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 Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett

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Violett Dashwood
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MessageSujet: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Jeu 18 Juin - 14:00



❝Would you lie with me and just forget the world? ❞
Eamon & Violett
Elle ne comprenait plus, ne comprenait pas. Il y avait Eleanor et Ashley, ils étaient là et lui disaient d’arrêter. Que faisaient-ils dans sa salle de répétition ? Elle voulut les approcher de sa main fébrile, mais ils s’évanouirent presque instantanément dans une fumée légère. Puis, il y eut ses parents qui semblaient atterrés, pour une raison qui lui échappa tout à coup, elle comprit qu’ils étaient déçus. Ils disparurent à la manière d’Eleanor et Ashley dans un nuage de fines particules. Violett se mit à courir sans vraiment y parvenir, elle n’avançait pas. Eamon était là-bas, au fond de la salle, elle voulut lui parler, mais aucun son ne sortait de sa bouche . Alors, les larmes coulèrent d’elle-même sur ses joues, muette et incapable de bouger, la jeune fille tomba sur le sol, qui n’était désormais que souillé de sang, le sien. Elle examina les traces écarlates sur le bout de ses doigts. Puis, le sol se déroba sous ses pieds, elle se mit à tomber. Une inspiration affolée suivie d’une respiration saccadée. Violett avait ouvert les yeux d’un coup, avait regardé ses mains presque immédiatement. Elle était trempée, de sueur et de larmes. Elle cauchemardait sans cesse ces derniers temps et c’était même pour cette raison qu’elle se disait que quelquefois, il était préférable d’avoir sa chambre dans une partie de la maison opposée. Elle ne voulait pas faire la mijaurée avec Jett, il n’avait pas besoin d’entendre ses simagrées, Violett était déjà assez difficile à supporter au quotidien, elle n’allait pas rajouter une couche de plus. Surtout que, tout le monde avait ses problèmes et des problèmes bien plus graves que du dopage et de la dépression. Ce n’était pas comme si elle se dénigrait, non pas vraiment, mais malgrè tous ce que l’on pouvait en dire, elle avait conscience des choses. Elle avait conscience qu’elle s’était créée elle-même ses problèmes, qu’il y avait plus grave dans la vie et que donc, techniquement, elle n’avait pas le droit de se plaindre.

Pas le droit de se plaindre. La réalité, c’était que Violett était bouffée par le regret et la déception. Elle était déçue de ne pas être aussi talentueuse qu’elle l’aurait voulu, elle regrettait de ne pas avoir fait les choses droitement comme elle l’avait toujours fait. Etait-elle trop vieille ? Peu de jeunes filles étaient première danseuse à vingt-deux ans, mais peut-être qu’elle avait tout prit trop tôt et qu’elle s’était fanée comme une rose en hiver. Ou une violette en l’occurrence. Elle n’avait jamais envie de rien. Pas envie de sortir, pas envie de jardiner, pas envie de faire du shopping, même si elle restait assez coquette malgré son état végétatif. On lui téléphonait, lui envoyait des messages, et c’est sans grande conviction qu’elle disait qu’elle devait travailler ou qu’elle était trop fatiguée pour faire quoique ce soit. De toute façon, les seules personnes qu’elle côtoyait régulièrement étaient ses collègues, son colocataire et Ashley. De toute façon, c’était plus pareil, rien n’était pareil. Il lui avait toujours manqué. C’était comme cela, elle ne pouvait rien y faire. Après tout, selon l’expression populaire, on se rendait compte de ce que l’on avait qu’au moment où on l’avait perdu. C’était comme du rien et elle essayait de vivre un semblant d’existence en disant que ce qu’elle faisait était grand, peu importe le prix qu’elle devrait payer. Elle était soumise à une entité beaucoup trop supérieure pour la petite personne fragile qu’elle était. Précieuse petite Violett Dashwood qui avait voulut s’envoler jusqu’au soleil mais qui s’était brûlée les ailes beaucoup trop tôt.

Personne ne saurait jamais et personne ne comprendrait. C’était tous les jours la même chose. Elle se réveillait après avoir cauchemardé, prenait une douche pour tenter de retrouver une mine acceptable aux yeux de la société, se mettait un peu de fard à joue pour avoir l’air un peu moins malade et restait assise sur la banquette à regarder les gens passer. Jusqu’à ce que vienne l’heure où elle devait prendre le train express pour Londres tous les deux jours. C’était un sacrifice qu’elle s’était imposée, mais elle détestait depuis longtemps de vivre à Londres. Depuis que la ville lui rappellait son ami Fawkes qui s’était fait violemment agressé, depuis qu’elle lui rappellait également Seyton qui n’avait encore une fois été que le pâle reflet d’un Eamon trop absent, et depuis que tous là-bas la faisait penser à lui. Toujours, lui. C’était débile de se raccrocher à un truc pareil. ‘Oh Vio c’est bon t’es pas la première fille à pas être rester avec son amour de jeunesse et t’es pas non plus la dernière’, lui avait dit l’une de ses amies alors qu’elle passait son temps à épier Eamon à tous les coins de rues. Peut-être, c’était vraisemblablement possible, un fait de société. Mais tan pis, c’était comme cela qu’elle l’avait vécu, tout ce qu’il y avait eu de bon et de mauvais, elle gardait tout. Le problème avec Londres c’est qu’il s’agissait également de l’endroit qui avait contribué à la défaite de ses rêves illusoires. Quand elle avait harcelé ses parents pour passer l’audition de l’école royale à ses quinze ans, elle s’était bel et bien dit que si elle n’était pas remarquée, elle ne s’obstinerait pas. Mais elle avait réussie, et au final tout ce qui en résultait, c’était une ballerine amaigrie aux doigts de pieds douloureux. Violett se leva et entreprit de s’habiller. Elle allait flâner aujourd’hui et tenter de se ressourcer pour oublier qu’elle devenait légèrement folle et qu’elle parlait un peu trop toute seule à son goût.

Des sous-vêtements, un jean, un débardeur bleu, rien de très compliqué. . Deux minutes plus tard, elle se retrouvait dans la salle de bain, se passant de l’eau dans la figure pour évacuer le stress de la nuit qu’elle venait de passer puis s’attacha les cheveux en chignon, comme elle avait toujours eu l’habitude de le faire .La jeune fille déambula dans sa maison et attrapa une petite brioche dans le paquet posé sur la table de sa cuisine. A la cannelle, ses préférés. On sonna à la porte. Il devait forcément s’agir de Jett, il oubliait souvent ses clés et à cette heure-ci elle n’attendait personne chez elle. Pieds nu, la brioche à la cannelle toujours dans la bouche, elle ouvrit la porte sans grande conviction. « Jett fais toi un doubl… » Violett laissa tomber sa brioche par terre. Eamon.



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Eamon Monaghan

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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Jeu 18 Juin - 23:57


   
ft. Violett & Eamon

   

