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 Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ

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MessageSujet: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Mer 21 Aoû - 20:09

W/ Léon

Je tâtonnais dans mon lit. A la recherche du corps de Léon puisque nous avions dormi ensemble. Je fronçais les sourcils avant même d’ouvrir les yeux. Je remontais la couette sur mes épaules, boudeuse. Je refusais d’ouvrir les yeux. D’admettre que j’étais déjà pleinement éveillée. Et que rien de tout ce que je ferais ne changerait la situation. En fermant les yeux, j’espérais qu’il soit toujours à mes côtés. Qu’il soit juste parti aux toilettes. Et qu’il allait revenir. Soufflant un coup face à tant de stupidité de ma part, j’ouvrais les yeux. Mon réveil affichait neuf heures du matin. Ma mère était déjà partie au travail. Et son connard de père aussi, sans doute. Nous étions donc seuls à la maison et il n’était plus avec moi ? Devais-je m’inquiéter ? Sombre idiote ! Il n’est pas ton petit-ami. Et tout ce qui s’est passé hier soir n’est sans doute rien d’autre qu’une grossière erreur. Je raillais directement cette pensée. Parce que je ne voulais pas y croire. Ça faisait trop mal. Et je tenais bien trop à lui.

Je me levais sans plus attendre. Je sortais de la chambre sans mettre mon peignoir. Habituellement, je le faisais. Parce que je ne voulais pas que le futur abruti de mari de ma mère me voit en nuisette sexy. Avant, je ne voulais pas que Léon la voit non plus. Mais maintenant que c’était fait, c’était inutile de sa cacher. Anxieuse, je parcourais le couloir. Couloir entre sa chambre et la mienne qui me paraissait bien trop long. Interminable.

Jarrivais devant sa porte qu’il n’était pas fermé. Il était sur son bureau. Le nez dans ses bouquins. Je m’étais stoppée sur le seuil de la porte pour l’observer. J’hésitais à le déranger en pleine révision. Cependant, je savais que lui n’aurait pas hésité. Léon n’hésitait jamais. Il agissait. Alors, là, j’allais faire pareil… ou presque. J’avançais dans sa chambre. M’arrêtant non loin de son bureau. « Hey…tu es bien matinal… ». C’est vrai qu’il était tôt pour se plonger dans les bouquins. En réalité, ça m’arrivait aussi. Même souvent. Mais, disons qu’aujourd’hui j’aurais voulu qu’il reste avec moi. Dans mon lit. « Je pensais t’avoir à mes côtés à mon réveil… ». Mais de toute évidence non.  Et c’était sans doute mieux. Parce que nos parents allaient se marier. Je balayais cette pensée. Je les détestais à l’heure actuelle. Parce que j’avais connu Léon avant que leur romance ne commence. Et même si c’était grâce à eux que je l’avais retrouvé… c’était notre histoire. Notre histoire… Oh pitié Pomme arrête d’être stupide. Tu es la seule à vouloir une histoire d’amour avec lui. Il ne veut que ton corps. Rentre-le dans ton petit crâne. Et ça se dit étudiante en médecine ? Comment peut-on être si naïve et stupide ?.

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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Dim 25 Aoû - 16:03

Je n'ai pratiquement pas dormi de la nuit. La vérité, c'est que j'étais allongé à côté de Pomme à la regarder de longues heures, paisiblement. Je la regardais, je sentais son odeur et de temps en temps je remettais une de ses mèches de cheveux en place. Elle était détendue, elle était bien. Elle était si belle. Et moi, je me maudissais. Et moi, je détestais cette situation. Je la trouvais invivable et je ne me sentais pas à ma place. Je n'avais pas le droit d'être là, dans ce lit, dans son lit. Ça n'avait rien d'éthique. Pas que j'en ai quelque chose à faire, mais je commençais à m'attacher à cette fille, à vouloir plus qu'un coup d'un soir. Et ça, ça n'était pas permis. Ça n'est pas permis.

