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 Draw me close to you [Evan]

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MessageSujet: Draw me close to you [Evan]   Lun 4 Mar - 1:10



Alecsand fut le premier à descendre de la Rolls-Royce noire aux vitres teintées qui s'était immobilisée devant la grande bâtisse de son enfance. Levant le nez en l'air pour apercevoir le bord du toit, le Manoir Herondale lui semblait encore plus haut que dans ses souvenirs. Il n'avait tellement pas envie de revoir cet endroit, d'y vivre de nouveau. C'était bête, parce qu'il n'avait qu'un seul mauvais souvenir qui lui était lié, mais c'était déjà trop. L'accident survenu juste à l'extérieur de ces murs avait annihilé toutes les joies qui l'avaient précédé. Il avait tout englouti.
Un discret éclaircissement de gorge le tira de sa contemplation maussade et il se retourna vers l'intérieur de l'habitacle du véhicule pour s'y pencher tout naturellement. Lorsqu'il se redressa, il portait entre ses bras habitués la frêle carcasse de sa sœur Maura. Les mains croisées sur sa nuque, la demoiselle jeta un regard presque dégoûté à leur maison familiale avant de faire pleuvoir son courroux sur son frère Ris qui tardait à amener son fauteuil roulant. Comme ce dernier était occupé avec Charly à l'extraire du coffre d'une seconde voiture et à le déplier, Alec raffermit sa prise sur la poupée aux jambes brisées avec toute la délicatesse du monde et progressa lentement vers la porte d'entrée. Le heurtoir en forme de tête de lion, symbole familial puisqu'il figurait sur les armes des Herondale, était un peu rouillé à présent. Jadis, il étincelait. « Passons par derrière » suggéra Maura d'un air tellement angélique qu'on aurait pu croire qu'elle avait dit cela sans arrière-pensée. Cela aurait été bien mal la connaître. Elle voulait montrer à Alec l'endroit où il l'avait faite tomber. Ce serait comme une piqûre de rappel. Elle voulait qu'il se souvienne bien de la raison qu'il avait de la porter aujourd'hui. Tout en sachant qu'il tombait dans un de ses nouveaux pièges mentaux, le jeune homme obtempéra sans une once d'hésitation. Il y avait bien longtemps qu'il se pliait au moindre mot de sa sœur. Lui aurait-elle demandé de grimper sur le toit et de sauter qu'il l'aurait fait. Presque avec soulagement d'ailleurs.
Lorsqu'ils eurent contournés le Manoir pour débarquer dans l'arrière-cour, Alecsand fut comme foudroyé. Personne n'avait bougé le socle en fer du parasol. Il était toujours au bas des marches qui remontaient vers la bâtisse et, en s'approchant, ils virent que les traces brunâtres du sang séché sur le métal. Alec eut un haut le cœur au moment où Charlisle arrivait avec le fauteuil roulant. Apercevant le socle souillé, Ris fit un mouvement vers lui pour s'en saisir mais Maura lui ordonna sèchement de le laisser là où il se trouvait. Son porteur, pâle comme un linge, la déposa doucement sur sa chaise et se posta derrière elle pour la pousser dans la direction qu'elle lui indiquerait. Alec échangea un long regard avec ses frères. Ils ne s'étaient pas réellement attendus à du repos en venant prendre des vacances ici mais ils étaient loin de se douter qu'il s'agirait d'un nouvel excès de cruauté de la part de leur chétive sœur.

Une heure plus tard, le jeune homme était debout dans un des salons du manoir, à coté de Maura qui avait exigé qu'il lui improvise quelque chose au violon pendant qu'elle prenait le thé. Ris et Charlisle faisaient les statues sur un canapé de l'autre coté de la table basse. Le ciel gris et la menace d'une pluie à venir ne lui inspirait pas un air très joyeux. Mais comme il était égal à la demoiselle qu'il joue une gigue ou une complainte, il se laissa porter par les sentiments déprimés du moment pour composer quelque chose de sinistre et froid. Lorsqu'elle en eut assez, Maura le dispensa de l'exercice d'un geste négligeant de la main et retourna à sa tasse de porcelaine. Profitant du répit qu'il avait pour s'isoler, Alec se hâta de quitter la pièce, abandonna son instrument sur une table dans le couloir et courut jusqu'à la porte d'entrée pour sortir par l'avant. Les voitures étaient toujours garées devant le bâtiment depuis lequel il voyait à présent closes les grilles de la propriété. Le vent était frais et l'air humide. C'est vêtu de son pantalon de costume noir et de sa chemise blanche sur mesure qu'il décida de s'aventurer dans le parc qui entourait la grande propriété.
L'herbe haute dénonçait un manque d'entretien flagrant. N'y avait-il pas quelqu'un qui s'occupait de couper les pelouses et d'entretenir les massifs de fleurs ? Il croyait se souvenir d'un nom. Ashdown peut-être. Promenant ses longs doigts fins et agiles de violoniste sur l'écorce d'un grand feuillu, il essaya de se souvenir de pourquoi le fait de repenser à ce nom motivait ses lèvres habituellement sèches à sourire. C'était difficile. Il avait passé tellement de temps à essayer d'oublier tout ce qui était lié à cet endroit qu'il avait comme un blocage au moment de lever le voile.

Soudain, un bruissement sur sa droite attira son attention. Quelqu'un marchait sur des feuilles mortes non loin. Son oreille absolue lui permettait même d'évaluer assez précisément la distance. Sans perdre de temps, plus par curiosité que par réel agacement, il se dirigea vers l'origine de la discrète nuance. Arrivant dans son dos, il lança d'abord simplement un « hey » pour le faire se retourner. Il s'était attendu à tomber nez à nez avec un journaliste prêt à éventer la nouvelle de leur présence icelieu mais il ne trouva qu'un jeune homme d'environ son âge, apparemment aussi surpris que lui. « C'est une propriété privée. Vous n'avez pas le droit de vous promener là. » Si Maura apprenait que des gens s'amusaient à errer dans la cour du manoir, elle allait exiger qu'on s'en débarrasse avec perte et fracas, c'était certain. Autant lui épargner du souffle et à lui des ennuis. Attendant une réaction de celui qu'il avait apostrophé, Alec laissa glisser ses yeux trop bleus sur son visage. Cette mâchoire trop bien dessinée lui disait quelque chose. L'intrus avait une carrure relativement large qui suggérait qu'il faisait un travail manuel physique quotidien. Il n'était pas vilain, mais du tout même – non pas que Alecsand fasse attention à ce genre de choses.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Lun 4 Mar - 14:55


Evan était parti légèrement en avance du boulot ce soir là, son père était resté pour finir ce qu’il avait commencé et il avait encouragé son fils à rentrer chez eux. Le jeune homme avait en effet l’air légèrement pâle et son père préférait s’assurer qu’il allait se reposer au lieu d’en faire trop comme d’habitude. Evan avait essayé d’insister pour rester, ne serait-ce que pour ne pas attirer des ennuis à son paternel ou pour ne pas lui rajouter de boulot inutile, mais après dix minutes, il avait réussi à admettre qu’il ne se sentait pas spécialement bien et qu’un peu d’air frais et de repos lui ferait le plus grand bien. Il avait donc abandonné la bataille, récupéré ses affaires et s’était mis en route pour la petite maison qui se trouvait sur le domaine des Herondale. Il lui arrivait encore de penser à la famille des anciens employeurs de son père, il était bien obligé vu qu’il habitait plus ou moins chez eux et qu’il se faufilait parfois à l’intérieur du manoir pour jouer du piano, mais le temps avait bien fait son effet, et il n’était pas si courant que ça que ses anciens meilleurs amis viennent hanter ses pensées. Il marcha tranquillement jusqu’au domaine des Herondale, les mains dans les poches et son manteau posé sur ses épaules plus qu’autre chose. Il fallait dire que les températures étaient plutôt douces en ce moment pour la saison. Il mit moins de dix minutes pour arriver jusqu’au manoir et la première chose qu’il fit en tournant dans la bonne rue fut de s’arrêter. Deux voitures étaient garées devant le domaine, autant vous dire que ce n’était pas arrivé depuis un bon moment. Il était déjà arrivé que certains habitants prennent le trottoir pour une place de parking, mais le père d’Evan les avait toujours gentiment fait dégager. Evan soupira et leva les yeux au ciel, encore des abrutis dont il allait falloir s’occuper. Ils n’étaient plus en charge de l’état du manoir, mais les Ashdown n’aimaient pas non plus qu’on vienne se garer juste devant le domaine, après tout, eux aussi habitaient aussi. Pas une seule fois, l’idée que les Herondale puissent être de retour et qu’il ait pu s’agir de leurs voitures ne lui traversa l’esprit. Après tout, cela faisait treize ans qu’il ne les avait pas revu, pourquoi seraient-ils revenus aujourd’hui ? Apparemment leur petit groupe classique faisait un tabac à Londres et ils étaient en pleine tournée. Enfin, aux dernières nouvelles, non pas qu’Evan suive particulièrement leur carrière. Disons qu’il écoutait seulement attentivement quand les autres habitants du village en parlaient.

