait simplement le bonheur de Milo. Et rien d'autre. La haine, il pouvait la supporter, elle avait d'ailleurs le droit de s'énerver contre lui en vue de tout ce qu'il avait su sur l'affaire de ma banque sans lui dire. Elle avait le droit de le frapper sans qu'il ne réagisse. Elle avait le droit de lui dire que sa peine était sa faute. Que la mort qu'Eoghan lui avait offerte était clairement de son ressort. Le poète accepta ses mots, il les laissa entrer en lui avec une force consternante, son âme s'abreuvant de la colère inédite de son amie de longue date. Il la laissa s’effondrer au sol sans mot dire, dans le silence le plus macabre. Elle avait besoin de pleurer. Elle avait besoin de sa solitude momentanée. Et pendant deux minutes, Isaac resta tapi contre le mur à la regarder pleurer toutes les larmes de son corps alors que de sa main, il touchait les endroits où elle venait de le frapper. Il se rappelait bien trop pertinemment ceux qu'il avait reçus avant qu'il ne prenne son envol pour New York. Tout restait gravé en lui. Tous ses souvenirs. Toutes ses douleurs et il ne voulait pas les échanger. Il ne voulait pas les laisser s'échapper. Les coups de son enfance, il ne les avait pas mérités mais ceux de Milo étaient siens, il ne les rechignait pas. Isaac finit par s'agenouiller devant le corps de O'Malley d'un pas lent et discret, comme l'ensemble de sa personnalité de toute manière. Ses yeux étaient embués. Parce qu'elle avait mal. Et que tout le reste n'avait pas d'importance aux yeux d'u banquier. Juste elle. Sa souffrance.

"Je suis désolé Milo. De ne rien t'avoir dit. J'ai promis à Eoghan que je ferais en sorte que tu retrouves le goût de la vie, sans lui. C'était une promesse. Je ne pouvais pas rompre un serment d'une importance capitale. Eoghan & moi avons partagé beaucoup de peine, je lui devais bien cela. Ca n'efface rien Milo. Rien de ce que j'ai fait pour toi. J'ai toujours essayé d'être là pour toi, j'ai toujours voulu te protéger parce que je savais que tu l'aimais bien trop pour ton propre bien. Je veux que tu sois heureuse, je ferais n'importe quoi pour effacer ta souffrance, revenir en arrière et le raisonner. Mais je ne peux pas. Je peux simplement te prendre dans mes bras en espérant que tu me pardonnes un jour."

Et Ike la regarda avec ses yeux emplis de détresse. Il ne demandait que son pardon, plus que tout au monde. Puisqu'il ne pouvait pas vivre sans sa muse. Parce qu'il ne pourrait pas subsister dans cette ville sans cette femme qui connaissait l'étendue de sa bizarrerie. Isaac ne demandait rien d'autre qu'un souvenir de sa part, même s'il sentait encore la colère au fond de ses veines et surtout contre son abdomen. Pour lui, cela n'avait aucune importance. Tout ce qui comptait, c'était Milo. Son bien être. Sa joie et son sourire.

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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Mar 22 Oct - 20:58