À six heures du matin, je n'en pouvais plus. Je n'étais même pas fatigué. Je ne pouvais juste plus rester là, à la regarder. Je pouvais presque lire un petit sourire sur son visage. Elle semblait heureuse, même dans un profond sommeil. Elle s'était endormie en me donnant la main. Je l'avais lâchée au bout de quelques heures, elle n'avait pas vraiment protesté. À six heures du matin, je suis parti, j'ai quitté sa chambre.

Je ne pouvais plus dormir, non c'était impossible. Il me fallait donc trouver une activité. Etudier ? Après tout j'avais des examens bientôt. C'était donc ce que j'avais entrepris de faire. C'était ce à quoi j'occupais mon temps jusqu'au alentour de neuf heures où quelqu'un frappe à la porte. Pomme, évidemment. Je la reconnais au son de ses pas sans même prendre le soin de me retourner j'en suis déjà sûr. « Hey…tu es bien matinal… » dit-elle doucement. Je me retourne alors et je la dévisage. « Je pensais t’avoir à mes côtés à mon réveil… » Je reste silencieux pendant un temps. Puis je réponds : « Tu crois quoi ? Tu crois que je vais rester sagement dans tes bras jusqu'à ce que l'un de nos parents nous surprennent ? Je te rappelle qu'on a chacun notre chambre et c'est pas pour rien. » dis-je froidement. Je n'ai pas à lui en vouloir. Je n'ai pas à m'en prendre à elle comme ça, mais c'est plus fort que moi. Après tout, c'est moi qui suis venu dans sa chambre la veille. C'est moi qui me suis glissé dans ses draps et c'est encore moi qui l'ai encouragée à s'endormir dans mes bras. Mais cette faiblesse que j'ai eu la veille, aujourd'hui je n'arrive plus à l'assumer.

J'utilise nos parents comme excuse alors qu'en réalité c'est loin d'être ça. Du moins, c'est loin d'être uniquement ça. Je ne peux pas avoir ne serait-ce qu'une once de sentiment pour une personne. Je ne peux pas avoir envie de me blottir dans les bras d'une fille. Je ne peux pas me permettre de sourire lorsque je croise son regard. Je ne peux pas me permettre de sentir mes pulsations accélérer lorsqu'elle me touche. Je ne peux pas me permettre de tomber amoureux, non, je ne peux pas.
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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Lun 26 Aoû - 20:00

Je me sentais mal à l’aise. Il imposait le silence. Il semblait bien loin d’être ravi de me voir. « Tu crois quoi ? Tu crois que je vais rester sagement dans tes bras jusqu'à ce que l'un de nos parents nous surprennent ? Je te rappelle qu'on a chacun notre chambre et c'est pas pour rien. ». Son ton est froid. Voire glacial. Je sentais mon cœur se serrer dans ma poitrine. Ma gorge s’était nouée. Pourquoi avait-il cet effet-là sur moi ? Je lui en voulais. Je lui en voulais tellement. De ne pas m’aimer. D’être aussi indifférent. Alors que moi, j’étais à sa merci. Alors que moi, je ne pouvais pas faire taire mon cœur face à lui. Je lui en voulais d’avoir bouleversée mon monde. Chambouler ma vie. Je lui en voulais d’avoir pris ma virginité et mon cœur. Et je m’en voulais. Parce que malgré toute cette souffrance, je ne pouvais tourner la page. Ni même regretter. Je m’en voulais parce que si c’était à refaire, je referais la même chose.

Je soufflais un coup. « Parce qu’aujourd’hui t’en as quelque chose à foutre de nos parents ? ». Mon ton était presque ironique. Presque, parce que je n’en avais pas vraiment la force. « Pourquoi tu gâches tout ? ». Je le regardais sans sourire. « C’est ce que tu m’as dit quand j’ai parlé d’eux hier soir. ». Oui, avant que son père manque de nous attraper. Avant qu’il ne me…baiser dans la douche. Avant qu’il ne passe la nuit avec moi. Pour se tirer au petit matin, à nouveau.