   
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Le message ne pouvait pas être plus frappant, plus douloureux, qu’à mesure qu’il observait le plafond et les murs de son ancienne chambre d’adolescent à problèmes. Ses vieux posters, ses vieux calendriers sur lesquels son cousin et lui fantasmaient régulièrement, les mêmes draps aux mêmes motifs et ces rideaux mal découpés, un peu cramés dans le coin inférieur droit - vestige d’une soirée un peu trop alcoolisée à refaire le monde à coup d’arguments qui valaient rien, mais qui lui donnaient le sentiment d’être un type intelligent, avec des idées. La réalité était brutale, insidieuse et Eamon n’était pas forcément sûr d’être près pour l’accepter, ou lutter, pourtant il avait conscience que les choses changeaient, qu’il le fallait pour le bien de tous, alors pourquoi sa mère s’était-elle entêtée à vouloir garder ce lieu comme il l’avait toujours été.. Réveillant en son fils des sentiments qu’il aurait aimé être capable de passer à la moulinette, ou au moins d’amoindrir. Ce sanctuaire de l’enfance, d’un époque révolue, le bousillait plus qu’il ne l’admettait et se réveiller chaque matin, depuis son retour, pour se prendre un terrible coup du passé dans la gueule.. Et bien ça commençait à le fatiguer. Il n’était pas là depuis plus d’une semaine, qu’Eamon sentait bien qu’à force de replonger constamment dans des souvenirs trop doux pour le laisser intact finirait par le tuer ou, pire, le rendre fou. Et le regard de Liam Gallagher, sur le mur face à son lit, l’incitait à agir, à ne pas rester là, les bras ballants. Prouver qu’il avait changé ne passait pas seulement par des actes dérisoires comme tout quitter sur un coup de tête, mais commençait aussi par le fait d’évoluer, de modifier tout ce qui le dérangeait.. De réparer ce qui pouvait l’être, en attendant de faire autre chose, en attendant surtout de trouver le courage de sortir de là, de ces quatre murs où il avait trouvé refuge, paradoxalement, parce qu’il n’y avait que là qu’il pouvait clairement respirer, sans craindre de se cogner à la réalité. Ce temple était son refuge autant que son tombeau et Eamon se dit, finalement, que s’il devait y crever, autant qu’il y crève en ayant eu la sensation de tenter quelque chose. Alors il s’était levé le matin, avec la sensation tenace qu’aujourd’hui serait le jour du changement, qu’aujourd’hui il aurait enfin le courage de faire quelque chose, d’agir au lieu d’imaginer des actes sans aucun sens ni aucun impact, à part celui de lui foutre l’âme en miette et le cerveau à l’envers. Il agissait mieux qu’il ne pensait, aussi Eamon passa sa matinée, de l’aurore où il s’était levé à quelques heures avant le repas, à décrocher ses fantasmes et ses idéaux stupides de son adolescence pour les fourrer dans une poubelle, avec une rage non dissimulée, le regard de sa mère lui transperçant la colonne vertébrale. Il le fallait, il en avait besoin. Dire adieu à tout ce qui n’était plus, à tout ce qu’il ne voulait plus, faire des cendres pour en renaître, comme un phoenix. En mieux. Il l’avait promis et Eamon avait beau avoir tout les travers du monde, c’était le genre d’homme à tenir parole, quand bien même ça ne sautait pas forcément aux yeux d’entrée de jeu.

C’était le gamin perdu et anxieux qu’il enfermait dans un sachet noir, le nouant si fort qu’il craqua les hanses jaunes. Debout pendant quelques minutes, à observer la benne dans laquelle il venait d’enfouir ses souvenirs et ses regrets, pas certain de vouloir aller jusqu’au bout, la volonté toujours là, malgré tout, de mettre un point final à l’ombre qui planait au-dessus de lui. Eamon n’avait plus dix-neuf ans, il en avait quatre de plus et le poids des années qui s’étaient écoulées jusqu’à aujourd’hui lui avait permis de se muscler, d’affronter tout ce qui d’ordinaire l’aurait mis plus bas que terre. Il n’avait plus dix-neuf ans, il était responsable, n’avait plus besoin de se cacher derrière les jambes de sa mère, quand bien même il ne l’avait jamais vraiment fait, mais il n’avait plus non plus à désigner son père comme le coupable désigné de ses erreurs, de ses travers. La fascination malsaine qu’il avait pour son paternel s’était muée en respect général et il avait tant aimé cette sensation, qu’il voulait s’en gorger pour aller jusqu’au bout de ses plans, jusqu’au bout de ses désirs.. Jusqu’au bout du chemin qu’il avait emprunté, sans se retourner pour signaler à sa pauvre mère, inquiète, où il comptait se rendre d’un pas si déterminé. La poche droite lourd, pesante, brûlante, du poids de l’information qui y trainait, rédigée d’une écriture rapide sur un bout de papier arraché sans attention particulière.

C’était couru d’avance. Depuis qu'il était rentré, c'était comme s'il n'était jamais vraiment parti, ou qu'il n'était pas réellement rentré et tout ça parce qu'être ici, si elle n'y était pas, ça n'avait pas de sens. Ça en avait encore moins que de savoir qu'elle était là, pas loin, mais de ne pas ciller, de ne pas provoquer la chance.. Et pour quoi ? Parce qu'il avait beau avoir parfois des lueurs d'un espoir stupide, il était pas assez idiot pour s'attendre à recevoir des baisers et des fleurs. Ça ne l'empêchait pas d'y croire un peu et de sentir une dose d'adrénaline couler dans ses veines à mesure qu'il traversait les rues, longeait les trottoirs, pour trouver l'adresse qu'il caressait sur le bout de papier qu'il retira de sa poche, son pouce retraçant tant de fois la courbe des lettres, qu'elles finirent par s'effacer. C'était pas grave, il avait tout imprimé dans son crâne; tout ce qui touchait à Violett était là, toujours, entre des souvenirs douteux et des rêves illusoires. C'était la seule chose tangible qui lui soit jamais arrivé, alors fatalement ça ne pouvait pas disparaître de son esprit. Jamais.

Puis l'hésitation, discrète d'abord, sous la forme de ce petit picotement dans la poitrine, l'obligeant à ralentir le pas, muant sa marche décidé en quelques pas de danse maladroits.. Avait-il le droit ? Qui lui avait donné l'autorisation de revenir, quand sa vie semblait si parfaite, si merveilleuse. Se sentait-il assez bien, assez stable et fort pour s'autorise à frapper à sa porte.. Il n'aurait pas le temps d'attendre la réponse que son doigt s'écrasa machinalement sur le bouton de la sonnette, les mains trop tremblantes qu'il préféra cacher en les glissant dans ses poches arrières. Ses yeux. Ce fut son regard, le premier, qui le frappa en pleine poitrine, le coupant dans sa fierté mal placée, l'obligeant à ravaler sa salive pour reprendre de sa superbe, paralysé par la brioche qui s'écrasa au sol. "Surprise hein." Il retrouva de cette arrogance dans la voix, celle qu'il avait toujours pris l'habitude d'employer, pour masquer tout ce qui lui faisait défaut à l'époque mais qui semblait si loin désormais.. Même si elle continuait de lui faire perdre ses moyens. "Merde.. J'ai même pas eu le temps de la ramener que t'en laisses tomber ta proie.. Il se pencha en avant, ramassa la pâtisserie et se redressa, sans la lâcher, la main tendue sans trop savoir s'il espérait qu'elle soit assez en colère pour lui claquer la porte au nez ou pas.. Pourtant j'allais parler de ton ramage et de ton plumage.." Quel poète. Ou pas. Il se voulait drôle, mais Eamon n'était pas vraiment certain d'avoir réussi son coup. Bien conscient qu'il ne réparerait pas ce qu'il avait potentiellement brisé avec quelques belles phrases, qui n'étaient même pas de lui et son sourire de sale gosse. De toute manière, Violett valait plus que ça, plus que tout, plus que lui.

   
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Ven 19 Juin - 12:12



❝Would you lie with me and just forget the world? ❞
Eamon & Violett
Eamon. Eamon. Eamon. Elle avait répété ce prénom tellement de fois dans sa courte vie que cela avait finit par lui sonner comme une simple conjonction de coordination. Elle se souvenait de la première fois où elle l’avait simplement aperçu. Ce jour-là elle était avec sa mère et devait avoir dans les treize  ans à peu de choses près. Il était en train de chahuter à la fête annuelle du village avec quelques uns de ses amis à lui. La petite Violett avec sa jolie robe pourpre et ses cheveux tressés avait bien écouté sa mère et hoché la tête quand celle-ci lui avait formellement conseillé de ne pas s’approcher d’énergumènes de cette espèce. Après tout, elle avait raison sa mère, ils auraient pu tacher sa nouvelle robe. Ce qu’elle n’avait pas comprit à l’époque c’était que dans la vie rien n’est simple et que le propre d’un enfant, c’est de faire le contraire de ce que ses parents peuvent bien lui conseiller. Elle s’était jetée dedans, sans filet. Mais elle n’était pas blâmer. Rencontrer Eamon pour de bon avait changé sa vie, dans tous les sens du terme. Sa vision des choses, celle qu’elle avait de lui, son côté beaucoup trop prétentieux pour la fille aussi jeune qu’elle était tout avait changé. Avec lui, Violett avait découvert la vie, la vraie. Pour la première fois elle avait pu enfin se dire qu’elle avait ressentit quelque chose d’autre. Elle n’avait jamais été forcée à quoique ce soit, ni endoctrinée dans une dynamique de réussite. C’était elle qui s’était imposé cette marche elle-même et elle n’avait pas regretté. D’un côté Eamon lui avait redonné le semblant d’enfance qu’elle n’avait pas eu à cause de son obstination à vouloir grandir trop vite.