on the window, faces staring right past me, they’re on a date feeling happy
Elle n'était pas forte. Elle ne l'avait jamais été. Qu'une plaie béante parmi d'autres à la vue de tous. Qu'une peine qu'elle n'avait de cesse d'exposer par sa méchanceté et sa mesquinerie. Elle n'était pas forte, ne souriait plus. S'était simplement abandonnée à la solution si aisée qu'on lui avait offerte, à ce confort certain auquel elle n'avait résisté. Celui du déni. Elle n'avait pas accepté, et s'imaginait que personne n'en aurait été capable en sa position. Pas de cette manière. Pas sans le voir une dernière fois. Sans observer son corps inerte. Elle n'avait eu qu'un aperçu de la mort et jamais n'avait pu s'y résoudre. Non elle n'était pas des forts. Que la fragile danseuse étoile qui tournait et tournait sur elle-même, assourdie par ce son perpétuel, cette doucereuse mélodie qu'était celle des illusions. Enfermée dans sa boîte à musique.
Quelques rêves brisés, quelques espoirs éparpillés à même le sol. Entre réalité et mensonge. Quelque part oubliée dans un écart béant qu'ils n'avaient pris la peine de mentionner. Qu'il n'avait pris la peine de mentionner. Elle pouvait sentir sous son corps fébrile le contact froid du parquet de son appartement l'envelopper. Comme si elle y appartenait. Comme s'il n'y avait que cela. Mordre la poussière pour s'en étouffer. La respirer, s'en imprégner. Savoir quel goût elle avait. Quelques particules de désertions. Quelques cendres éparpillées, qui peut-être venaient de là où l'on avait abandonnée. Au détour de quelques cris et d'un camion vide. Il n'y avait qu'eux. Il ne restait qu'eux. Dans le silence et son étreinte qui lui brisait les os, qui l'avait trop épuisée. Le plus important était d'avoir le souffle coupé. Il l'avait toujours été. Mais lorsqu'il ne revenait plus, était-ce toujours si important ? Suffisait-il de le regarder s'éloigner pour se sentir vivant ? Car il la quittait à présent. Comme tout le reste, il lui échappait, lui filait entre les doigts. En dépit de cette poitrine qui ne cessait de se s'éloigner du sol pour mieux y revenir, en dépit de cette sensation qu'elle avait de savoir l'oxygène lui rentrer dans les poumons. L'intensité y était. Et cette sensation de mort, envoûtante et séduisante aussi. Elle mourrait à petit feu, oui. Ainsi peut-être un jour ses poussières se mêleraient aux autres. Peut-être un jour serait-elle assez pour ne vivre qu'au gré des autres et de leurs envies. Qu'au gré des autres et de leurs mensonges.
Emily aurait souhaité lui faire mal comme lui le faisait. Elle n'y parviendrait pas. Ni avec ses mots ni avec ses poings. Ni avec sa détermination ni même munie de son sarcasme. Car Keynes possédait le pouvoir de la détruire sans rien dire. De la détruire sans rien faire. Qu'un pouvoir certain qu'il possédait sur elle en ces instants, longues secondes s'égrainant durant lesquelles elle pouvait entendre seul son souffle, calme et posé se glisser jusque dans ses oreilles attentives. Quelques sanglots lui brisant encore le corps et le cœur. Quelques uns s'abandonnant au silence effrayant qu'elle ne parvenait à combler. Les lèvres tremblantes. Les doigts se pliant et se dépliant à même le sol. À s'en faire blanchir les phalanges. Dans une puissance démesurée. Dans la puissance de l'amour qu'elle portait aux deux hommes qui l'avaient élevée comme détruite. Qu'une enfant parmi les loups. Elle était le lien. Le point de faiblesse. Elle le savait. Et probablement s'étaient-ils battus pour elle, tout du moins elle se plaisait à se l'imaginer quelques fractions de secondes. Se battre pour un bonheur qu'ils ne faisaient que ruiner sans même y penser. Dans un égoïsme pur et insensé. Un égoïsme qu'ils se partageaient.
Il finit par venir s'agenouiller auprès d'elle muni de cette humilité qui lui était propre. Elle n'avait cessé de pleurer, ne le pouvait réellement. Comme un mécanisme du corps humain, quelques rouages rouillés qui dans un éclair de nouveaux étaient huilés, peut-être trop. À toutes ces larmes qu'elle avait conservées. À tous ces cris qu'elle avait tus. Un pied de nez à cette retenue dont elle n'avait cessé de faire preuve en espérant qu'elle s'en sortirait ainsi. Dans le silence. Peut-être que sa peine s'évanouirait en l'ignorant. Elle n'avait fait d'elle-même qu'une vulgaire bombe à retardement. Elle implosait.
Ses mots glissèrent sur elle comme l'aurait fait de l'eau sur un miroir. Flot limpide et perpétuel laissant quelques traces sur un reflet brisé. Milo aurait tant aimé le croire. Tant voulu avoir la force de le regarder, de se relever. De se voir une ultime fois et de devenir la personne qu'elle tentait si durement d'être depuis quelques années. Insensible et forte. Quelqu'un d'autre encore. Alors elles se contentait de battre les paupières, laissant couler inlassablement d'autres larmes encore sur le sol. Son corps entier semblait trembler sous le poids de la peine. Alors elle ne bougea pas, non, sentant le regard parcourir son visage alors qu'elle ne pouvait le voir. Dans un élan de force qui lui sembla insurmontable elle glissa sa main à même le sol, tremblante et hésitante vers lui. Un seul geste. Infime. Qu'il lui prenne la main. Qu'il l'emmène comme il savait le faire. Loin de tout cela en dépit de sa haine. Ses lèvres tremblèrent un peu. Juste assez pour que dans un infime mouvement quelques mots parvinrent à s'échapper d'entre elles, étouffés bien rapidement par d'autres sanglots encore. T'avais pas le droit de me faire ça... Je t'en veux tellement...
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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Jeu 24 Oct - 23:17