Je passais mes mains dans mes cheveux. Me prenant la tête. Je me sentais dépassée par tout ceci. Par la morale. Par son comportement. Par mes désirs. Je me sentais dépassée par les évènements. Et lui, ça semblait lui faire ni chaud ni froid. Lui, il semblait totalement indifférent à la situation. A ma détresse évidente. Et ça me rendait folle. « Alors, c’est que ça hein ? ». Je plongeais à nouveau mes prunelles dans les siennes. Mon regard était accusateur. Et une once de se colère s’y était glissé. « Tu vas venir me baiser une fois tous les deux ans et te barrer au petit matin ? ». Baiser. Le dire à voix haute m’écœurait. Mais, c’était bien la réalité. Il me ne me faisait pas l’amour. Il… remplissait ses besoins naturels, rien de plus. Et moi, je voulais tellement qu’il m’aime que j’étais prête à tout accepter. Je voulais tellement qu’il m’aime que s’en était malsain. J’allais finir avec le cœur en vrac. Brisé. Écrabouillé. Mâchouillé. Souillé. Détruit. Explosé. Mort… je le savais. Et pourtant je restais là. Dans cette chambre. Debout à le regarder. Au lieu de fuir. Au lieu de partir loin de lui. De laisser mon cœur respirer. Et de l’oublier.
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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Mar 27 Aoû - 10:07

Je soupire. Je ne voulais pas de cette altercation. J'espérais, naïvement, qu'on en resterait là, que ce serait suffisant pour elle comme pour moi. J'espérais qu'on reprendrait nos vies, chacun de notre côté et qu'on aurait pas à parler, qu'on aurait pas à revenir sur les évènements de la veille. Je referme mon bouquin. Je sens que ça va durer longtemps. Bien trop longtemps. « Parce qu’aujourd’hui t’en as quelque chose à foutre de nos parents ? » dit-elle avec colère. Elle me regarde droit dans les yeux et ajoute : « Pourquoi tu gâches tout ? » Je peux sentir une certaine émotion, mais surtout une profonde déception. « C’est ce que tu m’as dit quand j’ai parlé d’eux hier soir. » Elle a raison. Elle a entièrement raison. Hier, c'est moi qui ai tout déclenché. C'est moi qui l'ai allumée. C'est moi qui l'ai provoquée, qui l'ai embrassé. Quand mon père a manqué de nous surprendre, c'est encore moi qui l'a rattrapée et qui... Oui, c'est moi. Tout était de ma faute. « T'as raison. J'aurais pas du. »

Elle se passe la main dans les cheveux, elle se tient la tête et semble réellement souffrir de ce cas de conscience. J'affiche une mine impassible. Je reste stoïque et pourtant, tout se brise à l'intérieur. Déjà, ça me rend malade de la voir comme ça. C'est comme si toutes ses émotions étaient communicatives. C'est comme si j'étais éponge et que je m'impregnais de tous ses sentiments. Et ça me rend fou. Et j'ai envie qu'elle parte, qu'elle se tire, très loin. Mais au plus loin, elle ne peut aller que dans sa chambre, à quelques mètres à peine. C'est un supplice. « Alors, c’est que ça hein ? » Mon regard, qui était devenu fuyant, se reporte sur elle. J'aimerais comprendre, j'attends la suite. « Tu vas venir me baiser une fois tous les deux ans et te barrer au petit matin ? » Baiser. Ce mot n'est pas le genre de mot qu'emploie Pomme habituellement. Ça, ce serait plus le genre de truc qu'on se dirait entre pote, avec mes collègues de la fac. Ce serait plus le genre de mot qu'on employerait pour décrire notre nuit passée avec une blondasse torride. Baiser. Non, ce n'est pas le mot que Pomme utiliserait en tant normal. Et je sens que pour elle, ce simple mot a une signification bien plus importante que pour moi. Et je sens que pour elle, ce simple mot est totalement péjoratif.