Elle avait tout donné à la danse. Elle n’avait pas fréquenté le lycée avec tous ses camarades, n’avait même pas finit sa dernière année de collège, qu’elle était déjà à l’école du ballet royal. Danse et cours. Cours et danse. Elle avait du alterné des cours de classique et de musique pendant lesquels elle avait apprit à jouer du piano. Puis, elle avait apprit le français, parce que les noms des pas de danse classique ont toujours été en français. Les écoles de danse classique n’avaient jamais été des trains de vie faits pour les enfants. En plus des cours particuliers qu’elle avait prit tous les soirs. Au final, beaucoup de temps et d’argent pour parvenir où elle était aujourd’hui. Elle avait toujours été obsessionnellement exigeante. Lui, il avait un peu réussit à calmer tous ça. Alors, tandis qu’elle se ressassait tout cela, elle l’examinait. Il avait changé mais pas beaucoup. Ses traits avaient durcis, il avait les cheveux un peu plus long aussi, avec un peu de barbe. Il était toujours le même au fond. Ce même ton d’arrogant, cette façon de parler qui faisait battre son cœur un peu plus vite à chaque fois qu’il ouvrait la bouche. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment si c’était réel. Devenait-elle vraiment folle au point de s’imaginer le retour d’Eamon ? Oui, c’était peut-être cela après tout. S’il n’était pas revenu ces quatres dernières années, elle ne voyait pas pourquoi il aurait eu envie de revenir aujourd’hui. Violett resta muette. Comme une demeurée elle restait là à le fixer, la bouche entrouverte, un bout de brioche encore dans sa bouche. Elle ne put s’empêcher d’esquisser un fin sourire suite à la remarque d’Eamon. C’est exactement ce qu’il aurait pu dire si il avait été réel. La jeune fille prit le bout de brioche qu’il lui avait ramassé et effleura légèrement ses doigts par la même occasion. Un violent frisson parcouru son échine. Merde. Elle inspira soudainement et ferma la porte d’un seul coup.

Violett resta appuyée contre la porte quelques secondes, puis regarda à nouveau par le judas. Il était toujours là. Violett prit une nouvelle inspiration, avala son dernier bout de brioche, et posa le bout déchu sur la commode avant de rouvrit presque immédiatement. « Eamon. », dit-elle en fronçant les sourcils. Violett se permit de lui toucher le bras du bout d’un doigt pour vérifier à nouveau. La sensation chaude de sa peau lui confirma l’inévitable. C’est à ce moment là qu’elle plaqua sa main contre sa bouche. « Excuse-moi. Entre s’il-te-plait. », lui indiqua-t-elle avant d’attendre qu’il entre pour fermer la porte derrière elle. Elle se conduisait comme une folle, mais sur le moment elle s’était cru en plein délire, et cela ne l’aurait pas étonné le moins du monde. Elle avait tellement souvent espéré le croiser il fut un temps qu’à force elle avait apprit à se méfier des apparences et de prendre ses rêves pour des réalités. Pourquoi tu es là ? Pourquoi tu m’as laissé toute seule ? Est-ce que tu me trouves toujours jolie ? Elle aurait voulu lui demander un milliard de choses mais elle resta stoïque malgré l’état d’euphorie dans lequel elle se trouvait à ce moment précis. [color:618d=#steelblue]« Tu... tu as changé. Tu es plus grand qu’avant. Et plus poète apparemment. », laissa-t-elle tomber les yeux fixant le sol. Elle était face à lui comme une gamine timide, dans son propre appartement. « Tu veux quelque chose ? Du café, du thé, une bière ?», lui demanda-t-elle toujours aussi gênée. Elle s’installa sur un fauteuil à côté du sofa. Violett le regardait toujours attentivement. La jeune fille en avait les larmes aux yeux, clairement, elle ne savait pas quoi dire, de peur qu’il entende les trémolos dans sa voix. La jeune fille essaya tant bien que mal de faire abstraction pour ne pas paraître trop fragile, mais c’était Eamon, elle n’avait rien à lui cacher. « Pourquoi tu es là ? Je veux dire, d’abord à Painswick et ensuite chez moi. » Enfin, il était là. « Je suis contente de te voir. Tu as l’air bien, tu avais raison. L’armée c’était bien pour toi. » Mais pas pour moi faillit-elle rajouter. Elle avait clairement envie d’éclater en sanglot et de le serrer dans ses bras de toutes ses forces. Mais elle n’était sûrement plus la seule dans son cœur. Il ne devait pas la rejeter. Elle devenait toujours vulnérable quand il était là.

Elle aurait aimé que tout soit plus simple, qu'ils se retrouvent comme les enfants qu'ils avaient été tout deux. Inconscients des souffrances de la vie et de la réalité qui les attendaient au coin de la rue.




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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Mar 23 Juin - 22:22

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Il était gourmand, c’était peut être son pire défaut, si on mettait côté son besoin maladif d’envoyer tout le monde sur les roses et de constamment dire tout haut ce qu’on pensait tout bas, des fois qu’une tension mène à une bagarre et qu’il puisse distribuer des baffes. Au fond il en avait des tas de travers, mais le pire c’était celui-là, ce monstre d’égoïsme et de jalousie qui lui pourrissait les entrailles, cette saloperie d’envie de tout, tout de suite et maintenant, sans faire la queue, sans attendre. Il avait toujours été comme ça, au point que ses parents avaient vite abandonné l’idée de le ramener à DisneyLand, en France, quand, dès la première sortie là-bas, il avait fait un scandale en attendant son tour pour l’attraction des poupées, tirant même les couettes d’une gamine pour lui passer devant. Certes il démentirait avoir adoré ce manège, même si la musique lui avait collé aux esgourdes jusqu’à sa majorité, qu’elle le hantait encore aujourd’hui d’ailleurs, mais il ne nierait pas le fait d’avoir besoin d’être en tête.. Ni d’être un putain de gourmand qui pouvait pas se contenter de ce qu’il avait, alors que ce qu’il avait maintenant sous les yeux aurait pu lui suffire. La voir là, belle, quoiqu’un peu plus maigre que dans ses souvenirs, aurait dut être suffisant et Eamon savait pertinemment qu’il devait faire demi-tour, qu’avoir la certitude qu’elle était en vie et ici devait être.. parfait pour l’aider à se réinstaller dans la ville. L’ennui c’était que ses belles idées de lui dire bonjour et de repartir furent réduites en poussière quand elle ouvrit la porte et il aurait du le savoir; Eamon aurait du savoir que ça ne serait jamais assez de la regarder passer dans la rue sans avoir le besoin irrépressible de changer de trottoir pour forcer une rencontre. Que Violett existe dans le monde sans qu’il ne soit plus jamais autorisé à l’approcher, à la toucher, à la sentir.. C’était pire que la torture, c’était bien pire que les poings d’Easton lui écrasant la mâchoire et le visage de l’officier supérieur dégueulant de déception à son égard. C’était pire que tout de savoir qu’elle foulait le même sol que lui, mais de devoir se contenter de marcher dans les traces de ses semelles, plutôt que de l’obliger à s’arrêter en croisant son chemin. Violett était ici, mais il voulait y être aussi. Se contenter d’un regard échangé, de quelques mots sans aucun sens, ce n’était pas lui, jamais.
Il avait vécu ces quatre dernières années avec des regrets, avec des souvenirs et la douleur n’avait fait que grandir encore un peu.. Il s’était imaginé, pauvre sot, que vivre dans le passé serait toujours plus douloureux que d’imaginer le futur, c’était avant de se trouver sur ce palier, de sentir ses doigts effleurer les siens, des picotements insensés à leurs extrémités … Et de voir la porte se refermer sur son nez.

Comment lui en vouloir ? Surement que s’il avait été à sa place, il n’aurait même pas ouvert la porte en premier lieu, en vérifiant l’identité de l’autre à travers le judas. Eamon devait déjà se trouver honorer qu’elle ait ouvert, pourtant il avait espéré faire un pas en avant et non deux en arrière pour s’éviter une collision avec le rempart.. Cette porte aux accents de mur en béton armé qui le séparait de Violett. Du pardon. De l’avenir. Y avait pas seulement son passé de l’autre côté, y avait aussi sa chance de rédemption, son espoir de mieux, un avenir plus agréable. Et cette porte l’empêchait d’y parvenir. Alors il hésita. Lui qui se targuait d’être du genre assuré, à foncer tête baissée n’importe où et se foutre des dégâts, il fut pris d’une incertitude douloureuse; voulait-elle qu’il la laisse ? Qu’il s’en aille et ne revienne jamais ? Il l’avait fait une fois, il saurait le refaire.. Normalement. Pas sûr. A mesure qu’il hésitait, Eamon fit quelques pas supplémentaires en arrière, prêt à partir si elle ne rouvrait pas, s’arrêtant par intermittence, pas de souris pour s’éloigner le moins possible de son objectif. Aussi il cacha assez mal son soulagement quand elle rouvrit, absence de sourire sur ses lèvres qu’il avait tant baisé, un doigt effleurant son bras quand il se rapprocha, trop heureux d’avoir eu le courage, ou la témérité, de rester.