Pursuit of happiness.


People told me slow my roll I'm screaming out fuck that. Imma do just what I want lookin ahead no turnin back, if I fall if I die know I lived it to the fullest, if I fall if I die know I lived it missing bullets.
Quand est-ce que son monde s'était-il décidé à s'effondrer de la sorte? Ike n'avait pas un seul souvenir de l'instant où tout ce qui le maintenait en vie ne faisait que tomber en ruines sans lui demander son avis. Le monde était noir, la pénombre était sienne, certainement depuis toujours. En tout cas, depuis aussi longtemps pour savoir que tout ce que le poète touchait se transformait en glace ou bien terminait dans la tombe. Isaac avait l'habitude de côtoyer le désespoir et le malheur, il avait épousé ce jeu du destin dès le jour où il était arrivé sur cette Terre. Peut être que ses géniteurs s'étaient doutés qu'il ne leur apporterait que le mal et que c'était la raison pour laquelle ils avaient décidé de le laisser sur le palier poussiéreux de l'orphelinat. Le monde n'était pas pour lui, il ne l'avait jamais été. Ike n'était qu'un être qui n'avait sa place nulle part. Il pensait l'avoir trouvé à New York mais au fond, ce ne fut que la terreur et le mal être qui l'accueillit. La fausse disparition d'Eoghan avait tout détruit au fond de l'âme de l'artiste. Il ne vivait plus, se contentait de survivre parce qu'on lui avait demandé. Parce que même si sa vie ne valait rien, celle de Milo valait tout l'or du monde et il ne pouvait tout bonnement pas l'abandonner. Il se doutait qu'elle ne comprendrait pas son attitude, il savait d'ores et déjà, avant de parler, qu'elle lui en voudrait, le frapperait et le haïrait jusqu'à ce que leurs deux corps ne soient plus que poussière. Et Ike ne lui en voulait pas. Il ne lui en voudrait jamais. Il ne pouvait tout simplement pas haïr cette personne qu'il chérissait plus que sa propre vie, plus que sa propre sûreté. Elle était tout. Sa muse. Celle qui l'aidait à passer les jours un à un dans la pénombre de Painswick, dans la douleur de New York, partout où le monde pouvait bien l'amener lui et son carnet. Et la voir à Terre, en proie à cette douleur implacable lui arrachait le coeur, lui arrachait tout ce qui pouvait le constituer. Ike avait conscience qu'en respectant les veux de son meilleur ami braqueur, il trahissait la vie même de sa muse mais il n'avait pas pu agir autrement. C'était une question de vie ou de mort. De survie. Et il avait toujours voulu que Milo se détache de tout cela, des braquages, du crime, de cette adrénaline inutile qui les emportait lorsqu'ils étaient dans le feu de l'action. Elle n'était pas faite pour cela, même si elle clamait le contraire, elle était la grâce, la danseuse, la belle. Celle pour qui le monde entier pouvait se battre sans honte et sans peur. Ike n'avait jamais voulu devenir un protecteur, encore moins le bouclier de O'Malley face aux terreurs qui les hantaient depuis le braquage raté mais il avait accepté ce rôle de bon coeur. Parce qu'avec elle à ses côtés, Keynes avait une raison de continuer à avancer. Il avait une raison d'écrire des poèmes, une raison de plus pour dessiner tout ce qu'il voyait. Puisqu'il ne pouvait pas faire sa vie sans l'ombre de la vie Milo dans la sienne. Cela pouvait sembler ridicule pour le reste de l'humanité mais pour Ike, c'était devenu son quotidien et il n'échangerait cette sensation pour rien au monde. Sans elle, il n'était rien. Rien que l'homme avec les yeux embués qui observait sans flancher le corps de sa muse en sanglots. Il ne bougea pas pendant un laps de temps indéterminé, peut être même dix bonnes minutes tellement le temps semblait s'être arrêté soudainement. Il avait mal. Ike avait mal pour elle. Puisqu'il ne pouvait pas se mettre à sa place, parce qu'Eoghan était en vie et que toutes ses croyances tombaient en fumée par sa faute. Il était faible, l'avait toujours été et aujourd'hui, son but n'avait plus de raison d'exister. Il finit par s'agenouiller pourtant, tentant de croiser le regard de Milo à travers son flot ininterrompu de larmes. Elle le haïssait, il le sentait et son discours n'arrangea probablement rien puisqu'il vit toujours des sanglots dans ses yeux et dans sa voix. Il n'avait jamais vécu pire moment que celui ci, il serait même prêt à retourner au cachot de l'orphelinat et recevoir des coups de ceinture pour retourner en arrière et changer la tournure des événements. Juste pour la voir sourire. Pour l'entendre rire. Pour qu'elle oublie que la vie n'était que peine et déception. Recommencer au début... Mais le seul accueil qui transparut sur son jolie visage était la froideur et Ike finit par tomber à genoux, vaincu. Il baissa le regard, respirant à grandes pompes comme si l'angoisse allait le prendre d'assaut dans la minute mais en vérité, ce fut surtout pour lutter contre ses propres larmes, contre la haine qu'il se vouait à lui même désormais. Rien ne pouvait y faire. Plus rien pour le sauver de ses démons. A travers le barrage de haine qui entravait sa vision, Ike vit la main de Milo se rapprocher de la sienne alors qu'elle lui confessait qu'elle lui en voulait. Rien de plus légitime. Et Ike ne demandait rien. Il avait pêché et c'était à lui de réparer en conséquence de cause.