Il accéléra légèrement le pas pour traverser la route et s’arrêta devant les deux voitures. Il vérifia les plaques, mais rien qui sortait de l’ordinaire. Il vérifia ensuite que personne ne se trouvait à l’intérieur avant de soupirer à nouveau et de pénétrer dans le domaine. Il enfouit encore un peu plus les mains au fond de ses poches pour les protéger d’un soudain coup de vent glacial. Il ne tarda pas à entendre des bruits près du manoir et il s’arrêta à nouveau dans son élan. Il se mit sur la pointe des pieds, comme si ça allait lui permettre de voir mieux ce qu’il se passait du côté de l’immense bâtisse. Il devait encore y avoir des gamins qui venaient vérifier les rumeurs sur le manoir. Depuis qu’il avait été abandonné, et surtout vu l’affaire sordide qui avait été à l’origine du départ des Herondale, la rumeur était que le manoir était hanté. Tous les ans à Halloween, des petits plaisantins venaient se foutre la frousse en entrant par effraction dans le manoir. Les Ashdown avaient même dû remplacer une ou deux vitres au fil des années à cause de cette foutue rumeur. Evan n’hésita en tout cas pas une seule seconde avant de se mettre en route pour le manoir, passant devant la maison où il habitait avec son père sans s’arrêter. Il finit par être à moitié désorienté en ne trouvant personne et il s’arrêta quelques secondes dans son exploration pour regarder où il avait atterri. Ça faisait longtemps qu’il n’était pas venu jusqu’ici et ses souvenirs avaient du mal à remonter à la surface. Il sursauta et se retourna brusquement en entendant une voix derrière lui. Il fronça les sourcils en voyant le jeune homme se tenant désormais devant lui. Il n’avait pas l’air d’être le genre à venir fouiner chez les autres et vérifier qu’il n’y avait pas de fantôme. Il laissa échapper un léger rire sans joie avant de croiser les bras sur sa poitrine quand l’inconnu lui expliqua qu’il n’avait pas le droit d’être ici. « Non, sans déconner ? » Demanda-t-il d’un ton totalement sarcastique avant de lever les yeux au ciel. Il en avait franchement marre de devoir faire dégager tous les curieux de la propriété, c’était devenu bien trop récurrent à son goût. « Merci de l’info, mais j’habite ici je vous signale. » Expliqua-t-il en désignant la petite maison des domestiques où il habitait d’un vague signe de tête. « Et vous, vous pouvez me dire ce que vous fichez ici au juste ? Comme vous me l’avez si bien fait remarquer, vous êtes sur une propriété privée. Alors soyez gentils allez-vous en, et allez garer vos voitures ailleurs tant que vous y êtes. » Il secoua la tête d’un air désespéré avant de jeter un dernier coup d’œil au jeune homme. Il lui disait vaguement quelque chose, mais Evan n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il devait ressembler à une célébrité quelconque, ça lui reviendrait plus tard. Il passa rapidement sa langue sur ses lèvres et fit finalement demi-tour, bien décidé à ne pas perdre plus de temps avec ces conneries et à rentrer chez lui.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Lun 4 Mar - 19:50

Alecsand, qui ne s'était pas du tout attendu à se faire rabrouer de la sorte, haussa les sourcils en entendant la justification de ce drôle d'inconnu. Il habitait ici ? C'était impossible. Suivant du regard la direction qu'indiquait son doigt, le jeune homme distinguait entre les arbres du parc à une centaine de mètres une autre bâtisse, beaucoup plus petite que le manoir bien sûr mais construite avec les mêmes pierres blanches élégantes. L'explication lui revint comme un boomerang en pleine tête. La maison des domestiques. En y réfléchissant sérieusement, il parvint à rattraper quelques brides de son passé fuyant. Un homme et son fils avaient habité là quand il était petit. Étrangement, réussir à se souvenir de ce qu'il prenait encore pour un détail lui réchauffa un peu le cœur. Et cela lui fit subitement peur. Comme s'il avait craint que Maura l'ait senti se réjouir, par quelques transmissions de la pensée, il tourna la tête vers la porte du manoir. Personne. Se détendant peu à peu, il se concentra de nouveau sur celui qui lui faisait face. Ce dernier était en train de lui conseiller d'aller garer les voitures ailleurs. Quel culot ! Il ne répondit néanmoins pas et se contenta de le regarder reprendre sa route vers la maison des domestiques.

Alors que ses yeux bleus inquisiteurs caressaient sa silhouette qui s'éloignait, il glissa les mains dans les poches de son pantalon avec une fausse décontraction. Il savait bien qu'il aurait du se détourner et rentrer au manoir pour voir si sa sœur n'avait pas besoin de ses services. Seulement, il ne pouvait pas faire taire le pressentiment qui lui hurlait de courir avec ce garçon pour engager la conversation. Il y avait quelque chose à propos de lui. Il avait l'impression qu'il s'agissait de la clef de sa mémoire enfouie. Une seule question demeurait : voulait-il vraiment la faire émerger de nouveau ? Le temps qu'il se décide, l'inconnu était déjà hors de vue. Il jura intérieurement et suivit sa piste en direction de la dépendance en pierres blanches. Quand il arriva devant le bâtiment, il leva le nez au ciel pour humer l'air. Accrochée dans un large chêne sans doute centenaire, il y avait une vieille balançoire immobile. A en juger par mousse qui s'était agglomérée sur son bois, elle devait être là depuis très longtemps. Alec fit descendre lentement sa main le long de la corde. Il entendait des rires d'enfants. On s'était amusé beaucoup amusé ici. S'était-il amusé là lui aussi ? A bien regarder chaque pierre et chaque brin d'herbe, il était de plus en plus certain que quelque chose l'avait lié à ce lieu. Quelque chose ou quelqu'un. Les domestiques qui travaillaient pour sa famille quand il était petit ? Les mêmes qui avaient cessé d'entretenir la propriété après leur départ peut-être. Ashdown. Pourquoi ce nom revenait-il toujours à son esprit sans qu'il l'y ait invité ?

Réalisant finalement qu'il ne pourrait trouver les réponses à ses questions tout seul et qu'il allait devoir requérir de l'aide, Alec fit le tour de la maison en regardant par chacune des fenêtres, à la recherche du jeune homme qui avait dit l'habiter. Quand il l'aperçut à travers la vitre, il frappa quelques petits coups dessus, comme sur une porte, pour attirer son attention et attendit patiemment qu'il vienne lui ouvrir. Ne faisant pas grand cas de l'agacement manifeste qu'il dut manifester, il demanda tout de go : « Est-ce que vous connaissez la famille qui vivait ici il y a, disons, une dizaine d'années ? Un garçon et son père, je crois. Vous savez où ils vivent maintenant ? » A aucun moment la pensée que devant lui puisse se tenir le garçon grandi n'effleura son esprit. Par contre, il réalisa qu'il ne s'était pas présenté et que cela lui serait sans doute d'une aide précieuse s'il voulait obtenir la coopération du jeune homme, il ajouta avec une solennité qui lui ressemblait bien désormais : « Oh, et ne vous inquiétez plus pour les voitures. Vous n'avez pas besoin d'appeler la police pour violation de propriété non plus. Je m'appelle Alecsand Herondale. Je suis ici chez moi. »
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Lun 4 Mar - 21:40


Evan commençait à en avoir sérieusement assez des gens qui débarquaient dans le domaine des Herondale comme si le fait qu’ils n’y habitent plus les autorisaient à aller et venir comme bon leur semblaient. Ce que c’était agaçant mine de rien, il avait l’impression de passer sa vie à chasser les gamins en quête d’aventure et les gens qui prenaient le domaine pour un parc public où ils pouvaient promener leurs chiens et se promener en amoureux. Il leva les yeux, essayant de se calmer et de rentrer au plus vite chez lui. Il avait passé une dure journée et il n’avait envie de rien de plus que d’aller s’allonger sur le canapé du salon et de s’abrutir pendant une heure ou deux devant un programme télé spécialement conçu pour ramollir le cerveau des téléspectateurs. Et c’est exactement ce qu’il aurait fait s’il en avait eu le temps. Il arriva devant sa maison et se battit avec la vieille serrure pendant près de cinq minutes. Il allait vraiment falloir qu’ils pensent à la changer, ça commençait à devenir assez gênant et à ce rythme là, dans quelques semaines il allait réussir à s’enfermer dehors sans pouvoir réussir à rouvrir la porte d’entrée. Il jura entre ses dents pendant une bonne minute avant de finalement réussir à ouvrir cette satanée porte. Il la claqua plus qu'il ne la ferma avant d’enlever son manteau et de le balancer ni plus ni moins sur l’une des chaises autour de la table du salon. Il se massa vigoureusement le visage et alla se chercher une bouteille d’eau. Il en descendit quasiment le tiers avant de la reposer dans la cuisine là où il l’avait trouvée et de se diriger vers le canapé. Il était sur le point de s’y laisser tomber quand il entendit des coups frappés contre l’un des carreaux. Il releva alors les yeux et perdit instantanément le peu de bonne humeur et de tolérance qu’il avait encore pu ressentir en terminant une journée pareille. Il leva les yeux au ciel, incapable de se retenir, avant de se diriger vers la porte d’entrée et de l’ouvrir probablement un peu plus brutalement que nécessaire.