Je ne sais pas quoi dire. Et pourtant, elle reste là, dans l'attente d'une réponse de ma part. Et moi, je reste là, sur le cul, sans savoir quoi dire. « Je. » Je suis casiment bouche bée. J'ai du mal à trouver les mots. J'ai du mal à m'exprimer. « Je ne t'ai pas baisé, Pomme. » je finis par avouer, sachant pertinemment que ce n'est pas du tout le genre de réponse qu'elle attendait venant de ma part. « Franchement, qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu espérais ? »
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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Mer 4 Sep - 22:50

Je lui en voulais de laisser les choses s’arrêter là. De laisser les choses se terminer de cette façon. J’avais mal au cœur. Mal à l’âme. « T'as raison. J'aurais pas dû. » Il n’aurait pas dû quoi ? Tout gâcher ? Agir comme il l’avait fait ce matin ? Ou comme il l’avait fait hier soir ? Au fond, je savais que c’était notre qu’il regrettait. Et cette idée me broyait le cœur, un peu plus. « Oui mais, tu l’as fait. ». Il l’avait fait et moi alors ? Je l’avais tellement désirée. Je n’étais pas innocente. Mais, je ne regrettais pas cette nuit. Je regrettais que tout s’arrête.

Je me sentais brisée, vexée et épuisée. Je ne savais plus tenir mes sentiments. Et cette amertume qu’ils me faisaient ressentir. Alors, je lâchais ce mot. Celui qui me faisait si mal. Baiser. Il s’était contenté de me baiser. Et ces mots-là ont l’air de le laisser sur le cul. C’est la première fois que je voyais un semblant de réaction. D’émotion. Même si cela est marqué par l’absence de mots. « Je. ». C’est la première fois que je voyais Léon sans mots. Léon sans aucune répartie. Pourtant, il était du genre à répondre du tac au tac. A lancer ses répliques cinglantes, sans aucune pitié. Et au fond, ça me faisait mal. Je craignais de lui faire du mal. C’était ridicule parce que lui, il ne s’en souciait sans doute pas.  « Je ne t'ai pas baisé, Pomme. ». J’aimerai le croire. J’aimerai vraiment le croire. J’ai essayé de me raisonner et de me dire, que non. En effet, il ne m’avait pas baisé. Mais, c’était bien le cas. Tout comme il y a deux ans. Bien qu’à l’époque, je ne pouvais pas lui en vouloir. Aujourd’hui tout était différent et pourtant, rien n’avait changé dans le fond. « Ah ouais ? Et t’appelles ça comment toi ? ». J’avais manqué de m’emporter et de lui décrire chaque détail de notre relation. Mais je n’en avais pas la force.

Je soufflais un coup. Cette situation me faisait tant de mal. Et lui, il ressentait quelque chose au moins ? « Franchement, qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu espérais ? ». Ce que je voulais ? Ce que j’espérais ? Je voulais exister à ses yeux. Je voulais qu’il cesse de faire comme si je n’existais pas quand il n’était pas en moi. J’espérais que cette nuit ne serait pas un grand rien à ses yeux. « Que tu n’imposes pas cette distance entre nous… c’est ce que j’espérais. Et toi qu’est-ce que tu veux de moi ? ».  Qu’est-ce qu’il voulait à la fin ? Qu’espérait-il en se glissant dans mon lit après m’avoir… peu importe le terme utilisé ? Il voulait que je reste à ma place ? Et que j’accepte qu’il revienne quand bon lui semble ?

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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Sam 7 Sep - 22:31

Pomme est en colère. Pomme est très en colère. Et moi, je suis là, comme un con, sans savoir quoi dire, ni quoi faire. Je suis complètement dépassé par la situation. Et c'est bien la première fois. Moi qui, d'habitude, a tout bien en main, suis toujours maître de mes émotions et de mes pulsions. Là, face à cette fille, je ne suis plus rien. Elle va me détruire, j'en suis persuadé. Ça a déjà commencé et je crains bien que cela soit irréversible. Je n'aurais pas du. Je n'aurais pas du la toucher la première fois,  ni la deuxième. Je n'aurais pas du. « Oui mais, tu l’as fait. » Ces mots entrent en moi comme un coup de couteau dans le dos. Un coup qui m'achève. Oui, je l'ai fait, en effet. Je l'ai fait et je ne peux rien y changer. Je suis le responsable et quelque chose, ce quelque chose qu'il y a entre nous, me donne envie de continuer, de jouer toujours plus avec le feu.