« Pas d’soucis.. Ma mère m’a aussi appris à ne pas laisser entrer les.. indésirables.. » Esquisse d’un sourire factice, il lui passa devant et leva le nez pour observer le salon, faussement intéressé par la décoration, plus ennuyé en réalité de découvrir une veste d’homme pendu à un porte-manteau. Il avait bien entendu qu’elle appelait un autre prénom, mais il pensait.. A quoi pensait-il ? Nigaud. Evidemment qu’elle avait du se trouver quelqu’un d’autre, qui ne l’aurait pas fait. N’importe qui valait mieux qu’Eamon de toute manière. Il ne dit rien, ravalant sa rancoeur et sa jalousie mal placée, la regardant évoluer dans la pièce comme si elle la possédait du sol au plafond, en passant par tout ce qui s’y trouvait, Eamon y comprit. Il baissa le regard vers elle alors qu’elle s’installait, lui restant debout incapable de vraiment se sentir à l’aise. « Illusion d’optique, j’me tiens juste plus droit. » Il envoya un clin d’oeil, par réflexe, avant de se retenir de se baffer. Si Violett avait quelqu’un dans sa vie désormais, Eamon devait arrêter ses gestes mal placés et ce besoin continuel de flirter avec elle.. Plus facile à dire qu’à faire. « Rien merci. » Menteur. Y avait bien une chose dont il avait envie, depuis si longtemps qu’il commençait à s’habituer à la sensation de manque et de désir. Son regard en dit long, sans doute bien plus qu’il ne voulut se le permettre, mais il ne détourna pas la tête pour autant.

Il l’ignorait. Ce qu’il faisait là ? Rien. Tout à la fois. Son coeur lui fit mal, douloureux organe qu’il rêva de s’arracher pendant quelques secondes avant de s’asseoir sur le fauteuil de libre, à l’opposé de celui de Violett, pour mieux la regarder mais aussi pour se tenir éloigné de la tentation. « Parce que j’en avais envie.. Ouais j’crois que c’la meilleure réponse. J’suis là, ici, parce que j’en avais envie. » Il baissa les yeux vers son t-shirt, joua un peu avec avant de relever le nez vers elle, souriant. « C’est ce dont j’essaie de me convaincre tout les jours.. En tout cas toi.. T’as l’air fatiguée non ? » Quoique ça aurait été difficile à dire; même fatiguée, Eamon continuait de la voir magnifique. Putain de contre-temps. Quatre ans. Quatre petites années et il avait l’impression de devoir tout reprendre à zéro.. D’être une vulgaire connaissance revenue d’un voyage de cent ans..

   
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Jeu 25 Juin - 20:10



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Eamon & Violett
« Eamon je t’aime. Ne pars pas. » Il avait hoché la tête en la rassurant que non il ne partirait pas, puis quelques mois plus tard, il avait disparu de la circulation. Violett avait d’abord pleuré comme une hystérique, aussi fragile qu’elle avait toujours été, pendant plusieurs jours. Mais il lui avait dit qu’il reviendrait. Alors, le premier de chaque mois, elle espérait le voir revenir, elle avait même été sonner chez le général pour transmettre des messages. A chaque fois qu’il ne venait pas, elle pleurait encore et à chaque représentation qu’elle terminait, elle continuait de plus belle en ne le voyant pas dans la salle. Un soir pourtant, le fameux soir où elle avait décroché son premier rôle de soliste pour interpréter Odette, cette créature qui demeure cygne le jour et femme la nuit, elle avait cru le voir. Oui, elle avait cru l’apercevoir dans la foule et elle l’avait cherché du regard longuement avant de l’avoir définitivement perdu. Elle avait cru, l’espace d’un instant, reconnaitre la tignasse brune d’Eamon, sa mine insolente et son regard intense. La seule chose, était qu’elle avait trop de fois confondu des visages en espérant qu’il s’agisse de lui. Et au final, elle s’était résignée et avait cessé de pleurer pour laisser place au silence. Elle eut peur un instant, qu’il soit prisonnier, ou mort. Alors, elle avait à nouveau dérangé le général pour savoir si nouvelles ou pas, il allait bien. On lui avait apprit que oui il allait bien. Violett était très vite arrivée à la conclusion qu’elle avait essayé d’enfouir au plus profond de son crâne à la seconde même où il était partit : il l’avait délibérément laissé tomber. Etrangement, Violett n’avait ni sombré dans la colère, ni dans la rancœur.

Elle avait simplement apprit la nouvelle comme s’il avait s’agit de quelque chose qu’elle savait depuis le début. Comme si cela ne l’avait même pas étonné le moins du monde. Eamon était un esprit libre, il l’avait toujours été, elle ne l’avait jamais blâmé pour cela. Cependant, elle avait cru, qu’ils étaient plus fort que tout cela, qu’ils étaient différents. Violett savait qu’Eamon était et resterait indéniablement le plus grand amour de sa vie, et si elle avait bien passé deux ans célibataire sans réussir à faire confiance à qui que ce soit, elle avait tenté par deux fois de recommencer. Sans grand succès. Seyton n’avait été qu’une pâle copie de ce qu’était Eamon. Magnifique, grandiose, inconscient de son potentiel et de la personne unique qu’il était. Monaghan avait été le premier et il resterait le dernier. Au final depuis un peu moins d’un an à présent, Violett restait déterminée à écarter toute possible aventure sentimentale. Elle savait qu’un jour, il faudrait cesser toutes ces bêtises, arrêter de se morfondre en se ressassant ses histoires d’amour désastreuses et toxiques. Mais elle n’avait pas le temps pour cela, elle était déjà bien trop malade, folle et seule. A part lorsqu’Ashley restait avec elle. Là, elle pouvait se dire qu’elle ne l’était pas vraiment, et qu’il y avait bien quelqu’un dans cette ville qui se souciait d’elle. « Tu es loin d’être indésirable, crois-moi. », se contenta-t-elle de lui dire une pointe d’audace dans la voix. La voilà qu’elle flirtait et rougissait comme une gamine. A vrai dire, cela faisait tout de même un petit moment que Violett n’avait séduit personne, et Eamon avait toujours eu la faculté de la rendre toute petite et intimidée, malgré lui et malgré elle.

Il refusa ses propositions. Soit. Violett alla se chercher un verre d’eau à la cuisine, histoire d’avoir quelques minutes pour se recentrer. La jeune fille mouilla ses mains et inspira profondément avant de retourner au salon, son verre d’eau fraiche à la main. Elle déglutit difficilement, elle avait vraisemblablement la gorge noué par un nœud très solide. Le voilà qui continuait à parler. Violett ne pouvait s’empêcher de penser qu’il était irréel, tout chez lui, lui semblait éphémère. Elle avait l’impression qu’il allait s’évanouir dans un nuage de poussière et qu’elle allait se réveiller, déçue encore une fois d’avoir rêvée de lui sans que rien ne soit réel. Mais il l’était ce matin. Violett fut légèrement piquée au vif, elle avait besoin de savoir. « Pourquoi tu n’as pas eu envie de revenir avant aujourd’hui ? », lui demanda-t-elle en tremblant un peu. Pas une seule pointe de reproche dans sa voix, mais plus un réel besoin de savoir avant de se rendre compte que tout ce temps était révolu et que ce n’était pas en se comportant comme un flic qu’elle allait apaiser la tension qui règnait dans la pièce. « Oh et puis après tout… tu n’as pas besoin de te justifier de quoique ce soit, oublie vite ce que j’ai dit. », laissa-t-elle finalement tomber en examinant le t-shirt d’Eamon. Peut-être fallait-il qu’elle arrête de le fixer comme cela, il allait la prendre pour une folle à la fin.