Il se retint tout juste de beugler un ‘quoi ?’ pour pousser le jeune intrus de tout à l’heure à parler, mais ce fut uniquement parce que celui-ci commença avant qu’Evan ait eu l’occasion d’ouvrir la bouche. « La famille… ? » Répéta-t-il d’un air ahuri, se demandant à quoi pouvait bien jouer le jeune homme et surtout, comment il pouvait bien savoir ça ? Les Herondale était assez connus au village, mais on ne pouvait pas réellement en dire autant des Ashdown et tous les habitants n’étaient pas au courant de la composition exacte de la famille qui avait habité pendant des années dans la maison des domestiques du domaine. Il fronça les sourcils, secouant la tête, l’air légèrement perdu. Pourquoi est-ce qu’il lui demandait ça en plus ? Qu’est-ce qu’il voulait à la fin ? Finalement, quand le jeune homme reprit, Evan ne put retenir un léger rire. Sérieusement ? « Et je suis censé simplement vous croire sur parole ? » Après tout, aux dernières nouvelles les Herondale vivaient encore à Londres, et ils auraient probablement cherché à prévenir quelqu’un s’ils revenaient non ? Ne serait-ce que son père et lui histoire qu’ils essayent de remettre un peu d’ordre dans le manoir, non ? Encore que ce n’était pas impossible qu’ils soient revenus à l’improviste, après tout, ils étaient partis sur un coup de tête, ils pouvaient très bien décider de revenir aussi soudainement. Sans compter que techniquement parlant, les Ashdown ne travaillaient plus pour eux. Enfin, Evan savait que si on leur avait demandé, ils auraient accepté de s’en occuper, ils étaient juste comme ça, et son père avait été très ami avec les Herondale à l'époque. Il leur aurait rendu ce service, même après la façon dont ils l’avaient poussé au chômage sans le moindre préavis. Il ne leur en avait jamais voulu, contrairement à Evan. Ce dernier croisa d'ailleurs les bras sur sa poitrine, ne réussissant pas à réprimer un petit sourire amusé. Il ne croyait pas une seule seconde que c’était bien Alecsand qui se trouvait en face de lui, en partie parce qu’il avait toujours été persuadé qu’il l’aurait tout de suite reconnu s’il revenait un jour. « Et pour répondre à votre question, ils vivent toujours ici. On n’a pas bougé ces treize dernières années. » Expliqua-t-il en se penchant légèrement vers le pseudo-Alec, comme s’il cherchait à appuyer ses propres. La vérité, c’était qu’il était sceptique et qu’il avait légèrement tendance à penser que l’intrus le prenait pour un con. « Alors vous voyez, je l’ai plutôt bien connu Alecsand Herondale, et il va me falloir un peu plus que votre assurance pour vous croire. La famille Herondale n’a pas mis les pieds ici depuis plus de treize ans, et aux dernières nouvelles ils sont assez occupés en ce moment, alors vous m’excuserez si j’ai un peu de mal à vous croire sans la moindre preuve. » Précisa-t-il d’un ton un peu plus sérieux et neutre à la fin, histoire de ne pas se le mettre à dos directement. Après tout, il n’était pas totalement impossible qu’il s’agisse bel et bien d’Alecsand, son ancien meilleur ami, en face de lui. Mais il n’était en tout cas pas prêt à le croire sur parole, le retour des Herondale lui paraissait bien trop improbable pour qu’il en soit capable.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Lun 4 Mar - 23:02

Les oreilles d'Alecsand devaient déconner à plein pot ou alors il avait bien entendu que l'inconnu lui demandait des preuves de son identité. Qui ferait une chose pareille ? Enfin légèrement irrité par les manières rustres de ce jeune homme, le violoniste verrouilla sa mâchoire et entreprit des mordiller la lèvre inférieure pour s'empêcher de répliquer vertement. Pourquoi diable son interlocuteur devait-il se montrer aussi sceptique ? Il détourna la tête pour jeter un coup d'oeil angoissé en direction du manoir. Toujours personne en vue. Aussi décida-t-il de s'attarder un peu et, malgré lui, rentra dans le jeu du drôle de personnage qui lui faisait face et qui continuait de lui lancer ses paroles venimeuses à la figure. Il allait le couper quand quelque chose qu'il dit l'en empêcha. « On n'a pas besoin depuis ces treize dernières années ». « On ». Comme dans lui et le père. Ce jeune homme était donc l'enfant dans le souvenir flou d'Alec. Cette information l'émut, pour une raison qui lui échappa totalement. Il passa une main sur le bas de son visage pour essayer de se reprendre. Quel était son prénom déjà ? Il avait honte de ne pas s'en souvenir et il ne savait même pas pourquoi. Pourquoi était-ce grave de l'avoir oublié ? Ils avaient été proches ? Sûrement. Il ne voyait pas d'autres explications. D'après l'inconnu, ils s'étaient bien connus en tous cas. Alec devait à présent se battre de toutes ses forces pour extraire ce souvenir de sa mémoire verrouillée. Le nom de ce garçon, quel était-il ? A chaque fois qu'il l'effleurait des lèvres, les lettres qui le composaient s'emmêlaient joyeusement pour l'empêcher de le déchiffrer.
Il voulait des preuves de son identité, il allait lui en donner ! Fouillant ses poches, le jeune Herondale ne trouva que son téléphone portable. D'ailleurs, au moment où il jeta un œil sur l'écran, celui-ci afficha Ris, comme si son frère avait entendu qu'il lui fallait de l'aide. Il décrocha. « Ris, tu tombes bien. Allo ? … Allo ? » N'ayant aucun retour, il décolla l'appareil de son oreille pour s'apercevoir que la couverture réseau était trop faible pour permettre une communication. « Bon sang ! Tu parles d'un trou paumé. » Retenant un juron, il raccrocha au nez de son frère qui ne l'entendait pas plus et essaya quand même, en désespoir de cause, de taper son nom complet dans le moteur de recherche Internet du Blackberry. Son espoir de montrer sa tête en photo partout sur Google se solda par un échec puisque le téléphone ne put afficher quoi que ce soit. A présent très agacé de voir que le monde entier semblait contre lui, il fourra le petit appareil dans sa poche et lança : « Très bien. Tu n'as qu'à me poser une question à laquelle seul le vrai Alecsand Herondale pourrait répondre, Evan ! »

Evan. Dans son énervement, il ne s'était même pas rendu compte que son cerveau avait fini par débloquer tout naturellement une information essentielle. Et même après l'avoir dit, il ne réalisait toujours pas. Il ne s'était pas entendu. Ses grands yeux incomparablement bleus étaient fixés sur ceux de l'inconnu à moins d'un mètre de lui. Son irritation était largement perceptible maintenant mais elle était éphémère. Evan. Le prénom raisonna enfin dans son oreille et il fit un pas en arrière. Soudain, ce fut comme si son monde renaissait, comme le château de la Belle au Bois Dormant après que le maléfice de sommeil éternel ait été levé. Alec leva le nez vers la cime des arbres qui bordaient le bâtiment. « Je me souviens de cet endroit » murmura-t-il plus pour lui même que pour être entendu. « Je suis venu jouer ici... » Il s'éloigna de la fenêtre, délaissant l'inconnu pour retourner près de la balançoire. Quand il passa une nouvelle fois ses doigts fins et blancs sur l'assise en bois, il chuchota – imitant l'expression enjouée du petit garçon de son souvenir en même temps qu'il surgissait à son esprit : « Tend ta main, Maura. Tu vas toucher le ciel. »
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Jeu 7 Mar - 21:44


Evan avait bien conscience de se montrer particulièrement désagréable avec l’intrus, mais il avait des raisons valables de douter, non ? Ce n’était pas comme si c’était la première fois qu’on venait les emmerder sur le domaine, et qu’est-ce qui lui disait qu’il ne s’agissait pas d’un nouveau canular ou d’un nouvel illuminé qui avait perdu son chemin et qui se prenait pour quelqu’un d’autre ? Il fallait bien qu’il vérifie. Il était de toute façon de nature assez sceptique, et tant qu’on ne lui avait pas mis les preuves sous le nez, il n’y croyait jamais. Il ne voyait pas pourquoi il ferait une exception à cette règle, surtout alors que ça concernait Alecsand. Il ne l’avait pas revu depuis treize ans, certes, mais la simple évocation du jeune homme faisait toujours remonter en lui des souvenirs légèrement amers. Evan croisa les bras sur sa poitrine, ne se laissant pas intimider par l’agacement apparent dont faisait preuve le jeune homme en face de lui. Ce n’était pas comme ça qu’il allait le croire hein, enfin il le regarda fouiller ses poches, se demandant ce qu’il allait bien pouvoir lui sortir. Il profita de ces quelques secondes de répit pour examiner d’un peu plus près les traits qu’arborait l’intrus avec qui il discutait. Il devait bien avouer que maintenant que l’idée commençait à faire son petit bonhomme de chemin dans son esprit, la possibilité lui paraissait de plus en plus imaginable. Il y avait quelque chose dans son regard, Evan n’aurait pas su dire quoi. Le petit garçon qu’il avait connu avait toujours possédé cette espèce de flamme dansante dans ses yeux, et là elle semblait être totalement éteinte, mais même sans elle… Il y avait quelque chose de familier dans ces yeux qu’il examinait avec attention. Il fut interrompu dans son étude quand le téléphone du jeune homme sonna. Ris ? Ce prénom lui disait définitivement quelque chose… Il était à 95% sûr qu’il s’agissait de l’un des frères d’Alecsand, mais tout ça remontait à si loin… Toujours était-il qu’il commençait à croire l’inconnu qu’il avait en face de lui, même si ça lui déplaisait au plus haut point d’admettre qu’il s’était peut-être montré un peu trop méfiant pour rien.

Evan se figea complètement quand le jeune homme – Alecsand ? – l’appela par son prénom. Il ne le lui avait jamais donné, et ça avait eu l’air de sortir tellement naturellement… A tel point que même l’intrus n’avait pas l’air de s’être rendu compte qu’il venait juste d’utiliser son prénom. Le jeune homme décroisa les bras et les laissa retomber lentement le long de son corps tandis qu’Alecsand – et Evan commençait réellement à penser qu’il s’agissait bien de lui – s’éloignait, comme entré en transe. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? Evan fronça les sourcils mais suivit doucement le jeune homme, comme pour s’assurer qu’il n’allait pas se faire mal ou s’écrouler sans raison d’une seconde à l’autre. Il avait l’air d’être parti complètement ailleurs, et ce n’était pas spécialement rassurant à voir. Il écouta ses murmures tranquilles et fronça encore un peu plus les sourcils. Il était vraiment en train de se souvenir de tout ça ou bien est-ce qu’il était en train de répéter pour jouer le rôle de la princesse Anastasia ? Mais l'intrus effaça bien vite toute trace de doute. « Qu’est-ce que vous venez de dire ? » Demanda Evan dans un murmure, persuadé qu’il avait dû mal entendre. Il ne savait pas pourquoi il avait été autant choqué par cette simple phrase, mais elle semblait vouloir dire quelque chose pour lui. Il mit quelques secondes à réussir à visualiser les images que son cerveau faisait remonter à la surface. Maura, c’était la seule fille de la fratrie, il se souvenait très bien d’elle, et puis de l’accident. Mais il se souvenait surtout des heures qu’ils avaient tous passé à jouer ensemble et de ses longs cheveux blonds qui tombaient toujours insouciamment sur ses épaules. Il détourna les yeux et se mordit violemment la lèvre pour essayer de faire taire l’émotion qu’Alecsand était en train de faire naître en lui. Tout ça c’était vieux, il n’était plus un gamin, ce n’était pas censé le toucher autant, peu importe l’importance que les Herondale avaient pu avoir dans sa vie à l’époque. Tout ça, c’était du passé.