J'ai cette colère en moi. Cette rage qui s'empare de moi tout entier. Je n'ai jamais ressenti ça pour quelqu'un. J'ignore si je déteste plus Pomme pour me faire ressentir ces sentiments ou bien moi-même pour m'avoir laissé faire. J'ai envie de quitter la pièce. J'ai envie de fuir cette scène et de fuir cette fille qui a ce don de faire accélérer mes pulsations. Je veux me tirer, mais c'est impossible. Et puis, tout bonnement, je ne peux pas. Je dois affronter mes problèmes et surtout mes conneries.

Je ne l'ai pas baisée. Je ne l'ai pas prise comme ça, sans émotion, sans ne serait-ce qu'une once de tendresse. Non, ce n'était pas comme ça. Je ne l'ai pas souillée, je ne l'ai pas déshonorée comme elle veut bien le faire entendre. « Ah ouais ? Et t’appelles ça comment toi ? » Je me retrouve à nouveau bouche bé. Je suis incapable de dire un mot. Comment décrire notre relation ? Comment décrire ce que nous vivons et avons vécu ? Il n'y a pas de mot. Non, c'est certain il n'y a pas de mot. « Je. » Elle le voit que je suis emprunté. Elle le voit que je suis bien mal à l'aise et que pour une fois, j'efface toute cette assurance qui fait ma marque de fabrique. « Je ne t'ai pas baisé, c'est tout. Je n'ai pas rien ressenti. Appelles ça comme tu voudras, mais pas comme ça. » dis-je en faisant mon maximum pour être un minimum sec.

Et puis, je craque. Je finis par lui demander ce qu'elle espérait. Je finis par lui demander ce qu'elle veut de moi, ce qu'elle attend. « Que tu n’imposes pas cette distance entre nous… c’est ce que j’espérais. Et toi qu’est-ce que tu veux de moi ? » C'est ce que je redoutais. C'est ce que je pensais qu'elle allait dire, mais que je refusais d'admettre. « Donc, dans ton monde de bisounours, on va franchir cette porte main dans la main, se rouler des pelles devant nos parents et leur demander s'ils ne seraient pas tenter par un double mariage ? » je demande avec grande ironie, retrouvant mon certain talent pour la répartie. « Moi j'aimerais que mon imbécile de père ne soit pas tombé amoureux de ta mère, comme ça je ne t'aurais jamais revu. »


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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Dim 15 Sep - 19:57

J’étais tellement blessée que j’en devenais méchante, je crois. La vérité c’est que cette réalité me tuait. Je ne pouvais pas renoncer à lui. Je ne le voulais pas. Il m’avait juste baisé. Mais à mes yeux c’était bien plus que ça. « Je. ». Je quoi ? J’attendais qu’il me dise comment on pouvait nommer notre nuit. Quel mot convenait à part baiser. « Je ne t'ai pas baisé, c'est tout. Je n'ai pas rien ressenti. Appelles ça comme tu voudras, mais pas comme ça. ». Je perdais mes mots, à mon tour. Il avait beau tenté d’être un minimums sec, il l’avait dit. Il n’avait pas rien ressentit. Je n’étais pas un simple vide-bourses ? Je n’y comprenais plus rien. Pourquoi agissait-il ainsi alors ? Ça n’avait pas de sens.

Il me demande ce que j’espérais de tout ça. Trois fois rien en fait. Si ce n’est une place dans sa vie. Une place qui ne soit pas celle de la fille qu’on ignore. Je voulais simplement exister à ses yeux. « Donc, dans ton monde de bisounours, on va franchir cette porte main dans la main, se rouler des pelles devant nos parents et leur demander s'ils ne seraient pas tenter par un double mariage ? ». Son ironie est de retour. Sa répartie aussi. Et mon cœur se brise à nouveau. Chaque mot me détruit un peu plus. Il savait parfaitement que ce n’était pas ce que je voulais. Du moins, pas ce que je lui demandais. Parce que je rêvais de pouvoir lui tenir la main devant tout le monde. « Moi j'aimerais que mon imbécile de père ne soit pas tombé amoureux de ta mère, comme ça je ne t'aurais jamais revu. ». BAM. Mon cœur se brisa définitivement. J’avais envie de pleurer mais rien ne venait. J’avais envie de fuir mais je ne pouvais plus bouger. Mon regard était vide. Et mon visage livide. « Ça malheureusement, c’est leur connerie. Je ne t’ai pas demandé ce que tu espérais mais plutôt ce que tu attendais de moi… ». Ce qui n’était pas tout à fait pareil dans les faits. Je voulais savoir à quoi il s’attendait avec moi. Pas l’irréalisable qu’il aurait souhaité. « Et pour ta gouverne, je n’ai jamais dit que je voulais m’afficher devant nos parents. Simplement que tu cesses d’être aussi froid et dégueulasse avec moi. Comment tu peux dire que tu as ressenti quelque chose et en même temps, que tu n’aurais jamais voulu me revoir ? ». J’aurais presque mis une injure. Mais je n’avais pas le cœur à ça.

