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 j'aurais pu fuir pour ne jamais revenir. (pomme)

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MessageSujet: j'aurais pu fuir pour ne jamais revenir. (pomme)   Sam 4 Jan - 19:22

J'arrête le moteur de ma voiture. Je suis arrivé devant la villa. Je viens de déposer Abbie, les «vacances» sont définitivement terminées. Il est temps de revenir à la dure et chiante réalité. Ces deux petits jours loin de Painswick, dans mon appartement de Londres m'ont fait un bien fou. J'ai oublié. Oui, c'est ça, j'ai tout oublié pendant que j'étais là-bas. Et dans les bras d'une belle brune en plus de ça. Mais je me doute bien que ce qui m'attend maintenant ne sera pas une partie de plaisir. J'imagine déjà mon père, ma futur belle mère et ma futur belle soeur me foudroyer d'être parti sans rien dire à quelques jours du mariage. Quoi que mon père a l'habitude, mais c'est vrai que la perspective de devenir Monsieur Merry l'a énormément changé. C'est peu dire, même mon père qui était mon modèle par excellence sur cette planète se met à devenir un parfait petit mari, à croire qu'il avait laissé ses couilles à Londres. Bref. Je suis dégoûté d'être ici et je me prépare psychologiquement pour le vacarme que va provoquer mon retour. Je reste assis dans ma Mercedes quelques instants supplémentaires avant de retirer la clé du contact et d'ouvrir la portière.

Je marche dans l'allée et je me dirige vers la porte. Je sors les clés de ma poche et j'ouvre. La villa est silencieuse, comme s'il n'y avait personne. Je vois un mot collé sur le placard de l'entrée : « Pomme, je suis sortie faire les essayages pour les dernières retouches de la robe de mariée. Rejoins moi à seize heures pour ta robe, si Léon se pointe amènes le avec toi. Maman. » Le «si Léon se pointe» m'arrache un sourire. On dirait que belle maman me connait déjà par coeur. En tout cas, je constate avec ennui que je ne pourrai pas y échapper, étant donné qu'il n'est que quatorze heures et que je ne pourrai pas prétexter être rentré trop tard. Bon, et puis ça fera plaisir à mon père. C'est déjà ça. Je m'apprête à monter les escaliers pour aller dans ma chambre lorsque je vois mon père dans le salon. Il me jette l'un de ces sales regards qui signifient que je l'ai déçu. Je m'en doutais et je dois dire que c'est réciproque. Il n'est plus l'homme qui me faisait rêver.

Sans un mot, je monte les escaliers. Alors que je compte me poser dans ma chambre, je surprends Pomme, dans l'encadrement de la porte de la sienne, les yeux rivés sur moi. « Je t'ai manqué ? » je dis avec un certain sarcasme. Je m'approche d'elle et je lui dépose un petit baiser sur la joue avec le naïf espoir que ça m'évitera toute question et tout embêtement. « On se voit à seize heures. » Puis je lui tourne le dos, en espérant qu'elle ne m'empêche pas de continuer ma route.
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MessageSujet: Re: j'aurais pu fuir pour ne jamais revenir. (pomme)   Sam 4 Jan - 22:40

Ces deux derniers jours avaient été atroces. Léon avait disparu de la circulation, comme ça. D’un coup. Ça aurait pu me faire les pieds. J’aurais pu en avoir rien à foutre. Mais non, j’étais folle amoureuse de lui. Ça me rendait malade de l’imaginer avec une autre. D’imaginer qu’il  ne reviendrait pas. Qu’il m’avait planté là. Bon en fait, j’avais d’abord été inquiète. J’avais été jalouse le premier soir où il n’était pas rentré. Jalouse et en colère le reste du temps.  J’aurais pu réagir autrement, vraiment j’aurais pu. Mais, c’était au-dessus de mes forces.

J’étais tout de même sortie hier soir. Petite Robe courte confectionnée par ma mère. Alcool à gogo. Beaux garçons à perte de vue. Et… j’avais passé la soirée à attendre un appel de Léon que je n’avais jamais eu. Un mec m’avait foutu la main aux fesses, je l’avais giflé par réflexe. Une fille avait vomi sur ma robe. J’avais passé le reste de la soirée –les trois quarts en somme-  tenir les cheveux d’une prétendue amie. Au moins, ça m’avait rappelé pourquoi j’étais si étrangère à cet environnement.

Enfin bref, je rentrais à la maison après cette fameuse soirée. J’avais déposé ma robe au pressing. Emprunté des fringues à l’amie chez qui j’avais dormi et voilà. « Pomme, j’allais passer, tu veux manger ?  Ta mère t’a laissé un mot. ». Je crois que beau-papa se forçait à être sympathique. Mais, je ne pouvais pas le supporter. Lui non plus, j’en étais certaine. « Pas faim, merci. ». De toute façon, Léon me coupait systématiquement l’appétit. Depuis qu’on vivait sous le même toi, j’étais au régime en permanence.

J’attrapais le mot de maman, le lisant rapidement. « Pomme, je suis sortie faire les essayages pour les dernières retouches de la robe de mariée. Rejoins moi à seize heures pour ta robe, si Léon se pointe amènes le avec toi. Maman. ». Si Léon se pointe… j’aimerai bien mais je ne me faisais pas d’idée. Pff, j’allais encore me faire chier avec ces essayages. J’en avais clairement rien à foutre de ce que j’allais porter à ce jour de maudit.

Je remettais le papier à sa place avant de monter. Je prenais une bonne douche et changeait de vêtements. Si je devais rejoindre ma mère, je n’avais pas intérêt à avoir ma tête des lendemains de soirée. Surtout des lendemains de soirée pourris. Jean slim, maquillage, petit pull qui joue sur les transparences. De quoi éviter que ma mère me prenne la tête dès le début.

La porte s’ouvrit. Je fronçais les sourcils, encore sur le seuil de ma porte. J’espérais comme une idiote que ce soit Léon. Pauvre idiote… à croire que je ne vivais que pour son retour à cet instant. Et pourtant, pour une fois j’avais bien fait d’espérer. Léon était là, à monter les escaliers silencieusement. Je l’observais depuis l’encadrement de ma porte. Hésitant à claquer la porte au nez et lui faire la gueule ou lui foutre une tarte. Évidemment, je restais là sans rien faire. Je le regardais simplement. Incapable d’agir. Et lui, il n’avait pas perdu la parole entre temps. « Je t'ai manqué ? ». Oui espèce de crétin, et même son putain de sarcasme de merde m’avait manqué. Tout comme la vulgarité qu’il faisait naître chez moi.

Il déposa un petit baiser sur ma joue, comme ça, tranquille. Comme si rien n’était. Comme si les choses pouvaient s’arrêter là. « Pas tellement, j’étais accompagnée. ». Ce n’était pas faux. Après, il ne savait pas quelle compagnie. Mais je ne voulais pas lui donner satisfaction. Je ne voulais pas qu'il remarque quelle merde j’étais sans lui. « On se voit à seize heures. ». Pour la robe. Trop top ! « Oui, c’est dommage que tu sois rentré sitôt de ton escapade avec….euh… Tu te souviens de son nom ? Enfin qu’importe j’imagine, ton trou de remplacement quoi. Tu l’aurais sauté encore une fois t’y échappait. ». Je haussais les épaules avec un sourire cynique. En fait, j’étais blessée. Jalouse. Epuisée par sa connerie… et j’en devenais méchante.  
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