Il fit claquer sa langue contre son palais et enfouit ses mains au fond de ses poches, légèrement vexé d’avoir eu tort en jugeant Alecsand trop vite. Bien sûr, il n’avait pas eu spécialement tort de se méfier, ce n’était pas un mauvais réflexe en soi, mais toujours est-il qu’il n’avait pas vraiment facilité leurs retrouvailles. De toute façon qu’est-ce que ça changeait ? Ils n’allaient probablement jamais renouer, jamais comme avant en tout cas, ils n’avaient plus dix ans, les choses avaient changé depuis cette époque là, et tout était plus compliqué. Il finit par se forcer à tourner la tête à nouveau vers Alec. « Alecsand. J’arrive pas à y croire. » Souffla-t-il plus pour lui-même qu’autre chose, secouant tranquillement la tête, un léger sourire amusé aux lèvres. Non, ça il n’y croyait toujours pas, et il allait probablement lui falloir un sacré temps d’adaptation. « Désolé de ne pas t’avoir cru, je suppose. Enfin de ne pas vous avoir cru, je veux dire. » Il se mordilla la lèvre, maintenant qu’il savait qui il avait en face de lui, ça allait être plus dur de le vouvoyer, enfin, il pourrait vivre avec. Ou il apprendrait. « Vous n’imaginez pas le nombre d’emmerdeurs qu’on a eu ici depuis votre d"part, je voulais juste m’assurer que vous n’étiez pas l’un d’eux. » Après tout, c’était totalement naturel, non ? Même s’il avait l’impression que ça n’allait pas peser bien lourd aux yeux d’Alec, surtout s’il lui avouait qu’il l’avait pris pour un emmerdeur quelconque. Enfin, c’était trop tard pour faire une bonne seconde impression de toute façon, non ? « Si ce n’est pas indiscret, je peux savoir pourquoi vous êtes de retour ? » Subitement, après treize ans sans la moindre nouvelle ? Sans compter qu’il n’y avait aucune raison pour qu’ils reviennent ici, aux dernières nouvelles ils étaient assez occupés sur Londres. Enfin, très franchement, ce n'était pas par curiosité qu'il demandait, mais il avait besoin de savoir s'ils comptaient rester ici longtemps ou pas, qu'il sache quoi dire à son père ce soir en lui apprenant la nouvelle.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Dim 10 Mar - 15:44

Alecsand fut soulagé d'entendre Evan l'appeler par son prénom. Il était soulagé qu'il croit enfin en son identité. D'habitude, il préférait l'anonymat mais, dans ce cas précis, ça avait été important que ce jeune homme le reconnaisse pour qui il était. Lâchant vivement la balançoire, il se retourna vers lui en l'entendant repasser du tutoiement au vouvoiement, troublé. Il fronça les sourcils une seconde, comme pour accuser la discrète douleur que cette distinction lui causait. Les souvenirs commençaient à affluer dans sa tête maintenant que le verrou de sa mémoire avait sauté et il avait mal au crâne. Il baissa la tête et se retint finalement à la corde de la balançoire pour ne pas vaciller. Distrait, il entendit à peine la question à laquelle il répondit tout de même, d'une manière un peu décousue. « Je... On a fini une tournée et... et elle avait besoin d'un peu de repos. » A peine eut-il évoqué Maura qu'il jeta un coup d'oeil visiblement apeuré en direction de la maison qu'il pouvait voir malgré le feuillage des arbres du parc. Il tressaillit et se tassa un peu plus sur lui-même. Au moment où il allait parler, son téléphone sonna de nouveau. Il n'eut même pas besoin de regarder l'afficheur pour savoir que c'était un de ses frères. Cette fois-ci, il ne décrocha même pas. La mélodie était une sonata da chiesa extrêmement macabre et lourde. Elle aurait fait pleurer un ange de pierre. Alec devait se ressaisir. Et vite. La sonnerie cessa comme l'appel passa sur son répondeur. Il passa une main sur son visage. Après tout, revoir Evan ne changeait absolument rien à l'équation qu'était sa vie, n'est-ce pas ? Même s'il se souvenait à présent qu'ils avaient été amis, ils ne pouvaient plus le redevenir. Maura ne le permettrait jamais. Maura n'aimait pas que des personnes deviennent proches de ses frères, en particulier d'Alec. Elle piquait des colères, cassait des choses et frappait parfois aussi. Il pouvait supporter les coups et les blessures, mais pas de faire encore plus de mal à sa sœur qu'il ne lui en avait déjà fait.
Soudain, un cri s'éleva du coté de la maison. C'était la voix de Ris qui appelait son prénom. Alec l'aperçut entre les arbres et il dut réagir vite en attrapant le poignet d'Evan et en le tirant avec lui contre le mur de la maison des domestiques pour les dissimuler tous les deux à toute vue. Agrippant à deux mains le vêtement de celui qui avait été son meilleur ami, il se mit à murmurer avec une détresse palpable : « Il ne faut pas... Écoute, je... » Il souffla pour se reprendre et fixa Evan dans le blanc des yeux comme son visage était à quelques centimètres du sien seulement : « Beaucoup de choses ont changé. En mal. Alors reste loin du manoir et n'essaye pas de nous revoir. Elle te ferait du mal à toi aussi. Mais ce n'est pas de sa faute, tu sais. C'est moi. C'est ma faute. Je... » Il porta sa main gauche tremblante sur la joue d'Evan et posa son front contre le sien en fermant les yeux. C'était comme se raccrocher à un authentique souvenir heureux. Le jeune Ashdown lui rappelait sa vie lorsqu'elle était encore lumineuse et pleine de joie. Ris appela de nouveau son prénom du coté de la maison. Il ne semblait pas se rapprocher mais cela fit encore frissonner Alecsand. Avalant un sanglot, il se détacha doucement d'Evan pour souffler du bout des lèvres : « Rien ne sera jamais plus comme avant. Nous sommes maudits. » Sa mâchoire tremblait au rythme d'une peur incompréhensible. « Ne te montre pas, s'il te plaît. Je les tiendrai tous à l'écart de cette maison. Ne t'aventure pas dans le parc. Ne... ne cherche pas à leur parler. Ils te dénonceraient probablement à elle. Ils lui disent tout. »Alec n'utilisait jamais le prénom de Maura. Aussi était-il hautement improbable pour une personne qui l'avait connue enfant de comprendre qu'il parlait d'elle. On aurait plutôt dit à l'entendre qu'il parlait d'une sorte de psychopathe ou de serial killer à éviter absolument. Cela aurait pu prêter à rire sans doute, mais l'effroi dans les yeux du jeune homme était trop réel. Il était dans un grand état de stress permanent. Son cœur battait la chamade.
D'une voix plus douce, il ajouta en lâchant son camarade pour de bon : « J'aurai voulu que nos retrouvailles se passent autrement, Evan. Maintenant que je me souviens de toi, j'aurais aimé ne pas avoir à t'oublier. » Faisant un pas en arrière, il lâcha sombrement : « Pourtant, il le faut. »
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Lun 11 Mar - 13:33


Evan aurait aimé pouvoir dire que sa rencontre avec Alec allait rester une histoire anodine qu’il aurait bientôt oubliée, mais il savait que ça aurait été se mentir à lui-même. Il avait été trop proche de lui étant enfant pour être capable de prendre tout ça à la légère, surtout vu la façon dont le jeune homme se comportait. Il y avait vraiment quelque chose dans son regard, Evan n’arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais il pouvait sentir que quelque chose avait vraiment changé depuis toutes ces années, et il avait du mal à croire que c’était simplement le fait d’avoir grandi. Il avait presque l’air… brisé. Mais ça n’avait aucun sens aux yeux d’Evan, ce qui le troublait encore un peu plus. Après tout, son ancien meilleur ami avait toujours tout eu pour réussir, et aux dernières nouvelles, c’était exactement ce qu’il avait, ce qu’ils avaient tous fait d’ailleurs. Evan fronça encore un peu plus les sourcils en voyant Alecsand se retourner brusquement vers le château, comme s’il vérifiait qu’on ne les surveillait pas. Mais qu’est-ce qui lui prenait à la fin ? Et pourquoi est-ce qu’il ne décrochait pas cette fois-ci ? Evan savait qu’il avait bel et bien Alecsand en face de lui, mais il commençait à penser qu’il s’agissait également d’un fou furieux. Il avait envie de l’aider, mais il ne savait pas du tout ce qu’il se passait. Pourtant, il était bien incapable de manquer les signes de peurs que son meilleur ami montrait, les regards inquiets qu’il jetait au manoir, la façon dont il avait répondu à sa question ou encore dont il s’était recroquevillé sur lui-même en entendant la sonnerie de son portable retentir. Evan avait envie de lui demander si tout allait bien, mais il fut interrompu dans son élan par la voix d’un homme au loin qui appelait Alecsand. Evan se tourna vers le manoir, essayant vainement de d’associer la voix à un visage connu. Il s’agissait probablement de Ris ou de Charlisle, mais il aurait été bien incapable de dire lequel des deux, leurs voix avaient dû changer depuis tout ce temps et il avait eu largement le temps de les oublier. « Qu’est-ce que vous faites ? » Lâcha-t-il alors qu’Alecsand se mettant soudainement à le pousser vers le mur de sa maison. Mais à quoi il jouait à la fin ? Comprenant que le jeune homme n’allait probablement pas lui répondre, il se contenta de lever les yeux au ciel et d’attendre que l’orage passe. Il ne savait pas ce qui lui était arrivé, mais son meilleur ami avait bel et bien changé. Il lui faisait presque peur, il avait l’air tellement… intense.