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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Mer 18 Sep - 21:31

Quelque part, je l'ai toujours su. Quelque part, je le savais depuis le tout début. Avec Pomme tout serait différent. Il y avait déjà quelque chose dans son regard, ce premier soir, de différent. Il y avait déjà quelque chose dans ce sourire, sur ce ponton à Brighton, de différent. Il y avait déjà un truc en plus, une émotion, un sentiment, un petit quelque chose qui faisait toute la différence. C'était à peine perceptible, certes. Mais ça avait existé. Je ne me serais pas douté que cette rencontre changerait ma vie à ce point. Je ne me serais pas douté que ce geste si anodin pour moi que de la mettre dans mon lit aurait en fait tant de conséquence.

Je devrais m'en foutre. Je devrais passer mon chemin et ne même pas porter attention à ses pleurnicheries. Mais elles m'atteignent, c'est indéniable. Et ça m'énerve, ça me tue, ça me rend malade. Je déteste cette fille de me faire ressentir ces choses que je ne comprends pas. Je déteste cette fille qui ose m'aimer, qui ose espérer quelque chose de moi, qui ose verser des larmes pour moi et surtout je déteste cette fille qui me donne envie de la réconforter.

Je lui demande ce qu'elle espère, ce qu'elle souhaite. Je ne comprends pas pourquoi elle pleure devant l'échec de l'impossible. Jamais on ne sera ensemble. Pas plus si nos parents n'étaient pas là certainement, mais ils forment cette obstacle qui rend de toute manière tout espoir que cela puisse arriver un jour, complètement impossible. Je lui avoue que je n'aurais jamais souhaiter la revoir, que j'aurais aimé que tout ce termine par cette matinée d'été deux ans plus tôt, en vacances à Brighton. Ça aurait été plus simple, ça aurait été mieux pour tout le monde. « Ça malheureusement, c’est leur connerie. Je ne t’ai pas demandé ce que tu espérais mais plutôt ce que tu attendais de moi… ». J'ignore réellement pourquoi elle pense que j'attends quoi que ce soit venant de sa part. J'en conviens que je n'ai pas été très clair ces vingt quatre dernières heures mais je me vois difficilement expliquer mes gestes alors que je ne les comprends pas moi même. J'agis simplement selon mes envies et mes instincts. Et si ça ne lui plait pas, c'est le même résultat. « Et pour ta gouverne, je n’ai jamais dit que je voulais m’afficher devant nos parents. Simplement que tu cesses d’être aussi froid et dégueulasse avec moi. Comment tu peux dire que tu as ressenti quelque chose et en même temps, que tu n’aurais jamais voulu me revoir ? »