Le sous-entendu qu’elle redoutait. Oh non, si il y avait bien une personne à qui Violett se serait passé de justifier son étât, c’était bien Eamon. Bien sur, elle n’avait jamais envisagé cette situation une seule seconde auparavant. Croisant les bras pour éviter de montrer qu’elle tremblait toujours, Violett s’efforça de sourire un peu, « Je suis fatiguée oui. Pour tout te dire je suis à bout. Je prends des cachets pour aller mieux mais avec le ballet c’est difficile, vu que depuis le temps, mais je pense pas que tu sois au courant, j’ai intégré le ballet royal au final. Je fais l’aller-retour Londres-Painswick tous le temps, du coup j’ai un collocataire. », s’empressa-t-elle de justifier. Oui, des ‘cachets’, euphémisme bien facile pour dire : T’en fais pas Eamon je prends de la cocaïne de temps en temps pour assurer mes rôles, mais du coup ça me rends dépressive morbide, pas de problème. Lui parler du ballet lui permettrait de détourner la discussion avec un peu de chance. Elle n’avait pas vraiment envie de lui parler de son succès pour lequel elle sacrifiait sa santé tous les jours, mais d’un autre côté peut-être qu’elle avait envie de partager avec lui des choses qu’il avait manqué. Autre chose avait retenu son attention. Eamon essayait donc de se convaincre que l’armée avait été un bon choix pour lui. Regrettait-il d’être partit ? Violett s’avança sur le bord du fauteuil et se pencha pour regarder Eamon dans les yeux, « Est-ce que tu vas… rester ? »





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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Sam 4 Juil - 18:10

ft. Violett & Eamon

   

   
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Il était parti. Il avait bafoué sa promesse, quand bien même il se souvenait clairement avoir croisé les doigts dans le dos, le jour où il avait clairement dis à Violett qu’il ne partirait pas, qu’il en était pas capable de toute manière et que même s’il le faisait, il se le pardonnerait jamais. C’était pas faux. Aux yeux de tous, surtout des proches de Violett, il était le coupable, le traître, le faiblard, celui qui était parti sans se retourner, sans rien d’autres que quelques mots gribouillés de son écriture dégueulasse sur un papier arracher à la va-vite. Même aux yeux de la jeune femme il ne devait pas être plus que ça et pourtant il désespérait qu’elle comprenne, qu’elle sache à quel point il lui avait fallu faire preuve d’un courage incroyable pour réussir à écrire ces quelques lignes, qu’il avait raturé un nombre incalculable de fois, parce qu’il trouvait pas les mots exacts pour expliquer son acte et qu’au final les mots qu’il avait laissé n’avaient pas plus de sens que les précédents. Du moins pendant les deux premières années ça l’avait bouffé, qu’elle sache, qu’elle apprenne qu’il avait du s’obliger à prendre de grandes inspirations pour ne pas tourner les talons et revenir en courant, avant qu’elle trouve le mot. Maintenant, il se sentait moins coupable, parce qu’elle avait su se servir de son absence pour devenir quelqu’un de plus grand qu’eux deux et aussi parce qu’il savait lui, il savait tout ce qu’il avait du lutter pour ne pas frapper à sa porte, pour ne pas lui sauter dessus en allant la voir, encore trop morfond pour oser lui faire signe, lui dire qu’il était là, toujours, qu’il savait tout. Qu’il la regardait, de loin, qu’il apprenait ses projets, qu’il découvrait ses talents, qu’il s’était mis à lire le journal dans l’unique de but de pouvoir trouver un article parlant d’elle. Misérable. C’était cet air serein, habituée aux regards et aux acclamations, qu’elle affichait qui l’avait poussé, cette seule fois, à disparaître dans la foule pour de bon, à ne plus revenir, parce qu’elle s’était élancée dans une ascension qu’il avait peur de freiner. Parce qu’Eamon était un frein à tout; au bonheur, à la tranquillité, à la réussite, à la vie. Ca avait commencé au sein de sa propre famille et il avait fallu qu’il salisse Violett de son misérabilisme, de sa tendance au suicide social. A ses yeux, il lui avait fait une énorme faveur en s’en allant, il s’en rendait compte en lisant la presse et en regardant les murs du salon, encore espérait-il qu’elle s’en était aperçue elle aussi. Assez, peut être, pour lui pardonner.

Eamon espérait pas tellement une réconciliation, ni à ce qu’elle se jette dans ses bras après un simple « désolé » qu’il aurait articulé s’il était capable d’un peu de franchise, plutôt que de se cacher derrière son insolence coutumière. Il espérait juste qu’elle le voit, qu’elle sache qu’il était là et que maintenant qu’il était rentré, avec un véritable avenir, une stabilité encore novice certes mais suffisante pour ne plus sombrer… Il voulait juste qu’elle le voit, au lieu de le regarder et cette différence-là signifiait énormément à ses yeux, ce même s’il n’était pas certain de clairement la comprendre. Tout ce qu’il avait saisi, pendant quatre longues et douloureuses années à réfléchir - du moins autant qu’il le pouvait - c’était que sa vie, sans Violett dedans, ce n’était pas aussi bien qu’il le croyait. Lui sans elle, c’était rien, ou pas grand chose. Et c’était peut être pour ça qu’il n’avait même pas cherché à rencontrer d’autres filles pendant ce laps de temps, c’était pourtant pas faute des copains d’essayer de le sortir ni de son charme d’être inefficace, mais il avait mis tellement de temps à essayer de passer à autre chose, en vain, qu’une autre n’aurait fait que lui rappeler qu’elle n’était pas Violett. Et, partant de ce constat, aucune fille ne serait jamais elle, alors ça ne valait pas la peine et tant pis s’il devait finir vieux et con, décrépi et abandonné, dans une vieille baraque mangée par les mites et les cafards, à la regarder de loin en s’imaginant que de simplement la voir heureuse suffirait à son propre bonheur. Par chance il n’en était pas encore là et même si Eamon n’était pas le type le plus optimiste de la Terre, il essayait de se convaincre qu’il y avait peut être une infime possibilité que les choses redeviennent ce qu’elles étaient, tant pis s’il devait passer par un autre statut que celui d’homme de sa vie. Juste être dans sa vie, ça devrait pouvoir lui suffit.

La question le coupa dans son imaginaire; d’un regard sur sa silhouette, il retint un frisson en se souvenant à la perfection de son allure dans le plus simple appareil et rien que ça, il dut prendre sur lui pour rester le plus neutre possible. Une chance que son entrainement militaire ne se soit pas totalement perdu malgré ses quelques ratés. « Pas eu envie de revenir ? Oh tu dois te foutre de moi, non ? Il sourit, manqua de se frapper la cuisse comme si on venait de lui balancer la meilleure vanne du siècle. Je me justifie jamais de rien, mais y a pas un jour sur ces 1 460,9688 jours où j’ai pas eu envie de revenir. Se penchant un peu en avant, il agita légèrement la main dans l’air, comme pour compter dans le vide. Et tu peux vérifier mais quatre années, en jour, ça fait bien ce compte-là. » Il sourit, satisfait non seulement d’avoir retenu une information qui paraissait inutile aux yeux de tous, mais qui aux siens avaient été d’une importance capitale. Il se souvenait encore des calendriers, aux jours barrés, qui trainaient sur son bureau et qu’il avait, d’ailleurs, oublié en partant. Croisant une jambe sur l’autre, il enfonça ses doigts dans sa cheville, pour s’obliger à rester là, sans bouger, à deux doigts de se dire qu’il lui faudrait peut être même arrêter de respirer. Parce que de toute façon, dès qu’elle parlait, il s’obligeait à ne plus faire de bruits, juste pour être bien sûr qu’il ne rêvait rien de ce qu’il se passait et qu’elle était bien là, en face de lui et que s’il se penchait un peu et tendait la main, il pourrait la toucher. Quoiqu’il n’avait pas besoin d’un contact physique pour se souvenir de la douceur de son grain de peau.