Et le fait qu’il vienne déposer sa main sur sa joue et son front contre le sien ne l’aida pas le moins du monde. Il essayait de l’écouter vraiment, de comprendre, mais ce qu’il disait n’avait aucun sens. De qui il parlait ? C’était qui « elle » ? Il avait envie de lui demander des explications, il avait vraiment des centaines de questions à poser, mais il avait du mal à reprendre son souffle. Pour une raison mystérieuse, la soudaine proximité d’Alecsand ne l’aidait pas spécialement à réfléchir. Sans compter qu’il était encore un peu trop estomaqué pour réussir à remettre de l’ordre dans ses idées. Evan avait envie de l’aider, de faire quelque chose pour le rassurer, comme il aurait pu le faire à l’époque, mais avant qu’il ait eu le temps de réagir, Alecsand s’éloignait déjà de lui. Il prit une très longue inspiration pour essayer de se reprendre et de se raccrocher à la réalité. Qu’est-ce qu’il venait de se passer au juste ? Le pauvre jeune homme avait l’air tout bonnement terrifié, et le fait qu’il vienne de lui dire qu’ils étaient tous maudits ne rassurait pas spécialement Evan sur l’état de santé mentale de son ancien meilleur ami. « Mais de quoi vous parlez ? » Finit-il par réussir à demander, tout en sachant très bien qu’Alec n’était probablement pas en état de lui répondre. Il agissait tellement bizarrement, et Evan ne savait plus du tout où se mettre. Pire, il ne savait pas s’il était censé le croire ou non. Il avait plutôt tendance à penser qu’il était paranoïaque pour l’instant, mais il était assez bluffé par la peur dans les yeux du jeune homme. Quelque chose, ou plutôt quelqu’un, semblait le terrifier et il avait envie de l’aider. C’était dans sa nature. Et puis, ce n’était pas non plus n’importe qui qu’il avait en face de lui. Comme quoi, c’était peut-être plus dur qu’il ne l’aurait pensé d’enterrer complètement le passé.

Fronçant de plus bel les sourcils, Evan le laissa s’éloigner. Mais bon sang, de quoi est-ce qu’il parlait à la fin ?! « Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Pourquoi est-ce que je ne dois pas m’approcher du manoir ? Et pourquoi est-ce que vous devez m’oublier ? » Il n’avait pas pu s’empêcher de lever les yeux au ciel en terminant sa phrase. Alec devait être du genre à aimer dramatiser là, non ? Parce qu’il donnait l’impression de jouer dans une mauvaise série B. « Je comprends rien du tout à ce que vous racontez depuis tout à l’heure, et pourtant j’essaye, vraiment. » Expliqua-t-il en insistant sur les efforts qu’il faisait pour se mettre à la place d’Alecsand et pour comprendre la situation. Mais vraiment, il avait beau la retourner dans tous les sens… il n’avait aucune idée de ce dont le jeune homme pouvait bien être en train de parler. « Ecoutez, je ne sais pas ce qu’il se passe, mais est-ce que je peux vous aider ? » Demanda-t-il doucement en faisant un pas vers Alecsand. Il y alla doucement, comme s’il avait affaire à une bête sauvage qu’il avait peur d’effrayer. Il se rapprocha encore tout doucement et vint poser sa main sur l’épaule du jeune homme, essayant de le réconforter ou de le rassurer, il n’en était pas bien sûr. Mais il détestait le voir dans cet état, et oui, il avait vraiment envie de l’aider, même s’il ne savait pas exactement ce qu’il pouvait faire à ce sujet. Peut-être qu’il ferait mieux de le ramener au manoir, peut-être qu’il n’était plus très stable mentalement – ça ne l’aurait pas étonné très franchement – et que c’était pour ça que ses frères le cherchaient tout à l’heure. Peut-être qu’il n’était pas censé être laissé tout seul. Mais il avait réagi tellement soudainement qu’Evan ne savait plus quoi faire. « Peut-être que je ferais mieux de vous ramener au manoir. » Déclara-t-il d’un ton neutre. Alecsand lui avait vraiment fait peur avec ses mises en garde, mais non, il ne l’avait pas cru, et c’était la façon dont il l’avait dit qui lui avait peur, et non pas ses tentatives de mise en garde. Alors oui Alec lui avait dit de rester loin du manoir, mais Evan avait vraiment du mal à voir une bonne raison pour le forcer à obéir, sans compter qu'il préférait s'assurer que le jeune homme allait bien rentrer et qu'on allait s'occuper de lui. De toute évidence, il ne fallait pas qu'il reste seul.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Dim 7 Avr - 17:38



Alecsand avait projeté de laisser Evan caché derrière la maison des domestiques et de retourner tranquillement vers le manoir. Il prétexterait qu'il était allé se promener et qu'il venait seulement d'entendre leurs appels. Sans doute le croiraient-ils car, après tout, il n'avait jamais eu de raison de leur mentir auparavant. Le jeune Ashdown vint bousculer ses plans en reprenant la parole. Bien sûr, il voulait comprendre. C'était naturel. Cependant, Alec ne pouvait lui expliquer. Même s'il avait eu toute sa sérénité à ce moment-là, il n'aurait pas pu lui dire ce qui se passait. Il ne pouvait pas lui dire qu'il avait changé sa si gentille sœur en monstre assoiffé de contrôle. Le jeune homme vit du coin de l'oeil Evan faire un pas vers lui alors il dut couper court à sa retraite, de peur que son ancien ami ne lui suive en terrain découvert et qu'il soit vu par Ris ou Charlisle. Son angoisse allait grandissante. La main qui se posa sur son épaule l'apaisa une seconde pourtant. « Non, tu... Tu ne peux pas m'aider ! Ne m'aide pas, d'accord ? C'est... C'est mérité. Je... » Alec recommença à jeter des regards craintifs tout autour d'eux. Il se sentait comme un gibier pris au piège de prédateurs cachés dans les fourrés environnants. De quelque coté qu'il se dirige, il avait l'impression que Maura allait surgir, dans son fauteuil poussé par le souffle du vent. Ses immenses yeux seraient en colère contre lui et les soutenir serait insupportable. Ça lui brûlerait le cœur.

Quand Evan émit l'idée de le raccompagner au manoir, ce fut un choc électrique. Alec sursauta, avala trop d'air et s'empara vivement de la main du jeune Ashdown pour le tirer à sa suite en direction de la maison des domestiques. « Sûrement pas » souffla-t-il en ouvrant la porte de derrière comme si c'était chez lui (ce qui n'était pas totalement faux). Il ferma la porte derrière eux et se plaqua avec Evan contre le battant. Son index dressé en travers de sa bouche rosée, il fit comprendre à son ami de ne pas faire de bruit. Son autre main n'arrêtait pas de se promener sur le torse de son camarade, agrippant à différents niveaux et pour un temps aléatoire le tissu de son vêtement. Manifestement, il était à bout de nerfs. Le choc de ces retrouvailles lui causait un dommage important. Dans la maison, il n'entendait plus les voix de ses frères qui étaient encore trop loin alors il se détendit petit à petit. Leurs visages n'étaient séparés que par quelques centimètres. Il cligna des yeux. Les battements de son cœur ralentirent. « Tu es beau » murmura-t-il contre son index avant de le retirer pour laisser glisser sa main sur le battant en bois de la porte. « Mais je suis toujours plus grand que toi. » Quatre ou cinq centimètres. Il y eut l'ombre d'un sourire sur ses lèvres puis il se détacha d'Evan complètement pour faire quelques pas dans la pièce, prenant une précaution néanmoins particulière à ne pas s'approcher des fenêtres.

Pourquoi était-il entré ici ? Les souvenirs affluaient dans son esprit comme un barrage d'eau qui aurait cédé. Il avait vécu des moments tellement heureux ici. Il avait tellement ri. Alors que des larmes silencieuses étaient en train de dévaler ses joues en silence, ses pieds le conduisirent immédiatement dans une pièce qu'il connaissait bien : la chambre d'Evan. Elle était toujours au même endroit. Seule la décoration avait un peu changé. Alec soupira d'aise en emplissant ses narines de l'odeur de son ami qui était omniprésente ici. C'était un vrai bonheur. Sans plus lui demander sa permission, il se laissa tomber en arrière sur son couvre-lit. Ses mains abandonnées au dessus de sa tête caressèrent le tissu doux et le firent frissonner des pieds à la tête. C'était tellement agréable. Il ferma les yeux. « C'est comme dans mes souvenirs » marmonna-t-il presque assoupi avant d'ajouter « Comme dans mes rêves. » Il roula sur le coté et attira un oreiller pour le mettre sous sa tête brune. Les larmes de sa joue gauche furent bues par la taie. Le calme était peu à peu en train de regagner son cœur. Il le sentait. Tout en sachant que c'était totalement contradictoire avec le fait qu'il était lui-même venu se cacher dans la chambre d'Evan, il lui dit : « Il ne faut pas qu'on se voit. Enfin, il ne faut pas que les autres te voient. » Tendant une main au hasard au dessus de lui, il appela doucement : « Viens ». Et puis, comme s'il réalisa tout à coup qu'il avait été le seul à le tutoyer depuis le début de leur échange, il fronça le nez : « Et ne me vouvoie pas. C'est... étrange. » Oui, parce que son comportement à lui avait été un modèle de normalité jusqu'à présent...
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Sam 13 Avr - 13:28