Elle ne comprend rien, n'est-ce pas ? Elle veut que je lui explique, c'est bien ça ? Et bien, puisque c'est ce qu'elle veut, elle l'aura. Je me décide enfin de me lever la chaise de mon bureau et je me laisse tomber quelques mètres plus loin, sur mon lit. Pomme, elle, est toujours plantée là, face à moi, le visage en colère et les yeux plein de larmes. « Je ne tombe pas amoureux. Je n'ai pas de petites copines. Je ne m'attache jamais. L'amour n'existe pas. » Je répète tel un robot qui connait sa réplique par coeur. Je semble rouiller à force. Presque. « Toi... Toi, je te déteste pour me faire ressentir autre chose que de l'indifférence. Normalement, je m'en fous et je devrais m'en foutre, mais je m'en fous pas et c'est pour ça que j'aimerais que tu ne sois pas là. Et quand je dis pas là, je ne parle pas que de cette pièce. » dis-je sans détour. Ces mots « je te déteste » je les ai dit avec un tel calme, sans la moindre once d'énervement. Je sens bien qu'elle en a eu un frisson. Je sens bien que j'y suis allé fort, que le fait de n'avoir même pas sourciller ait pu être un peu choquant. « Je veux que tu partes, là, tout de suite. Mais je veux t'embrasser aussi. » Je parie que là, tout de suite, ma sincérité n'est plus tellement ce qu'elle désirerait.
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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Ven 4 Oct - 23:10

Il venait enfin de bouger. De faire un geste. De quitter sa chaise. Pour finalement laisser son corps tomber sur le lit. Quelle réaction… de toute façon j’ignorais ce que je voulais. Ce que j’avais bien pu imaginer. Tout était perdu d’avance avec lui. « Je ne tombe pas amoureux. Je n'ai pas de petites copines. Je ne m'attache jamais. L'amour n'existe pas. ». Un rire sarcastique, moqueur m’échappe. « Super la disquette, tu l’as répété à combien de fille ? ». Je ne pouvais pas m’empêcher d’être ironique. Parce qu’une nouvelle fois, il m’avait blessé. Parce qu’une nouvelle elle me montrait que je n’étais qu’une de plus. Parce qu’une nouvelle fois… j’avais mal. « Toi... Toi, je te déteste pour me faire ressentir autre chose que de l'indifférence. Normalement, je m'en fous et je devrais m'en foutre, mais je m'en fous pas et c'est pour ça que j'aimerais que tu ne sois pas là. Et quand je dis pas là, je ne parle pas que de cette pièce. ». Je te déteste. Mon corps fut parcouru d’un frisson. Une larme roula sur ma joue. Je te déteste. Qu’avais-je fait pour qu’il me déteste temps ? Est-ce que j’y pouvais réellement quelque chose si sa théorie était fumeuse ? S’il ne pouvait pas contrôler ses sentiments ? Il me disait à demi-mot qu’il…m’aimait ??? Et de l’autre il me disait sans le moindre sentiment qu’il me détestait. Je ne comprenais rien. Mais mon cœur n’avait retenu que sa haine. Mon cœur était en train d’agoniser. Et mon corps restait figé sur place incapable de soulager ce cœur agonisant. « Je veux que tu partes, là, tout de suite. Mais je veux t'embrasser aussi. ». J’avalais difficilement. Je l’avais voulu cette sincérité. Et je préférais l’avoir. Mais, avec Léon même la sincérité n’est pas simple. Même la sincérité n’est pas sincère. Tout est ambigüe. « Alors choisit, dis-moi de partir et je trouverais un moyen pour quitter la maison au plus vite. Embrasse-moi et tu devras supporter ma présence. ». A quoi je jouais ? N’avais-je déjà pas assez souffert ? Pourquoi il fallait que je m’inflige ça maintenant ? Pourquoi infliger cette tension, ce suspens ? Pourquoi ne pas partir alors que c’était définitivement ce qu’il y avait de mieux pour moi ? La réponse était aussi simple que complexe : je l’aime.
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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Mer 16 Oct - 13:23

Je ne tombe pas amoureux. Je n'ai pas de petites copines. Je ne m'attache jamais. L'amour n'existe pas. De ma bouche ça sonne comme un automate. Comme une phrase apprise par coeur et trop souvent répétée. Mais au fond, c'est plus pour me convaincre que par habitude que je le dis. Un rire mauvais, méchant s'échappe du petit corps frêle de Pomme. Elle ne se laisse plus faire, elle ne se laisse pas abattre, au contraire. Elle se fout de ma gueule. « Super la disquette, tu l’as répété à combien de fille ? » demande-t-elle. Il n'y a plus de tristesse dans son regard. Simplement de la haine et du dégoût. Et ça me fait presque de la peine, presque. Je dois cependant admettre que cette Pomme-là m'effraye un peu. Je ne peux m'empêcher de détourner le regard et de baisser les yeux en répondant. « Non. C'est juste mieux pour moi comme ça. »