« Je suis au courant. » Il avait presque répondu sur la défensive, incapable de savoir si c’était par peur qu’elle pense qu’il se fichait de sa vie ou pour montrer qu’il savait des choses.. Eamon roula les yeux, se focalisant sur le plancher avant de frotter légèrement sa basket, histoire d’essayer de reprendre contenance pour finalement se contenter de sourire et relever les yeux vers elle. Il savait. Et il voulait qu’elle sache qu’y avait pas une chose sur elle qui lui avait échappé, ou du moins c’était ce qu’il pensait avec conviction. « Et je suis fier de toi. Ca sonnait mal, comme s’il avait assez de légitimité pour avoir de la fierté concernant les prouesses de Violett. Il se mordit l’intérieur de la lèvre. Je veux dire que.. De toute manière, avec ton talent et ta volonté, y a pas une chose que tu réussirais pas. Je crois que c’est ce que j’aime le plus chez toi, t’es forte. » Il en fallait bien un sur les deux, se dit il, essayant encore de se convaincre que la laisser seule avait été la meilleure chose.. Et dans un élan de mimétisme, il se pencha lui aussi en avant, le regard dans celui de Violett, les mains jointes pour occuper ses mains. « Chez toi ? J’sais pas si l’colloc apprécierait. Armé de son clin d’oeil, il reprit, un peu plus sérieusement. C’était un peu ce que j’avais en tête de t’annoncer avant de me faire claquer la porte au nez.. J’aurais du prendre des ballons avec moi pour faire plus d’effets peut être.. Enfin.. Je suis rentré, Violett. » Et il ignorait ce qu’il espérait avec ça. Ou du moins, il essayait de cacher tout ce que ces quatre petits mots signifiaient, parce que depuis le début de la conversation, il n’avait pas prononcé son prénom une seule fois et que le simple fait de l’articuler.. Il se rendait compte de tout l’effet que ça lui faisait.
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Jeu 16 Juil - 9:28



❝Would you lie with me and just forget the world? ❞
Eamon & Violett
Devait-elle sauter de joie ou plutôt fondre en larmes ? Telle était la question. Eamon avait l’air d’avoir changé. Non, Violett il n’a pas changé arrête de vivre dans un conte de fée et d’être aussi stupide qu’une simple d’esprit, lui chuchotait sa raison de son épaule gauche. Mais regarde-le, il a compté les jours et il est là aujourd’hui, ce n’est pas romantique ça ?, lui susurrait son cœur qui battait beaucoup trop fort. D’un côté elle ne pouvait s’empêcher de se dire qu’Eamon l’avait laissé tomber et qu’il ne suffisait pas de venir la bouche en cœur en sous-entendant qu’il était là pour elle pour tout effacer. C’était trop facile. On lui avait assez dit qu’elle ne devait pas s’approcher de lui, qu’elle aurait du rompre la première, qu’il ne faisait que de lui faire du mal. Mais elle était loin d’être à blâmer pour les erreurs qu’il avait faites. Il n’était pas à punir pour les siennes non plus d’ailleurs. En réalité, elle était désolée pour tout. D’avoir purement et simplement dédaigné l’avis des autres, d’avoir lutté pour une cause perdue, de s’être mise dans un état pas possible depuis qu’il n’était plus dans sa vie. C’était juste qu’elle l’aimait beaucoup trop. Tout ce qu’il avait pu faire, dire ou était sur le point de provoquer, importaient peu. A défaut d’être raisonnable Violett savait qu’elle pouvait au moins être honnête avec elle-même. Violett se contenta d’esquisser quelques fins sourires tandis qu’Eamon lui disait qu’il savait pour sa carrière et qu’il était fier d’elle. « Moi je n’ai rien pu savoir sur toi. », lui dit-elle sans pour autant lui reprocher, elle avait simplement envie qu’il lui raconte. Elle l’écouta la complimenter encore ce qui lui arracha un dernier sourire triste.

Cela lui glaça le sang. Il l’idéalisait tellement, il l’avait toujours fait. Si à l’époque elle avait effectivement été en pleine ascension, tout était différent aujourd’hui. A présent, elle comptait les jours qui lui restait avant de complètement perdre la face. La jeune fille leva la tête et joigna ses mains pour ne pas trembler. « A quel prix, Eamon. », chuchota-t-elle en baissant la tête. Elle était honteuse, si honteuse qu’elle se jura intérieurement de ne jamais lui révéler quoique ce soit sur les raisons de son état. Jamais, ô grand jamais, elle n’avait pensé devoir un jour se justifier devant Eamon. Surtout pas lui. « Tu sais, les choses ont changé. J’ai l’impression d’être aussi usée qu’une vieille femme de quatre-vingt-dix ans. Je ne pensais pas déjà faner à vingt-deux ans », se prit-elle a plaisanter. Violett passa sa main sur son chignon et le resserra, consciente qu’elle devait garder ses mains occupée si elle ne voulait pas avoir l’air d’une névrosée devant Eamon. Surtout qu’il avait tout du genre de personne qui remarquait la moindre petite chose chez elle. Il fallait dire qu’elle était plutôt transparente, loin d’être impassible et si forte qu’il le disait. Violett était faible, sensible et plus perdue que jamais, de plus sa présence ne l’aidait pas le moins du monde. La jeune brune baissa à nouveau la tête quand il se pencha vers elle. A en voir ses joues qui avaient rosies à une vitesse fulgurante, elle se sentait à présent toute chose d’être à une telle proximité de celui qui lui manquait depuis tant d’années. Elle osa lever les yeux vers lui, et se mordit la lèvre. Eamon avait toujours été beau, c’était indéniable, il faisait craquer toutes les filles ça c’était un fait aussi.

Violett s’était toujours dit qu’Eamon n’était pas le genre de beau garçon type sur lequel on fantasme lorsqu’on est adolescente. Il avait sur le visage cet air à la fois insolent et  séducteur malgré lui qui le rendait irrésistible à ses yeux. C’était comme avoir l’impression que rien ne pouvait vous faire de mal ni vous vous atteindre quand on était avec lui. Eamon Monaghan reflétait à lui seul à la fois la sécurité, le danger, l’impossible et l’inconnu. « Ne fais pas l’idiot. Et puis, Jett est très gentil, c’est un ancien militaire lui-aussi. », se contenta-t-elle de dire pour noyer le poisson et éviter de dire des bêtises en rentrant dans un son petit manège. Je suis rentré, Violett. Le sourire de la jeune fille s’estompa peu à peu, comme si elle essayait tout doucement de se concentrer pour comprendre la réelle signification de ce qu’il venait de dire. Violett le fixa longuement, la bouche entrouverte comme s’il s’agissait d’un choc énorme et qu’elle ne s’y était pas attendu. Alors que si bien sur, à la minute même où elle avait réalisé qu’il s’agissait bel et bien de lui, elle n’avait pas arrêté de se demander si il était de retour pour de bon ou s’il avait simplement voulu venir lui dire bonjour. En y réfléchissant plus sérieusement, il était plus ou moins facile de deviner qu’il n’était pas venu chambouler sa vie comme ça un beau matin pour simplement venir boire un café matinal. Violett répéta la phrase plusieurs fois dans sa tête avant de prendre un air plus grave. « Et qu’est-ce que je fais de ça, moi ? », lui demanda-t-elle en le fixant avec intensité. « Qu’est-ce que c’est supposé vouloir dire ? Que tu es rentré à Painswick ? Que tu veux revenir dans ma vie ? Que tu veux simplement prendre contact ? », lui demanda-t-elle presque à centà l’heure tandis qu’elle se levait pour faire les cent pas. Non, c’était trop facile, il ne pouvait pas faire ça, il ne pouvait pas la laisser dans le doute comme cela en lui provoquant des ascenseurs émotionnels plus horribles les uns que les autres.

Des larmes roulèrent sur ses joues sans qu’elle ne pleure pourtant,  mais elle était assez perturbée en ce moment pour savoir qu’elle n’aurait pas réussie à contenir ses émotions toute la matinée. « On dirait que tu as été le seul à souffrir, comme si tu avais été exilé, alors que c’est toi qui NOUS a infligé ça, Eamon. Il peut se passer énormément de choses en quatre ans, et il s’en est passé, crois moi, alors pour une fois épargne-moi toutes tes devinettes et tes phrases à double-sens parce que je n’ai vraiment pas la force de supporter ça, ni l’envie de devoir lire entre les lignes. », finit-elle par dire avant de retomber à nouveau sur le canapé. La jeune fille enfouit sa têtes dans ses mains, et sanglota un peu avant de se ressaisir, « C’est juste que… tu m’as tellement manqué. J’ai cru mourir ». Violett essuya ses larmes et se mordit les lèvres d’avoir l’air aussi pathétique devant Eamon, lui qui n’avait jamais aimé qu’on pleurniche. Ce qui était sûr c’est qu’après une scène comme cela, son envie de revenir allait sûrement passer, bravo Violett. Mais, elle ne pouvait pas nier que quand Eamon était là, tous ses sentiments étaient plus extrêmes et décuplés. Ne pas l’avoir vu en face pendant des années n’arrangeait en rien les choses.