Dire qu’Alecsand se comportait étrangement aurait probablement été l’euphémisme du siècle. Evan avait envie de l’aider, il se sentait un peu responsable à vrai dire, même s’il n’était pas sûr de comprendre exactement pourquoi, mais dès qu’il essayait de l’apaiser ou de l’aider, il avait l’impression de ne faire qu’empirer les choses. Le jeune homme était encore en train d’essayer de comprendre pourquoi son ancien meilleur ami semblait le supplier de ne pas l’aider quand ce dernier attrapa sa main et le tira vers sa maison. Il fut dans un premier temps trop surpris pour essayer de résister, et après, il le laissa faire simplement par peur de le contrarier. Vu l’état de nerf dans lequel il semblait être, ce n’était peut-être pas une très bonne idée d’essayer de discuter avec lui. Il laissa échapper une légère exclamation de surprise quand Alecsand vint le plaquer contre la porte de sa propre maison. Il avait envie de dire quelque chose – à commencer par ‘mais qu’est-ce qui vous prend bordel !?’ ou encore ‘allez-y, faites comme chez vous, vous gênez surtout pas’ – mais Alec était venu poser son index contre ses lèvres pour lui ordonner encore une fois de ne pas faire de bruit. Evan leva les yeux au ciel et ce ne fut qu’après les avoir à nouveau posés sur Alecsand qu’il se rendit compte à quel point le jeune homme était proche de lui. Il écarta très légèrement les lèvres, sentant son souffle venir s’écraser lentement contre le doigt du jeune homme. Evan baissa les yeux en sentant l’autre main d’Alecsand venir s’agripper à son t-shirt. Le pire, c’était qu’Evan n’était même pas en état de se demander ce qu’il pouvait bien foutre, le comportement de son ancien meilleur ami lui avait littéralement coupé le souffle. Il sentit ses joues rougir légèrement et il se força à penser à autre chose, autant dire que ce n’était pas gagné vu le peu d’espace qui les séparait, surtout qu’Alecsand semblait tout vouloir faire pour qu’Evan sache qu’il était là. Il était obligé de le toucher comme ça ? Si Evan avait cru frôler l’attaque cardiaque quand Alec l’avait plaqué contre le mur, ce n’était rien en comparaison de ce qu’il ressentit quand le jeune homme reprit la parole. Les lèvres désormais libérées, il ne trouva pourtant rien à redire. Il passa lentement sa langue sur ses lèvres, cherchant en vain les mots. Ça lui était venu comme ça ? C’était naturel pour lui de dire ce genre de choses comme ça, d’un coup ? Surtout vu comment il était toujours aussi proche de lui. Malgré tout Evan ne put réprimer un petit sourire quand Alecsand continua. « J’ai bien grandi pourtant. » Murmura-t-il, le souffle encore légèrement court, même si le jeune homme avait fini par s’éloigner de lui. Il sentit tout son corps se détendre et son cerveau se remettre finalement en route. Qu’est-ce qui venait de se passer au juste ? Evan n’eut pas le temps de faire quoique ce soit qu’Alecsand se dirigeait déjà vers sa chambre. « Non, attendez, c’est ma ch… » Essaya-t-il d’expliquer au Herondale, persuadé que ce n’était pas la pièce qu’il cherchait, mais c’était déjà trop tard, Alec était entré. Evan le suivit aussitôt, légèrement gêné à l’idée qu’Alecsand ne fouille dans ses affaires. Il n’y avait rien de très intéressant à y trouver, mais tout de même.

Evan s’arrêta dans l’encadrement de la porte, n’osant pas trop s’approcher tandis qu’Alecsand se laissait tranquillement tomber sur son lit. Le jeune homme écarquilla légèrement les yeux mais ne dit encore une fois rien, se contentant de croiser les bras sur sa poitrine. Après tout, il n’avait rien à redire, Alecsand était plus ou moins chez lui, alors même si ça ne lui plaisait pas spécialement que son ancien meilleur ami vienne s’incruster dans sa chambre, il n’allait pas le virer. En plus de ça, il commençait vraiment à se sentir nostalgique, la scène dont il venait juste de réchapper n’y étant d’ailleurs pas pour rien… Evan ne put réprimer un petit sourire en entendant le ton quasiment assoupi d’Alecsand et en voyant son visage finalement apaisé. Il ressemblait déjà un peu plus au petit garçon qu’il avait connu à l’époque, en un peu moins turbulent peut-être, mais ce n’était pas forcément plus mal. Evan laissa échapper un très long soupir en voyant la main tendue d’Alecsand. Il était censé le rejoindre ? Il avait l’impression d’avoir rejoint un univers parallèle depuis qu’il était rentré tout à l’heure, et il avait encore du mal à croire qu’il n’était pas en train de rêver. « C’est moi qui agit de manière étrange ? » Demanda-t-il de manière rhétorique d’un ton amusé. Il soupira à nouveau avant de décroiser les bras et de passer une main dans ses cheveux. « Comme tu préfères. » Ajouta-t-il, un petit sourire amusé au coin des lèvres. Il devait bien avouer qu’il préférait également ça, il ne l’avait plus revu depuis des années, c’était vrai, et il lui en avait voulu pendant longtemps de l’avoir abandonné, mais, même s’il avait du mal à l’admettre, il se sentait à l’aise avec lui. Ce qui était très étrange vu le comportement d’Alecsand, mais c’était un peu comme retourner chez soi après un très long voyage. Il se sentait ridicule de penser comme ça alors qu’il n’avait pas revu Alec depuis plus de dix ans, et qu’ils ne s’étaient connus que gamins. Ils avaient tous les deux changé, ils ne se connaissaient plus du tout. Et pourtant, au lieu de lui demander de dégager de son lit, il s’en rapprocha à pas hésitants. Le garçon dont il avait été amoureux pendant des années quand il était gamin venait de revenir, il était très probablement déséquilibré mentalement, il s’était incrusté chez lui et il squattait son lit. Et maintenant, il voulait qu’il l'y rejoigne ? Evan pouvait lister une bonne dizaine de raisons pour lesquelles c’était tout sauf une bonne idée, mais il se sentait incapable de lui refuser quoique ce soit. Il attrapa doucement la main de son ancien meilleur ami et s’assit tranquillement en tailleur sur son lit, le corps tourné vers Alecsand. Essayant de l’apaiser, il commença tout naturellement à former de petits cercles à l’aide de son pouce sur la main de son ami. Il ne pouvait pas s’empêcher de penser qu’Alecsand avait voulu qu’il vienne s’allonger avec lui, mais Evan se sentait un peu trop mal à l’aise à l’idée. C’était probablement mieux qu’il reste assis.

Il avait de plus en plus l’impression de rêver, surtout que c’était un rêve qu’il avait plus ou moins fait plus d’une fois. Ce n’était jamais exactement le même scénario, mais il s’était réveillé plusieurs fois après avoir rêvé du retour des Herondale. Les rêves s’étaient faits plus rares avec les années, mais ils n’avaient jamais complètement disparus. La vérité, c’était qu’il n’était pas sûr de savoir où se mettre. Ce n’était pas exactement une situation qui arrivait tous les jours, surtout qu’il était toujours persuadé qu’il y avait quelque chose qui clochait avec Alecsand. Enfin, ça ne l’empêchait pas d’avoir un instinct très protecteur envers le jeune homme, il fallait dire que c’était dur de ne pas craquer alors qu’il était allongé comme ça sur son lit, surtout vu la façon dont il avait paru complètement affolé un peu plus tôt. Malgré tout ça, il était temps qu’Evan revienne sur Terre. Il secoua doucement la tête, essayant de se forcer à retrouver ses esprits. C’était bien gentil tout ça, et s’il pouvait aider Alecsand il le ferait, mais il avait aussi envie de comprendre exactement dans quelle situation il se trouvait. Et puis, le jeune homme était assez gonflé quand même de revenir après autant d’années et de s’incruster comme ça chez lui. Ce n’était pas parce qu’Evan était incapable de lui refuser quoique ce soit qu’il ne désapprouvait pas un peu le comportement légèrement autoritaire d’Alecsand. Il se mordilla la lèvre inférieure avant de se pencher légèrement vers le jeune homme, comme s’il avait peur qu’il ne se soit déjà endormi. « Pourquoi est-ce qu’il ne faut pas qu’ils me voient ? » Demanda-t-il tout doucement avant de venir poser ses yeux sur son ancien meilleur ami. Il n’arrivait pas à croire la facilité avec laquelle il était retombé en enfance. Il avait l’impression d’être revenu de dix ans en arrière, et d’être de nouveau un gamin passant l’après-midi avec son meilleur ami. Sauf qu’il ne connaissait plus la personne en face de lui, et qu’ils étaient tous les deux adultes désormais. Mais malgré tout ça, la situation n’était pas aussi étrange qu’elle aurait dû l’être. Evan resserra doucement ses doigts autour de ceux d’Alecsand et il vint déposer sa main libre dans les cheveux du jeune homme, les caressant tranquillement pour essayer de l’apaiser. Il avait beau essayer de se convaincre qu’il essayait juste de l’aider, il pouvait sentir son cœur battre la chamade et tambouriner dans sa poitrine. « Tu peux rester ici pour l’instant si tu veux, mais tu… » Il passa rapidement sa langue sur ses lèvres et laissa échapper un soupir. « Tu reviens après toutes ces années, et tu agis tellement bizarrement… Si tu ne veux pas que j’approche du manoir, je le ferais, je n'ai pas envie de causer du tort à qui que ce soit, mais tu pourrais au moins me dire ce qu’il se passe. » Ajouta-t-il en fronçant légèrement les sourcils, continuant à caresser la main ainsi que les cheveux du jeune homme. Il n’était plus sûr d’avoir envie d’en apprendre plus sur la famille Herondale, il avait comme le pressentiment que ce n’était pas joli joli, mais il fallait qu’il garde les pieds sur Terre. Il ne pouvait pas simplement accepter tous les caprices d’Alecsand juste parce qu’ils avaient été amis un jour, et qu’apparemment, il savait encore comment s’y prendre pour l’ensorceler. « Tu ne peux pas juste débarquer comme une fleur comme ça et... » Ajouta-t-il en serrant légèrement les dents. Il se sentait un peu ridicule de lui en vouloir encore, après toutes ses années, mais il n'y pouvait rien, il n'oublierait jamais le sentiment d'abandon qu'il avait pu ressentir quand les Herondale étaient partis du jour au lendemain. Enfin, ce n'était pas le sujet. Il avait envie de lui dire qu'ils n'étaient plus amis et que ce n'était plus à lui de s'occuper de lui, mais il en était incapable, en partie parce qu'il prenait un certain plaisir à s'occuper de lui en ce moment.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Dim 14 Avr - 5:09