Et puis, n'y tenant plus. Je lui explique. Je lui explique comment elle me fait ressentir des choses que je n'ai encore jamais ressenti et comment je la déteste pour ça. Je lui explique que ce n'est pas possible, que je ne peux pas laisser ces choses-là m'atteindre, mais qu'en même temps, tout ça... C'est plus fort que moi. Je n'arrive pas à le combattre et ça me rend malade. « Alors choisit, dis-moi de partir et je trouverais un moyen pour quitter la maison au plus vite. Embrasse-moi et tu devras supporter ma présence. » dit-elle avec une larme qui roule sur sa joue. C'est un ultimatum. Un ultimatum auquel je ne peux pas répondre. Je refuse de l'embrasser, d'accepter cette relation malsaine qui me pourrira la vie à coup sûr. Je refuse de tomber amoureux de celle qui va devenir ma soeur. Je refuse de vivre dans la chambre voisine, de l'accueillir la nuit et de devoir m'occuper d'elle. Mais... Mais je refuse encore plus de la voir partir, d'imaginer ma vie sans elle.

Je me lève, dicté par un désir plus fort que tout. Plus fort que la raison, plus fort que l'éthique et que la bonne conscience. Je me lève et j'attrape son visage. « Tu vas le regretter Pomme, je ne te mérite pas. » Et je capture ses lèvres en silence. Et c'est comme un profond soulagement. Je réalise soudainement que c'est tout ce que j'attendais, tout ce que je voulais.
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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    Jeu 31 Oct - 14:18

Des disquettes, des disquettes. Ce n’est pas ce dont j’avais besoin. Ce n’était pas ce que j’attendais de lui. Et c’était ridicule de l’entendre répéter ainsi ce qu’il avait appris par cœur. C’était ridicule d’être blessée par une disquette. « Non. C'est juste mieux pour moi comme ça. ». Mieux ? Plus facile surtout ! Je n’ajoutais rien, un simple regard noir. Trop dépitée d’entendre cela.

Trop dépitée par sa disquette mais la vérité vient. Il me lâche qu’il me déteste. Comme ça, d’un coup. Et une larme roula sur ma joue. Il me déteste. Et surtout il déteste ce que je lui fais ressentir. Il me perd. Je ne sais plus ce qu’il attend de moi. Que je parte ou que je reste ? Je n’étais pas sûre qu’il le sache lui-même. Mais j’avais besoin de savoir. Alors je lui pose un ultimatum. Soit il m’embrasse et je reste, soit il me dit d’aller me faire voir et je sors de sa vie. Ce n’était qu’un choix. Un choix qui me rendait malade. J’avais le ventre qui se tordait. J’avais peau qu’il me dise de partir. Que je pouvais toujours rêver pour qu’il m’embrasse. Parce que c’est ce que je voulais. Je le voulais lui. Je voulais qu’il m’embrasse.

Il se leva du lit, s’approchant de moi. Mon cœur se mit à battre à tout rompre. J’aurais voulu le mettre en sourdine mais rien à faire. Je n’entendais plus que ses battements forts et incessants. Ses mains attrapèrent mon visage et mes yeux se noyèrent dans les siens. Merde, qu’allait-il faire ? « Tu vas le regretter Pomme, je ne te mérite pas. ». Ses lèvres emprisonnèrent alors les miennes. Soudainement, le monde n’avait plus d’importance. Soudainement mon cœur me semblait plus léger. Ma vie plus douce. Plus belle. Plus agréable. C’était ce dont j’avais besoin. Tout ce dont j’avais besoin. Si bien que le rompre me semblait impossible. Et pourtant, il fallait bien que ça arrive. « Laisse-moi décider de qui me mérite ou non. ». Mes lèvres se posèrent à nouveau sur les siennes, ne pouvant renoncer à ce bonheur si… parfait.


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MessageSujet: Re: Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ    

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Trop souvent, ce qu’on désire le plus au monde, est justement ce que l’on ne peut pas avoir. Ҩ

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