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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Jeu 30 Juil - 13:10

Eamon Monaghan a écrit:
ft. Violett & Eamon

   

   
I don't quite know how to say how I feel

   
Eamon se tenait là, dans un salon qu’il ne reconnaissait pas, pour n’y avoir jamais mis les pieds, mais devant cette femme - parce que ça se lisait aisément, dans ses traits, que Violett avait laissé la jeune fille qu’elle était derrière elle - qu’il avait espéré tant de fois revoir.. La seule chose qui différenciait de ses espoirs, de ses rêves même, c’était qu’il n’avait pas la sensation d’être réellement là, comme si la réalité était bien moins réelle et, surtout, réaliste que ses délires et ses illusions. Le regret, aussi, n’était pas loin et Eamon ne pouvait en vouloir à personne d’autre que sa propre personne, parce qu’il l’avait voulu. Il avait, de son point de vue, assez attendu pour enfin mériter cette récompense, ce don supposé le féliciter d’avoir tenu quatre années, douloureuses, à ne la regarder qu’à travers de la glace, du papier, une foule. C’était ce qu’il voulait, non ? L’avoir enfin face à lui, sans les artifices de la gloire, sans la foule oppressante qui l’avait repoussé, qui l’avait empêché de commettre l’erreur de revenir plus tôt, trop tôt, sans avoir eu assez de bagages avec lui pour devenir un autre, pour devenir mieux. C’était ce qu’il voulait, mais il n’avait pas forcément cherché à savoir si c’était ce qu’elle, elle désirait, de l’avoir face à elle, avec son sourire narquois et ses moues charmeuses, ce regard larmoyant de celui prêt à se jeter à terre pour qu’on accepte de lui redonner une place qui lui revenait de droit. Son trône. Qu’espérait-il ? Eamon n’était pas un roi, il n’était pas indispensable à la vie de Violett et tout ce qu’il apprenait sur elle le lui rappelait, violemment, brutalement au point de sentir son coeur se serrer chaque fois qu’il la regardait. Tu l’as perdu, arrête de t’accrocher. Oui mais si je pars maintenant, ce sera réellement terminé.. J’ai encore une chance. Est-ce que c’était l’intuition de pouvoir encore percé les lignes, atteindre ce coeur qu’il soupçonnait avoir brisé en s’enfuyant bêtement, ou la folie d’espérer avec déraison. Comme un fou. Et il comprenait l’erreur de son acte, de son apparition là, ici, au milieu de ce salon, de ce cocon qu’elle avait crée en son absence et qu’il salissait par sa seule présence. Eamon n’avait pas pensé aux conséquences, il ne songeait jamais aux répercutions de ses actes, en ça, au moins, il n’avait pas changé. C’était plus facile de foncer dans le tas, de s’écouter, plutôt que d’entendre les autres, d’entendre ce qu’ils avaient à dire, ce qu’ils songeaient, voulaient.. Pourtant Violett n’était comme les autres, il le savait, l’avait toujours su et en agissant comme il le faisait, il lui retirait des droits qui lui revenaient naturellement. Ceux de savoir. « Tu peux, maintenant.. Demande moi ce que tu veux, tu mérites bien de savoir.. » Et plus encore. Il l’idéalisait peut être, ou il était si aveuglé par ses sentiments, toujours vivaces, pour elle qu’Eamon était capable de mettre de côté l’étrange sensation provoquée par ses aveux soufflés à mi-mots. Il ignorait tout ce qui s’était passé dans sa vie, avec précision, n’ayant pu grailler que quelques informations ça et là, pour se tenir au courant et garder un oeil, mais il avait l’innocence suffisante pour fermer les yeux et garder le silence, se contentant d’un de ces sourires qu’il croyait assez fort pour soigner tout les maux et taire toutes les craintes, à tort très certainement. La seule chose qu’il arrivait à se répéter, c’était qu’il était, quelque part, impatient de connaître cette Violett là, celle de quatre-vingt-dix ans, si cela signifiait qu’il était à ses côtés tout ce temps. Ca parut stupide et niais, mais il y avait des choses qu’Eamon n’était pas capable de se cacher, ni de cacher aux autres et ce désir permanent, qui ne le quittait pas depuis cette descente de bus des années plus tôt, où elle avait soufflé son nom avec tant d’innocence et de douceur, c’était que Violett était son futur. Elle avait été son passé, il voulait qu’elle devienne son présent et il avait certitude que, d’une façon ou d’une autre, elle ferait partie de sa vie pour le reste. C’était égoïste, mais Eamon était certain d’être le seul capable de l’aimer comme elle le méritait, bien mieux que les autres, plus fort et plus sainement que par le passé. « Je suis certain qu’il l’est. » Parce que peu importe qui pouvait être ce Jett et combien Eamon n’avait pas envie de le rencontrer, la seule raison pour laquelle Violett avait pu lui faire confiance, assez pour qu’il vienne vivre avec elle, c’était qu’il devait être quelqu’un de bien.. Quand bien même il vivait avec Violett et que ce simple constat mettait Eamon assez mal à l’aise, pour ne pas dire que cela le rendait jaloux.

Mais il était de retour. Il était rentré et cela devait suffire.. à qui ? Pas à Vio’ apparemment, parce que sa réaction n’avait rien à voir avec toutes celles qu’il avait pu s’imaginer, dans ces moments de solitude où, allongé sur son lit, il s’imaginait cette situation. Il releva les yeux vers elle, surprit et un peu coupé dans sa réflexion, partant déjà dans un discours à la con pour reconquérir son coeur, qu’il avait commencé à imaginer avant même qu’elle ne réagisse. Qu’elle ne se lève et se mette à faire les cent pas, visiblement chambouler par son annonce, sans doute bien plus qu’il ne l’était lui-même de le lui avoir annoncé. Cela voulait-il dire qu’elle était heureuse, malheureuse, énervée ou dérangée par ce qu’il venait de lui dire, par ce que son retour pouvait signifier ? Eamon resta la bouche entrouverte, secouant la tête sans savoir quoi répondre avec précision, ignorant lui-même ce qu’il espérait que sa nouvelle adresse dans les environs signifie pour lui, pour elle, pour eux.. Si ce ‘eux’ existait encore. « J’ai pas été aussi loin dans ma réflexion .. Je crois que je voulais juste que tu saches.. » Il se coupa, ou plutôt elle le rappela au silence en reprenant son monologue, des larmes coulant sur ces joues qu’il aurait voulu caresser du pouce pour les effacer. Sans trop le remarquer, il s’était relevé lui aussi, le regard figé sur elle. Il fronça les sourcils et secoua la tête avant de tendre la main pour l’obliger à sa taire un peu, soit parce qu’il devait faire face à trop d’informations, soit parce qu’il ne supportait pas ce qu’elle lui envoyait au visage et qu’il savait pertinemment; mais entre savoir et entendre, il y avait tout un monde. « Non j’ai pas été le seul à souffrir, mais justement.. Parce que je suis celui qui est parti, ne signifie pas que je n’ai pas souffert pendant ces quatre années. Et justement, parce que je suis parti ne signifie pas que je n’ai pas le droit, moi aussi, d’avoir souffert! C’était à lui maintenant de tourner en rond. On dirait que c’est facile pour tout le monde de me donner le mauvais rôle. Mais regarde moi dans les yeux et oses me dire que le fait que je sois parti ne t’as pas rendu service.. oses me dire que t’aurais continuer à me sortir de la merde à chaque fois, que tu m’aurais laissé te tirer vers le fond sans broncher. Parce que moi je me serais jamais pardonné de t’enterrer dans mon trou, alors ouais j’suis parti, ouais.. Et même si tu me crois pas, j’l’ai fais pour toi Vio’. Pour nous. » Il s’arrêta de tourner pour se rapprocher d’elle, s’accroupissant près de l’accoudoir, les mains appuyées sur la matière, les jointures blanches à force de crisper les doigts. « Tu veux de l’honnêteté, sans devinettes ni rien ? Tu m’as manqué aussi Violett, terriblement. Je me suis accroché ces quatre dernières années que parce que je savais que je te reverrais au final. Et tant pis si, comme tu dis, beaucoup de choses on pu se passer ou changer en quatre ans, je t’aime. Et ça changera pas, peu importe ce qu’il a pu se passer. Peu importe si tu me veux en-dehors de la vie que tu mènes maintenant. » Il se redressa, s’éloignant déjà. « Je suis revenu, c’est tout. Ce que tu veux faire de cette nouvelle, c’est toi que ça regarde. Je suis venu pour que tu le saches, maintenant que tu sais, je te laisses décider de ce que tu veux en faire, mais je suis là, Violett. Et je partirai plus. » Il voulait partir de là, s’enfermer chez lui et se terrer sous son lit pour se cacher, mais ses pieds s’étaient vissés au plancher, le regard rivé sur elle, si minuscule dans ce fauteuil trop grand. Sa Violett.
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Violett Dashwood
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett   Mer 12 Aoû - 11:15



