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 [Joan R] Ciel rose et chaussures froides.

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Tommy Vinushka

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MessageSujet: [Joan R] Ciel rose et chaussures froides.    Lun 3 Aoû - 21:17

Le lavoir était l'endroit que je choisissais toujours pour repenser à mon ancienne vie en France tranquillement. En semaine de préférence, à l'aube pour n'y croiser personnes ou pas les visages moroses habituels. Surtout pas d'enfants. Je m'y rendais presque tout les jours ces temps-çi, ressassant des souvenirs inventés il y  a un an déjà. A l'époque déjà, je me sentais victorieux et étrangement bien dans mon déclin, je me disais : Je ne marcherais plus jamais seul.

Ce n'était ni le froid, ni cette clope entre mes mains mauves qui n'en était pas vraiment une, ni un possible manque en fer ni même la clâmeur transcendante de cette soirée qui faisaient s'entrechoquer mes dents grises, mais plutôt la torpeur. Mes tympans sifflent plus fort alors qu' il traverse la pièce, j'avais la sensation que j'allais dégobiller d'exitation sur mes baskets, ou peut-être avais-je juste peur que ça m'arrive. Je me souvenais de la pesanteur qui semblait s'installer et tout ralentir dés le début d'une conversation, je me souvenais de ce que celà faisait de se retrouver dans le même espace vital que cette personne et pourtant..
Un réveil douloureux dans une moiteur piquante , sur un matelas jaune entre quelques murs moisis, je me souviens encore des motifs de déchirures du papier peint. Le lieu est désert, tout ça n'a jamais existé, souvenirs de la veille, ne pas savoir où aller, imaginer que tout s'est passé différemment, souvenirs des discussions qui n'avait jamais eu lieu. Un peu de honte.

Un oiseau s'est posé sur la gouttière du toit au dessus de ma tête. Je l'entend pépier et se rincer les plumes. C'était un son que je n'aurais jamais pû entendre à l'époque. Mon grand-frère me disait toujours que l'on irait voir "quelqu'un" un jour, mais j'avais juste appris à faire avec, et ce n'est qu'à mon arrivée en Angleterre, une fois installé, une fois tout mes soucis momentanément évaporés, que j'ai réalisé que j'entendais bien pour la première fois depuis des lustres. Le ciel commençait à lancer des vagues d'or, de pourpre et de cyclamen au dessus des habitations. A cette-heure-çi, sans personne, sans avoir dormi, c'est comme si le monde , ou du moins la petite parcelle que vous occupez et tout ce que vos yeux peuvent voir, vous appartiens.  

Calme et tranquille, sous le tableau de mon aube, je repense à ses grains de beautés, à l'ourlet de sa lèvre inférieurs, à ses iris bleus qui paraissaient noirs sur certaines photos, à tout les détails que j'avais réussi à garder , tentant d'exorciser à l'encre les démons d'un non-sommeil sur une page de papier rendue humide et friable par la fraîcheur de la fin de ce nouveau Juillet.

Une silhouette nuageuse sors alors du coin de la rue, avec un air de vague-à-l'âme, une errance calculée et une tignasse ondulée qui ne me laissèrent aucuns doutes.

- Joan ? Joan, c'est toi!

Quittant avec hâte mon occupation, je marchais doucement jusqu'à la rejoindre.
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Joan Riley

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MessageSujet: Re: [Joan R] Ciel rose et chaussures froides.    Lun 10 Aoû - 12:52

Une cigarette, puis deux, puis trois. Cela faisait presque une semaine que Joan était revenue à Painswick et déjà elle ne se sentait pas à sa place. Quelle belle connerie cette ville. Tous ces faux-semblants, ces fausses personnes avec leur faux bonheur. Elle avait adoré faire les quatre cents coups dans ce village paumé, au point où son attitude avait finit par déranger, alors on l’avait expédier. Un intrus, voilà ce qu’elle était à présent, et peu importe ce que sa mère ou son feignant de beau-père avaient à y redire. Ils avaient fait leur possible pour tenter de renouer les liens avec Joan, mais si auparavant elle leur aurait rit à la figure, aujourd’hui elle ne faisait que se murer dans un silence qui en disait long sur son ressenti. Elle ne donnait ses sourires et son attention qu’à ceux qu’elle pensait digne de son temps. Pas si précieux que cela au final, mais la jeune Riley n’avait pas l’habitude de perdre son temps avec n’importe qui, n’importe quand. « Hm. », s’était-elle contenté de marmonner quand Jack lui avait annoncé qu’ils partaient rendre visite à l’une de ses tante. Hors de question qu’elle aille avec eux quelque part. Cet homme n’était pas son père, et cette femme qui biologiquement était sa mère n’avait rien de celle des autres. Elle avait su se débarasser d’elle au bon moment, et ça elle ne lui pardonnerait jamais. Surtout après ce qu’elle avait vécu. Alors, Joan se permettait de se conduire comme une personne odieuse avec sa mère qui, trop honteuse pour pouvoir lui redire quoique ce soit, la traitait comme une fragile poupée de porcelaine.