Evan prit la main qu'Alecsand lui tendait dans la sienne et ce contact lui sembla si familier qu'il s'en trouva instantanément apaisé. Il ferma brièvement les yeux pendant que son ami s'asseyait en tailleur sur le lit à coté de lui, faisant remuer le matelas. Leurs doigts restèrent liés tandis qu'il commençait doucement à s'endormir. La voix du jeune Ashdown rappela son conscience. Il voulait savoir pourquoi il ne fallait pas qu'ils se voient. Alec aurait aimé ne pas avoir à lui parler de ses frères et de sa sœur. Il aurait préféré que Evan garde d'eux la jolie image qu'il devait avoir encore dans sa mémoire. Il ne voulait pas avoir à lui dire que Charlisle était devenu un monstre de ressentiment, sombre et suicidaire, que Ris s'était changé en un manipulateur calculateur et glacial, et que Maura... et bien, que Maura était devenue une sorcière jalouse et lugubre. Ces images étaient trop laides comparées aux enfants heureux et joyeux qu'ils avaient été pendant toute la première partie de leur vie. Jusqu'à ce que leur monde arrête de tourner rond.
Une main se posa sur sa tête pour caresser ses cheveux et Alec poussa un soupir d'aise parfaitement audible. On aurait presque dit un gémissement. Il ne s'était pas senti aussi bien, aussi en sécurité, depuis des années. Il rampa sur le couvre-lit pour coller son visage contre la cuisse d'Evan pour se rapprocher de cette source de douceur, sans lâcher sa main. « Je suis désolé » murmura-t-il contre le tissu de son pantalon. « Même si ça ne change rien. » Il posa sa main libre sur le genou de son camarade. « J'aurais aimé pouvoir me réjouir pleinement de nos retrouvailles. Je n'ai jamais eu de meilleur ami comme toi. En fait, crois-le ou non, je n'ai jamais eu d'ami après notre départ de Painswick. Je suppose que toi, tu en as eu des tas. Tu es tellement gentil... » Sous les lentes caresses d'Evan, Alec se sentait redevenir peu à peu lui-même. Ou plutôt le jeune homme qu'il aurait du être. C'était une sensation très particulière. Il se trémoussa encore un peu sur le lit pour poser sa tête complètement sur la cuisse du locataire des lieux toujours assis en tailleur. Il lui semblait maintenant qu'il n'avait jamais quitté Painswick. Comment aurait-il grandi si ça avait été le cas, s'il était resté ?
Les questions d'Evan se ramenèrent encore une fois sur terre. Il fronça la nez et resserra un peu son étreinte sur les doigts de son ami, lui rendant même ses caresses sur sa peau en effectuant des mouvements circulaires avec son pouce. Il soupira, contrarié cette fois. Un long silence s'en suivit avant qu'il ne parvienne à souffler quelques mots. « C'est elle. Elle a changé. C'est à cause de moi, tu comprends ? C'est de ma faute. Alors il ne faut pas lui en vouloir si elle est comme ça maintenant. C'est à moi qu'il faut en vouloir. Charly l'a bien compris, lui. Je sais qu'il me déteste maintenant. Et Ris, c'est difficile à dire. Ris est toujours un mystère. Je ne sais pas s'il se tait parce qu'il me hait aussi ou parce qu'il... je ne sais pas... compatit ? Mais elle, elle me hait vraiment, c'est certain. Elle ne supporte pas ma vue, j'en suis sûr. Pourtant, il faut toujours qu'elle m'ait sous les yeux. Je ne peux jamais être... être... libre... » Alecsand s'était remis à sangloter. Il lâcha la main d'Evan pour passer ses deux bras autour de sa taille et se serrer contre lui. Il pleura à chaudes larmes comme un enfant à qui il était arrivé tous les malheurs de la terre. La vision qu'il offrait aurait fendu le cœur au dernier des bourreaux. De longues minutes s'écoulèrent avant qu'il soit capable de se ressaisir un peu. Il balaya ses larmes d'un revers de la main. « Alors, ne t'approche pas du manoir d'accord ? Parce que, s'ils te voient, ils te rendront malheureux. Et je ne veux pas que tu sois malheureux à cause de ce que j'ai fait, Evan. »
Alec n'avait pas cité une seule fois le prénom de Maura mais peut-être que le jeune Ashdown n'en avait pas eu besoin pour comprendre son récit. Il se redressa en position assise à coté de son camarade et posa une main légèrement tremblante sur sa joue. Ses grands yeux bleus hypnotiques étaient encore baignés de larmes. Malgré cela, il esquissa un sourire débordant d'affection pour lui. « Je dois y aller. Je ne voudrais pas qu'il te trouve. Je les tiendrai éloignés de cette maison et toi, ne t'approche pas du manoir. D'accord ? Tu dois rester comme tu es. Personne ne doit te changer. C'est trop tard pour moi mais toi... » Alec caressa doucement sa joue et son pouce effleura la commissure de ses lèvres. « … toi, tu es précieux, mon joli souvenir. » Il se pencha furtivement pour embrasser sa pommette et, dans le même mouvement, il descendit du lit. Debout dans la chambre d'Evan, il posa la main sur la poignée de la porte. Comme il n'avait pas envie de partir. Peut-être qu'ils verrouillaient les portes et tiraient les rideaux, peut-être que... Non, Maura le retrouvait toujours. Même si elle devait tout détruire. Surtout si elle devait tout détruire. Alecsand se mordit la lèvre inférieure et sortit de la chambre pour retourner dans le salon.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Dim 14 Avr - 14:30


Evan fut légèrement surpris en sentant Alecsand venir poser sa joue contre sa cuisse, mais il ne chercha pas à s’éloigner. Le contact le mettait légèrement mal à l’aise, mais il était incapable de le repousser, il avait de toute façon l’air bien trop fragile et vulnérable pour qu’Evan puisse oser. Il baissa les yeux en l’entendant s’excuser et encore une fois ne chercha pas à le repousser quand il vint poser sa main libre sur son genou. C’était normal de revoir un ancien ami perdu de vue depuis plus de dix ans et de venir se coller à lui comme ça, ou bien ? Parce qu’Evan n’était pas sûr que ce soit une pratique très courante. D’un autre côté, plus rien n’avait l’air d’être normal chez son meilleur ami, et ce n’était pas comme si le contact le dérangeait. Evan ne put réprimer un petit sourire quand le jeune Herondale poursuivit. Il savait que c’était bête, mais ça lui faisait chaud au cœur d’avoir autant compté pour lui. Il savait que ça ne l’avançait à rien, ils ne se connaissaient plus, et Alecsand ne représentait rien d’autre qu’un bon souvenir d’enfance pour lui, mais il ne pouvait pas s’empêcher d’aimer l’idée qu’Alecsand ne l’ait jamais remplacé, aussi égoïste que ce soit. « Pas vraiment non… » Souffla-t-il avant d’avoir compris ce qu’il disait, répondant ainsi au jeune homme. Non, il avait même été très loin d’avoir des tas d’amis, il était gentil, les gens l’aimaient beaucoup, certes, mais il n’avait jamais eu d’autre meilleur ami, plus des connaissances qu’autre chose. Comme quoi, lui non plus n’avait jamais réussi à remplacer Alecsand. Il enleva sa main des cheveux du jeune homme pour le laisser venir poser sa tête sur sa cuisse, et recommença ensuite à les caresser comme avant. Ça avait l’air de l’apaiser, c’était le principal, et si lui aussi se sentait un peu mieux en le faisant, ça n’avait pas vraiment d’importance. Il sentit le rouge lui monter brièvement aux joues quand Alecsand commença à caresser à son tour sa peau et il se mordit la lèvre inférieure pour essayer de revenir sur Terre. Il fallait qu’il arrête d’être aussi nostalgique, le Alecsand qui était allongé sur son lit n’était plus celui qu’il avait connu, il ne fallait pas qu’il tombe dans le panneau. Il voulait l’aider, certes, en souvenir du bon vieux temps, mais ils n’allaient très certainement pas reprendre leur relation là où ils l’avaient laissée, et c’était probablement mieux comme ça.