"Est ce que tu pourras m'accorder ton pardon un jour? Je ne peux pas vivre dans un monde où tu n'es pas avec moi."

Ce fut tout ce qu'il put prononcer et c'était déjà trop pour Ike qui n'avait franchement pas l'habitude d'avouer ses peines aussi ouvertement. Une seule larme coula sur sa joue mais il ne releva pas son regard vers Milo pour autant. Il attrapa sa main doucement, profita de la chaleur de la main de Milo dans la sienne et lentement, il la baisa, une autre larme coulant sur la douce peau de la danseuse. Si la vie était si dure que cela, Ike ne demandait rien d'autre que cette lueur d'espoir, que ce souffle de vie que seul Milo pouvait lui apporter. Rien d'autre.

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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Dim 27 Oct - 16:51



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Fut un temps où elle ne pleurait plus. Pas une seule larme ne s'était glissée sur son visage de porcelaine depuis trois longues années. Trois années passées comme une nuit noire. Sans rêve ni cauchemar. Trois longues années passées si rapidement, trois longues années dans la chaleur de nouveaux draps, humant les parfums dans un sommeil profond et terriblement envoûtant. Les yeux clos. Enserrée dans la nuit et l'ombre, le visage posé quelques instants encore contre un oreiller. Les oreilles sourdes. Amorphe. Totalement amorphe. Le coeur en camisole et en quarantaine. Le corps couvert d'un linceul qui en ces instants semblait peu à peu s'évaporer. Elle n'avait pas pleuré durant trois ongues années, insensible, la tête haute et le regard fier. Elle s'y était forcée, s'était fait violence, puisqu'elle n'était pas des forts, pas de ceux qui acceptaient et vivaient avec leurs peines, ni de ceux qui les oubliaient. Milo n'avait fait que les repousser d'une force nourrie par la peur de les affronter. Elle n'en avait jamais été capable, aurait souhaité pourtant l'être mais n'y avait jamais réellement réfléchi. Nier c'était retarder. Et cette bombe à retardement qui durant des mois, des semaines, des jours et des nuits s'était minutieusement formée dans l'espoir de ne jamais exploser s'exposait pourtant aujourd'hui au monde comme une vérité universelle. On ne pouvait oublier la douleur. On ne pouvait l'éviter. Telle une ombre elle l'avait suivie dans chacun de ses pas, avait gagné en puissance à mesure que Milo se nimbait de lumière entre leurres et rêves qu'elle n'avait jamais eus jusque là. Entre rêves et leurres qui finalement ne lui avaient jamais réellement appartenu. Elle n'avait fait que se créer un monde nouveau et fictif qui jamais n'avait reflété ce qu'elle désirait. Elle n'en avait pas eu le choix, le savait. Mais le retour qu'elle en avait eu n'en avait été que plus douloureux. Quelques reflets éparpillés ici et là suite au tremblements qu'avait causé Eoghan dans son retour. Le feu au poudres. Un coup de poing dans ce miroir qui n'avait toujours fait que déformer ce qu'elle désirait à tel point qu'elle avait fini par y sombrer. Comme une enfant l'aurait fait. Elle n'avait jamais respecté les étapes du deuil. Jamais Zola n'avait accepté ces règles. Bloquée dans un déni éternel sur lequel jamais elle n'avait mis de mots, pourtant. Même cela aurait été admettre qu'elle avait tort. Et jamais elle n'avait souhaité le faire, de peur de se détruire.