Joan s’était évadée par la fenêtre, avant qu’ils ne lui forcent la main, pour parcourir Painswick de ses yeux bleus et charbonnés de noir. Plus rien n’avait de goût depuis tous ce temps et la simple vue de ces bâtiments qui n’avaient pas changés lui donna presque une envie de vomir sur les pavés. Soit, ce n’était pas comme si la vie avait eu du sens auparavant, mais au moins elle avait été plus facile. Joan Riley était l’héroïne solitaire de sa bande dessinée morne en noir et blanc. Sa chemise trop grande flottait au vent, ses cheveux mal coiffés aussi, et bientôt elle se retrouvait assise au lavoir. Au moins ici, personne ne viendrait la chercher, à moins que quelqu’un l’ait suivi. Elle se souvenait de Painswick comme d’une autre vie, celle d’une autre fille qui s’était cru intouchable et assez aimé par sa génitrice pour qu’elle ne l’envoie pas à l’autre bout de la région. Joan avait été révolté, aujourd’hui elle était simplement blasée. « Peut-être que tu devrais aller voir un psy, Joan », lui avait-on dit. Ne lui parlez plus jamais de psychiatre, de psychologue ou de qui que ce soit qui aurait pu prétendre à la sonder plus qu’un autre. Personne ne pourrait jamais rentrer dans sa petite cervelle, et personne ne le ferait, point final. Elle avait vu ce que des prétendus psychiatres avaient fait à sa pauvre Kit Kat, et le résultat n’avait pas été franchement glorieux, tout ce qu’il en résultait, c’était une pauvre fille ayant quitté ce monde meurtrie et bien trop tôt.

Alors qu’elle se levait pour aller jetter sa cigarette consumée dans l’eau de la rivière, Joan entendit quelqu’un l’interpeller. Premier sourire du mois. « Tommy ? », demanda-t-elle plus pour une confirmation qu’autre chose. Elle le rejoignit, un fin sourire toujours aux lèvres, « Oui c’est moi, on a décidé que mon ‘internement’ était finit. », plaisanta-t-elle en mimant les guillemets dans les airs. « Alors tu traines toujours à Painswick ? »

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Tommy Vinushka

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MessageSujet: Re: [Joan R] Ciel rose et chaussures froides.    Sam 22 Aoû - 23:33

Je ne peux m'empêcher de la serrer dans mes bras, d'habitude je demande toujours la permission pour ce genre de truc, mais c'est comme si j'avais pour une fois compris ce qu'une personne voulait au fond d'elle. En même temps je pense que la majorité des habitants de Painswick auraient voulu un câlin, vu comme la matinée s'annonçait cafardeuse. D'habitude, je houspillais toujours comme un diable les gens qui jettent leurs mégots n'importe-où, enfin les gens en général qui jetaient des choses par-terre. Parce que les oiseaux et les poissons peuvent s'étouffer ou faire des occlusions avec, c'est pas des blagues, ça arrive.


- Alors t'es libre, maintenant, je suis tellement content.

La pauvre. Je la plaignais vraiment, car je ne pouvais même pas imaginer comment j'aurais vécu cette épreuve qu'on lui avait imposée. Je ne savais pas si j'aurais pu être coopératif et accepter d'aller mieux sous commande. C'est pas comme ça, que ça marche. Ces gens avaient surement une bonne raison d'être médecins, je ne dis pas le contraire, et ils devaient aider beaucoup de gens, mais j'étais persuadé par ma peur de ce genre d'institution que me retrouver là-bas serait la fin de ma santé mentale.

Elle m'avait demandé ce que je fichais ici, en gros.

- Et ouais, fis-je avec un soupçon d'enthousiasme.
je sens que je m'y sentirais bientôt chez moi, ça faisait longtemps que j'avais pas ressenti ça.

Sauf que la dernière fois n'avait pas tellement marché, alors après l'accident, j'avais saisi la première main qu'on m'avait tendu, et étais parti.


- T'as un moment pour t'asseoir? Je faisais rien de particulier, mais on peut ne rien faire de particulier ensemble!
Je n'avais pas grand chose à lui raconter, enfin c'est ce dont mon esprit me persuadait quand quelqu'un me posait la question. Savoir que j'avais passé un samedi soir dans un club pourri, un autre à la ramasse, assis dans l'évier de la cuisine hypnotisé par le cliquètement d'un métronome, sans arriver à composer quoi que ce soit, et celui d'avant en jogging à écrire en buvant du thé. J'avais décidé que je n'embèterais plus les personnes avec ma déprime, ça ne faisait que les rendre mal-à-l'aise de ne rien pouvoir faire ou ça les embarassaient d'être mêlés à ça, quand le cas était qu'elles ne voulaient pas être mêlé à ça.

- Enfin je dis ça mais t'as surement pleins de trucs à me raconter, comment ça va depuis la dernière fois?

C'était plutôt banal comme manière de faire la conversation, voir carrément à chier de ma part, je le savais, mais j'étais fatigué, et les mots sortent jamais comme d'habitude d'entre mes dents quand je suis dans un tel état.

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MessageSujet: Re: [Joan R] Ciel rose et chaussures froides.    

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