❝Would you lie with me and just forget the world? ❞
Eamon & Violett
Il était tout pour elle. Encore aujourd’hui. C’était comme si elle avait mit sa vie en parenthèse en attendant qu’il lui revienne. Pourtant, rien n’était simple, rien ne l’avait jamais été. Elle l’avait cru un instant quand elle s’obstinait à vouloir laisser faire les choses, sans se soucier du lendemain, ni des conséquences. Mais Violett Dashwood n’était pas de celles qui vivent au jour le jour, et la réalité l’avait bien vite rattrapée, la tirant de toutes ses forces vers ses abysses, sans qu’elle ne puisse lutter. C’était comme un sable mouvant. Plus elle se débattait pour se dépêtrer de cette situation, plus profond elle s’enfonçait, jusqu’à ne plus pouvoir respirer. Respirer. Justement, il fallait qu’elle respire, parce qu’Eamon lui coupait le souffle à chaque fois qu’elle le regardait, à chaque fois qu’il ouvrait la bouche. Il était de ceux qui avaient un tel charisme que n’importe qui aurait pu lui donner le bon dieu sans confession. Violett ressaisis-toi, tu as assez lutté pour l’oublier, que te faut-il de plus pour prendre les jambes à ton cou ? Oui, mais son cœur le connaissait bien, pas sa raison. Eamon et raison n’était pas compatibles pour sa petite personne et elle le savait. Et les deux sentiments qu’elle ressentait constamment quand elle se retrouvait face à lui se battaient inlassablement dès leur première rencontre. Qui pourrait la juger ? Personne, bien sur. Pourquoi allait-elle passer ? Pour la faible, stupide jeune Dashwood qui accepte de reprendre son amour de jeunesse après qu’il l’ait lâchement abandonné. Et alors ? Elle n’était pas plus pathétique que la mère Princeton et ses amants, que le vieux Whitaker et son chien malade, ni que la fille Riley et ses robes trop courtes. Qu’ils aillent tous au diable, elle ne rendrait de compte à personne. Alors, Eamon lui donnait la permission de lui demander tout ce qu’elle voulait savoir. Evidement, la première question qui lui vint en tête fut de lui demander si il était sortit avec d’autres filles, chose qu’elle se ravisa de demander presque immédiatement. C’était malpoli et elle ne voulait pas le savoir en fin de compte, elle était beaucoup trop jalouse de tout ce qui pouvait bien l’approcher à des fins plus qu’amicales. Et puis, elle ne voulait pas prendre le risque de devoir répondre à la question. Bien qu’il n’y ait eu que Chris, Violett ne pouvait pas s’empêcher aujourd’hui de se sentir honteuse et coupable. Comme si d’une certaine façon, elle l’avait trompée. A la façon d’une amoureuse de guerre trop pressée pour attendre le retour de son soldat. « Qu’est-ce que tu as fait là-bas ? Est-ce que c’était difficile ? Je veux dire, ça a du être intense physiquement pour toi. », lui demanda-t-elle, certaine de faire le bon choix. Puis, elle se risqua à poser la question. « Est-ce que… tu es revenu ici quelquefois ? » Ou plutôt, est-ce que tu es délibérément venu à Painswick sans jeter un coup d’œil par chez moi ?  Puis, elle avait craqué face à son discours, qui l’avait totalement fait perdre la face devant lui. Plus elle parlait, plus elle regrettait d’avoir l’air aussi fragile. Cependant, elle se tu quand il le lui intima, et resta là à l’écouter les bras croisés. Les larmes roulaient toujours sur ses joues blanches, tandis qu’elle se contentait de murmurer, la voix étouffée par les sanglots, « C’est pas ce que je voulais dire… ».

Faible et pathétique, mais pourtant elle ne pouvait pas s’en empêcher et elle avait le droit de pleurer, parce qu’après tout, qui ne l’aurait pas fait dans une situation pareille ? Ils avaient été séparés pendant quatres années, sans avoir la possibilité de s’expliquer alors forcément cet après-midi, Violett craquait devant lui. Elle pleurait aussi parce qu’elle ne pouvait pas nier le fait que son absence l’avait poussé à se jeter corps et âme dans la danse, et tout ça c’était horrible à admettre pour elle. Elle aurait aimé lui dire que, non, elle aurait réussi avec lui, qu’ils s’en seraient sortis tout seuls. Mais c’était faux, même si Violett pouvait le contredire sur une chose, elle ne l’aurait jamais quitté. Il ne fallait pas qu’il parte, il ne fallait pas qu’il la laisse encore, parce que s’il le faisait, elle ne pourrait pas le supporter et était certaine de se laisser aller pour de bon. Elle le regarda s’approcher de son fauteuil, pétrifiée par cette proximité qui lui semblait nouvelle. Pourtant, rien de ce qu’ils faisaient aujourd’hui n’était inédit. Elle risqua ses maigres doigts sur l’accoudoir, et effleura la main d’Eamon. Le contact froid de sa peau la fit tressaillir tandis qu’elle entendait des mots qui lui semblaient à la fois étrangers et familiers. Tout était soudain, violent et doux, agréable et effrayant, tout cela en même temps. Elle se contentait encore d’effleurer la peau d’Eamon, comme si elle avait tenté d’y lire quelque chose. Puis, elle s’évapora, cette main, alors elle la laissa glisser sous ses phalanges avant que ses doigts ne rencontrent le cuir de son fauteuil. Décider. Qui était-elle pour décider de quoique ce soit ? Elle était loin d’être supérieure à quiconque pour qu’il lui donne le droit de juger si oui ou non elle le voulait à nouveau dans sa vie. Les larmes séchaient à présent sur ses joues et ils se fixaient en silence, comme des statues de verre, conscients tout les deux qu’ils étaient au bord de la crise d’hystérie. « Tu ne voudrais pas de moi, si tu m’avais connu aujourd’hui. J’ai peur de tout. », laissa-t-elle tomber en repliant ses genoux contre sa poitrine. Parce que oui, elle oubliait le détail qui n’était pas des moindres et qui régissait sa vie, celui qui remettrait tout en cause. Comment réagirait Eamon en la voyait tantôt habitée d’une joie extrême, puis d’une peine inconsolable. Que dirait-il après qu’elle se soit réveillée en hurlant la nuit, que penserait-il en la voyant trembler comme une feuille au moindre geste brusque ? Pourtant, Violett se leva, et lentement glissa ses bras minces autour du cou d’Eamon, laissant reposer sa tête dans son cou. C’était là qu’elle devait être, en sécurité, dans ses bras à lui, là où personne ne pourrait lui faire de mal. Ni les critiques artistiques, ni les recruteurs hargneux, ni cette fine poudre traitresse qui se disait son amie. Elle se mit sur la pointe des pieds et murmura à l’oreille d’Eamon, « Je t’aime. Je n’ai jamais cessé de t’aimer, depuis la fois où tu as porté mon sac à la sortie du bus. » Puis, désireuse de lui montrer qu’elle ne voulait pas qu’il s’évanouisse à nouveau dans les airs, elle posa ses lèvres pâles au coin des siennes. Délicatement, comme le souffle du vent. Elle avait longtemps cherché, lors de ses nuits d'insomnie ce qui lui manquait, ce qui pourrait combler le vide qu'elle ressentait au creux de sa poitrine. Une solution à ses crises d'angoisses à son malheur incandescent, qui lui brûlait la gorge et les entrailles. Comme un trop plein d'émotions qu'elle voulait à tout prit laisser sortir, mais qu'elle était contrainte de garder en elle, sans ne pouvoir rien y faire. Qu'étaient les insomnies, les pleurs et la peur, quand Eamon était là ? Eamon, le pansement de ses blessures, le baume de tous ses maux. Le cœur de son cœur, l’âme de la sienne. Non, il ne saurait rien et si elle pouvait s’en sortir grâce à lui, elle le ferait, parce que rien, n’était plus vivant que ce qu’elle ressentait pour lui. Plus fort que la détresse insurmontable dans laquelle elle se noyait, toujours. Comme une naufragée, elle se raccrochait a Monaghan comme à une bouée de sauvetage, qui la maintenait à flot, du mieux qu'il le pouvait. Parce qu'il était là, il était le seul, et resterait le seul.




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Would you lie with me and just forget the world? :: Eamon&Violett

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