On ne l'avait pas attendue pourtant. Le retour d'Eoghan avait ébranlé tout ce soin qu'elle avait pris pour se fabriquer son monde de papier glacé. Quelques tours ici et là dessinées au crayon de bois, taillé dans l'espoir et le mensonge. Même la mine cassée elle aurait aimé continuer de dessiner. Elle n'en avait simplement pas la force. En reposant de nouveau son regard sur le visage d'Eoghan lui lui avait ôté son crayon à papier et ses rêves, ses idées. Comme un retour trop violent sur terre. Les chevilles brisées par la chute, sans pouvoir avancer avant de finalement guérir et cicatriser. Elle n'avait plus le choix. Ne l'avait jamais réellement eu. Elle pouvait encore sentir ses mains se glisser sur sa peau nue, lui prendre cet amour qu'elle n'avait plus, lui extirper le peu qu'il lui restait. Ses mots doux qu'il lui avait murmurés, qu'elle avait retrouvé, teintés d'une amertume ô combien délicieuse pourtant. Et si elle avait cru être vivante quelques instants aujourd'hui à même le sol la jeune femme ne ressentait plus rien. Qu'un vide profond et obscur. Qu'une immensité de plaies béantes et gisantes qui pourtant ne faisaient que gorger son corps de peine. Encore un peu plus. Toujours un peu plus. Comme si tous deux ils n'avaient de cesse de la blesser d'une volonté féroce de se l'approprier. De la rendre heureuse.
Elle observait Isaac au travers de son rideau de larmes, toujours, le regard perdu sur ses traits. Elle le vit s'échouer à ses pieds, son coeur se serra de manière infime, douce, pour la première fois. Une compassion étrange qui la touchait sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Lorsque finalement il la rejoignit au sol elle l'observa sans bouger. Elle n'en avait même pas la force, se contenta d'approcher sa main de la sienne en dépit de ses mots quand bien même ils la touchèrent en son plus for intérieur. Quelques couteaux acérés qui infiltraient ses chairs encore un peu plus. Un frisson se glissa sur sa peau quand il embrassa sa main, irrépressible. Pourtant ils restèrent ainsi de longues secondes, immobiles. Une minute, peut-être même plusieurs. Et finalement, les larmes coulant toujours sur son visage de porcelaine, elle se rapprocha d'Ike, doucement, rampant presque et vint glisser son visage sur ses genoux en tenant toujours tendrement sa main dans la sienne, glissant son pouce sur sa peau nue avant d'accentuer sa pression sur cette dernière en inspirant profondément. Il était son tout. Elle n'allait pas le laisser partir. Elle ne le ferait jamais.
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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Jeu 31 Oct - 19:55

Pursuit of happiness.