Au final, Evan fut presque surpris d’entendre le jeune homme commencer enfin à lui expliquer. Il continua à caresser tranquillement ses cheveux, comme s’il essayait de l’encourager à poursuivre, mais apparemment, Alec n’avait pas besoin de lui. Il fronça les sourcils en entendant les explications du jeune homme. Il avait beau apprécier les efforts de son ancien meilleur ami, il ne comprenait pas beaucoup plus ce qu’il se passait avec les Herondale, en tout cas, il avait eu raison en pensant que c’était probablement assez macabre. Il laissa le jeune homme terminer, mais alors qu’il était sur le point de demander qui exactement était cette 'elle' dont il parlait – il n’y avait pas énormément de possibilité, c’était probablement Maura, ou sinon c’était leur mère, mais aucune des deux options ne lui paraissait très crédible – Alecsand passa ses bras autour de sa taille et se mit à pleurer contre lui. Evan rapprocha le jeune homme de lui doucement à l’aide de sa main toujours passée dans ses cheveux, et il vint déposer sa main désormais libre dans le dos d’Alecsand. Le voir dans cet état… Evan n’allait pas mentir, c’était insupportable. Lui qui d’ordinaire détestait voir les autres souffrir, c’était encore pire alors qu’il s’agissait d’Alecsand. Il le berça tranquillement, attendant patiemment qu’il se calme et faisant de son mieux pour essayer de l’aider. Mais il se sentait tellement impuissant… Il sentit son cœur se fendre en deux quand Alecsand s’écarta de lui et qu’il vit l’état dans lequel il était. Evan acquiesça, à vrai dire, son ancien meilleur ami aurait pu lui demander ce qu’il voulait, Evan aurait accepté sans y réfléchir à deux fois. Ce n’était peut-être pas juste qu’il ait autant de pouvoir sur lui, mais c’était comme ça, et puis, il avait l’air tellement perdu et tellement… brisé. Evan ne pouvait pas lui dire non. Son cœur manqua un nouveau battement quand Alecsand vint déposer sa main sur sa joue, mais encore une fois, Evan ne trouva rien à redire. Pourquoi est-ce qu’il se comportait comme ça avec lui ? Ils ne se connaissaient même pas, enfin même plus. Alecsand ne s’était peut-être jamais fait d’autre ami, mais tout de même, ce n'était pas une raison pour se comporter de manière aussi familière avec lui. Evan finit par secouer doucement la tête de gauche à droite, ne comprenant toujours pas. Il ne comprenait rien au comportement d’Alecsand et il avait à la fois envie qu’il reste et qu’il parte. Il lui en avait tellement voulu, il avait toujours pensé qu’il se montrerait froid et distant avec lui s’ils se revoyaient un jour, le moins qu’on puisse dire, c’était qu’il avait lamentablement échoué. Mais outre ça, le comportement d’Alec était tellement ambigüe, il avait tellement l’air de vivre dans un autre monde, et Evan n’avait pas toutes les clés en main pour comprendre ce qu’il se passait dans sa tête, et ça l’inquiétait autant que ça le frustrait. Enfin, distrait par les lèvres d’Alecsand sur sa peau, Evan ne put que le regarder se lever de son lit et sortir de sa chambre. Il avait beau ne pas être sûr de ce qu’il voulait faire, il n’hésita pas une seule seconde avant de se relever à son tour et de suivre le jeune Herondale. « Attends. » Déclara-t-il d’une voix assez forte pour s’assurer qu’Alecsand allait l’entendre. Il avait l’air d’avoir envie de s’enfuir encore, et apparemment, Evan n’en avait pas envie. Pas comme ça en tout cas.

Il se dépêcha de sortir de sa chambre et rattrapa le jeune homme avant qu’il n’ait eu le temps de sortir de la maison, attrapant doucement son poignet pour s’assurer qu’il n’allait pas bel et bien s’enfuir. Maintenant qu’il était là et qu’il l’avait empêché de partir il se sentait parfaitement idiot. Il n’était pas sûr de ce qu’il avait envie de dire ou de faire, mais Alecsand était juste parti un peu trop brutalement à son goût et il avait eu l’impression qu’il n’allait encore une fois jamais le revoir. Peut-être qu’il n’avait juste pas voulu avoir l’impression d’être à nouveau abandonné par son meilleur ami – enfin, ancien meilleur ami – il n’en savait rien, toujours est-il qu’il était là. Il lança un petit sourire timide au jeune homme, sans pour autant lâcher son poignet. « D’accord, je resterai loin du manoir puisque c’est ce que tu veux. » C’était une promesse qu’il comptait bien tenir, il ne savait absolument pas pourquoi, et il allait peut-être le regretter – probablement même – mais Alecsand avait l’air de trop y tenir pour qu’il ait envie de lui désobéir. Après tout, ce n’était pas vraiment un sacrifice, il ne mourait pas non plus d’envie de retourner au manoir. Il aurait bien dit bonjour aux Herondale, mais il ne le ferait pas puisque ça avait l’air de tenir autant à cœur à Alec. Il baissa les yeux et laissa échapper un léger rire nerveux. Il avait vraiment l’impression de nager en plein délire, mais maintenant qu’il en était arrivé là, autant continuer, hein. Il se mordilla doucement la lèvre inférieure avant de relever les yeux. « Je ne sais pas exactement ce qu’il se passe avec toi et avec ta famille, et si tu ne veux pas que je m’en mêle, je ne m’en mêlerais pas, c’est promis. Mais si jamais… je sais pas si tu as besoin de quelqu’un à qui parler, ou juste de t’éloigner du manoir, n’hésite pas à venir. » C’était une offre parfaitement sincère, maintenant qu’il avait vu l’état dans lequel semblait être Alecsand, il ne supportait pas l’idée de le laisser se débrouiller tout seul. Il n’était pas sûr de ce qu’il pouvait faire pour l’aider, mais il pouvait essayer, non ? « S’il-te-plait ? » Insista-t-il en faisant un pas vers Alec, comme s’il s’attendait déjà à ce que le jeune homme n’ose pas, ou refuse par principe. Il pouvait encore voir que ses yeux étaient légèrement rougis après avoir autant pleuré, et ça lui faisait vraiment de la peine. Si ça pouvait le soulager de venir le voir, alors Evan l’accueillerait à bras ouverts, même s’il avait du mal à croire qu’il le pensait sincèrement. « Je t’ai promis que je n’approcherais pas du manoir, alors toi promets-moi que tu n’hésiteras pas à venir si tu en as besoin. Je ne te laisserais pas partir, sinon. » Ajouta-t-il, forçant un petit sourire amusé sur ses lèvres. Il était pourtant très sérieux, se connaissant il aurait du mal à dormir s’il n’avait pas la certitude qu’en cas de problème, Alecsand viendrait le voir. Son empathie serait sa perte, il le savait, mais il ne pouvait pas le laisser repartir comme ça après ce dont il avait été témoin, c’était juste au-dessus de ses forces. Et puis, malgré tout ce qu’il pouvait bien dire, ce n’était pas n’importe qui qui était en face de lui, ne serait-ce qu’en souvenir du bon vieux temps, il lui devait bien ça.
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MessageSujet: Re: Draw me close to you [Evan]   Dim 14 Avr - 16:50

Alecsand ne se retourna d'abord pas quand Evan sortit de la chambre à sa suite pour attraper son poignet et le couper dans sa fuite. Il baissa la tête et ferma ses yeux bleus encore noyés de larmes. L'inquiétude de son ancien meilleur ami le touchait. Il n'avait jamais autant eu envie que quelqu'un le soutienne et l'ignore à la fois. Il savait que pour que le jeune Ashdown soit tranquille, il fallait qu'il lui inspire plutôt la seconde réaction mais, d'un coté, il ne pouvait pas s'empêcher d'espérer qu'il allait continuer de l'aimer un peu. Comme avant, comme quand ils étaient petits et que tout était encore simple et blanc. Evan venait de lui promettre qu'il n'approcherait pas du manoir. Bien. Il n'avait aucun moyen de savoir si son ami avait grandi en gardant la même honnêteté qu'il affichait avec lui quand ils étaient enfants mais il le crut instinctivement. Il se retourna vers lui et, pour la première fois peut-être depuis qu'ils s'étaient revus, il le contempla avec toute sa lucidité. Il rendit alors compte à quel point il aurait voulu pouvoir renouer le contact avec lui, à quel point la curiosité à son propos pourrait le ronger s'il y pensait trop. Evan était devenu un beau jeune homme. Les très légères boucles qui caressaient ses tempes et encadraient ses yeux splendidement bleus lui donnaient un charme certain. Et son regard concerné une profondeur sans limite. Ses lèvres à moitié ouvertes encore qui attendaient une réponse étaient roses et tendres. Le cœur d'Alecsand se souleva pour retomber lourdement dans sa poitrine. Il déglutit et cligna des yeux, comme s'il avait aveuglé par le soleil. Le menton baissé, il souffla : « D'accord. Je te le promets. » Mais il savait déjà qu'il ne tiendrait probablement pas parole, même s'il le voulait plus que n'importe quoi d'autre au monde. La prochaine fois qu'il aurait besoin de parler à quelqu'un ou de s'échapper du manoir, il ne viendrait pas ici. C'était bête de sa part de penser que ses frères et sœur n'allaient pas s'apercevoir que la maison des domestiques était encore habitée mais sa détresse l'empêchait de le voir. Non. La prochaine fois qu'il se sentirait mal, il resterait planté au milieu de son malheur et s'y morfondrait. Parce que c'était bien tout ce qu'il méritait. Il l'avait causé après tout. Il était bien normal qu'il en subisse les conséquences.
Il tira un peu sur son poignet pour qu'Evan le lâche et reprit sa progression vers la porte. Il posait déjà une main tremblante sur la poignée quand il réalisa qu'il n'avait pas encore la force de l'ouvrir. Sans crier gare, il fit volte-face pour courir vers son ami et passa ses bras autour de son cou pour le serrer très fort contre lui. Une main avait empoigné sa nuque et l'autre son épaule, son nez était enterré sous son oreille et il avait bloqué sa respiration. Il resta ainsi quelques secondes, le temps de prendre une profonde inspiration, comme s'il voulait gonflé ses poumons avec l'odeur d'Evan, puis il le lâcha aussi brusquement qu'il s'était saisi de lui pour retourner vers la porte d'entrée et la franchit cette fois dans le même mouvement, sans se retourner.

Une fois dehors, Alecsand se hâta de contourner la maison des domestiques et de longer la haie sur quelques centaines de mètres pour émerger du petit bois depuis une autre direction, afin de brouiller les pistes si jamais ses frères l'attendaient toujours près du manoir. Grand bien lui prit parce que c'était le cas. Ris avait son téléphone à l'oreille – sans doute pour l'appeler encore une fois – et Charly observait les environs, les poings sur les hanches et un air contrarié sur le visage. Ils l'accueillirent avec une mauvaise humeur relative à celle de Maura, l'informant que leur sœur l'attendait depuis un bon moment déjà. Comme s'il y avait besoin, ils lui rappelèrent qu'il ne fallait pas la mettre en colère. Alors qu'ils pénétraient de nouveau dans le manoir, Ris lui demanda tout de même où il était passé. Alec lui répondit simplement qu'il était allé se promener pour se changer les idées. Il pense toujours qu'il le crut, même si le membre le plus observateur de la fratrie n'avait pas pu manquer ses yeux rougis par les larmes.

THE END
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