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La douleur n'avait d'égale que la peur. Et dieu ce que Ike pouvait avoir peur pour Milo. Sa santé fragile. Son bonheur obstruée. Il savait qu'il n'y avait pas grand chose qu'il pouvait faire à son échelle pour la faire subsister mais Isaac souhaitait lui donner tout ce qu'il pouvait, tout ce qu'il était. Cela avait toujours été ainsi et ce, depuis leur toute première rencontre. Le jeune poète lui avait lancé un sourire enjôleur accompagné d'un salut timide et dès cet instant là, il s'était juré qu'il la protégerait contre le mal qui peuplait le monde et qui l'entourait, elle, avec plus de ferveur que le reste des gens. Ike avait failli dans sa mission, il le savait. Il avait toujours voulu être le synonyme de son sourire et non pas de ses pleurs. Aujourd'hui, il avait échoué. Milo pleurait. Il l'accompagnait en silence, sans lui montrer son propre chagrin. Il lui avait fait du mal et Ike ne pourrait probablement pas se pardonner de sitôt. Il aurait voulu être le bouclier de la danseuse, de son étoile mais il n'était que l'épée qui lui tranchait les veines au tournant de sa vie. C'était le moment le plus triste de son existence. Rien à voir avec ces moments à l'orphelinat et cette solitude trop affable. Milo valait bien plus que toute cette peine accumulée dans tous ces souvenirs. Et il avait l'impression qu'à chaque minute qui passait, elle se détachait. Son étoile partait rejoindre le reste de sa maisonnée, le laissant seul au sol, inerte et malheureux. Il aurait voulu croire que tout cela était la faute de Eoghan mais il était aussi responsable que lui de cette perte. A eux deux, ils étaient les destructeurs de la pureté de l'âme de O'Malley et rien ni personne ne pourrait réparer leurs pêchés des plus viles. Isaac respirait encore pourtant, il tremblait légèrement aussi. Mais il ne lâchait pas prise. Jamais. Il sentit la main de Milo sur la sienne et instantanément, la lumière revint lui ouvrir les yeux. Il releva son regard vitreux vers elle alors qu'elle s'avançait doucement, rampant plus qu'autre chose, pour finir sa course près de lui, sa tête sur les genoux d'Isaac. Il laissa un léger sourire sur son visage alors que de sa main libre, il s'amusa avec quelques boucles de ses cheveux, comme il avait aimé le faire lorsqu'elle était inconsciente après le braquage. Une dernière larme coula pourtant, tombant sur la douce joue de la belle et sa main vint l'effacer d'un geste lent et affectueux. Il n'avait pas le droit de ruiner sa beauté de quelque façon que ce soit. Keynes ne pouvait pas vivre sans elle, c'était un détail perturbant autant qu'incompréhensible pour lui. Il s'était toujours trouvé dans une position de force et d'indépendance de par sa condition et son indépendance et pourtant, Milo était son ancre. Celle qui lui permettait de se lever le matin au quotidien et qui lui apportait le sourire le plus franc pour lui, un homme qui avait toujours du mal avec les émotions humaines les plus basiques. Il les apprenait avec elle. Toujours avec elle. Cette femme qui se rapprochait le plus de sa meilleure amie. De son tout. Personne n'avait jamais pu comprendre le lien qui les unissait et même n'était pas certain d'en connaitre toute la mesure. Il se contentait d'avancer à ses côtés, respirer pour elle et mettre un pas devant l'autre en marchant dans ses traces. C'était devenu un besoin, une habitude et jamais Ike ne voulait abandonner ce rite. Jamais. Sa main vint se reposer dans les cheveux longs et doux de Milo alors qu'il caressa la paume de sa main de son autre main. Elle lui en voulait, oui, mais il voyait de l'espoir. Le pardon. Quelque part. Au loin. Et c'était tout ce qui comptait pour le banquier. Absolument tout.

"Je t'aime Milo. Ne m'abandonne jamais."

Et pour lui, c'était tout naturel. Ce n'était pas une déclaration d'amour. C'était une preuve qu'il avait besoin d'elle. Une preuve que sans son amie, il sombrerait dans les méandres de la médiocrité. Pour Ike, ce n'était pas un amour comme la plupart des gens pouvaient le vivre. C'était moins fort pour eux certainement de vivre un amour de ce type mais pour le poète, c'était l'apothéose et la plus belle chose qu'il ait pu vivre en ce bas monde. Et il savait qu'il pouvait rester ainsi, des heures durant, jusqu'à ce que le soleil se lève sans bouger. Juste avec elle. Sa muse.



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MessageSujet: Re: Pursuit of Happiness + Milo & Ike   Dim 17 Nov - 22:55



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C'était cet abandon qui toujours revenait comme une fatalité, éternelle dessein de ce coeur meurtri, blessé, éraflé. La perte perpétuelle, la solitude. Si depuis toujours Milo avait tenté de la supporter, comme une amie lui servant d'aide, de rempart, nourrissant cette carapace qu'elle s'était construite de haine et de peur. Toujours de peur. Celle d'être abandonnée. Laissée sur le bas-côté. Comme ses parents l'avaient fait. Comme Eoghan l'avait fait. Qu'un vulgaire chiffon qu'on traînait dans la boue et dans la terre avant de s'en débarrasser. Elle ne possédait plus que cette image d'eux. La souiller puis la jeter. Comme les poupées des fillettes, comme les voitures des garçons. Qu'un jouet qu'on détruisait.
Elle sentait les doigts d'Ike se glisser dans ses cheveux comme lui l'avait fait. Un frisson d'effroi s'empara alors d'elle, secouée violemment de quelques sanglots supplémentaires, les yeux fermement clos. Elle sentait encore sa respiration saccadée s'évanouir dans son cou, ses mains se noyer dans ses cheveux ébène, ses mots lui mordre la raison. Encore un coeur qui saignait, à vif, encore quelque chose que Keynes lui rappelait sans même en avoir conscience, sans le savoir. Sa respiration s'intensifia encore un peu, comme irrémédiablement, comme elle l'aurait fait après une course effrénée, comme elle le faisait, tentant d'échapper à ce qu'elle avait subi sans vraiment le décider. Sans jamais le décider. Puisque avec eux elle n'était que maintenant et toujours, qu'une seconde et infini, tantôt rien tantôt tout. Ce n'était ni prévisible ni réfléchi. Ce n'était que le brut. Que ce qu'ils tiraient d'elle, ce qu'ils lui extirpaient violemment tant elle les aimait. Tantôt de l'amour tantôt de la haine. Le jour et la nuit. Ce qu'elle était et ce qu'elle vivait.
Elle n'avait fait qu'aimer Isaac depuis le jour de sa naissance, sans le savoir même. Comme une personne qui manquait à sa vie, un soleil dans l'aube et au crépuscule, rouge et couché, doux et tendre. Il n'était que ce qui lui manquait. Qu'un peu de spontanéité, un peu de vrai. Comme ces pierres précieuses taillées à même le roc, dans le sol et dans le concret, dans ce qu'ils pouvaient toucher, ce qu'ils pouvaient voir l'un dans l'autre sans même réellement savoir le nommer. Ils n'en avaient jamais eu besoin. Elle n'avait fait qu'aimer Isaac, ne l'avait jamais détesté. Peut-être jusqu'à aujourd'hui. Elle souffrait à le haïr tant la tâche semblait difficile. Elle souffrait à le voir ainsi défaillir pour elle, l'ayant toujours connu droit. Que restait-il de ce qu'ils avaient été ensemble ? Qu'un simulacre de souvenirs disséminés dans les esprits et dans ces endroits qu'ils avaient visités, ces mots qu'ils s'étaient échangés. C'était l'amour de toute une vie sous sa forme la plus simple. Rien qu'un attachement sincère et terriblement dépendant.
Sa voix retentit dans la soirée. Encore un frisson la parcourut. Elle sentait la douleur et la peine, elle sentait les plaies et les ecchymoses. Elle sentait l'amour. Et peut-être était-ce ce qu'il lui manquait. Encore un peu d'amour comme lui le lui donnait, sous sa forme originelle, mordant avant de cicatriser. Ainsi elle se redressa encore un peu, glissant son visage contre son torse, l'oreille contre son coeur, pour l'écouter battre, encore et encore, pour l'écouter vivre.
Je te déteste. Je t'aime. Je t'aime. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime... 


fin.
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